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LES AMATEURS DE L'ANCIENNE FRANCE
LE SURINTENDANT FOUCQUET
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41, UUi; DE LA VICTOIRE, 4I.
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LES AMATEURS DE L'ANCIENNE FRANCE
LE SURINTENDANT
FOU COU ET
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SALON DU CHATEAU DE VAUX, CARrATlDES PORTANT I.ES SIGNES DU ZODIAQUK.
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LES AMATEURS
\X(:ii:n\f i-hance
LE SURINTENDANT
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FOUCQUET
Ln Curiosilc française nu xvii* »iiclc. - \xs Précurseurs Uc NicoU» Foucquct : M- Je RambouilUl.
I« cnrilinnl Miuarin, les griyyrs, le» financier».
I.c xvii' sicclc marque une crc nouvelle pour la curiosité fran<^ai<ic,
elle {^raiiclit, se transforme, prenil son aplomb; comme la société même,
clic se lait moderne. Deux femmes, deux Italiennes, ont singulièrement
favorisé celle évolution, Marie de Médicis et la marquise de llambouillet.
Lune apportait en l'iance le .lioùt traditionnel de sa famille, l'amour de
la peinture, pour en faire un des attributs du courtisan; l'autre. C.athe-
2 I.KS AMAll.l. i(^ IJK l.'A N CI H N N K 1"|{ANCK
linc (le \'iv(innc ', en bouleversant l'architecture intérieure des maisons,
ouvrait la porte toute grande à la curiosité, lui préparait un logement,
la faisait entrer clans les UKCurs.
( )n ne sait pas assez (|iie l'Iukel de Hambouillet, Toracle du brm
ton et du bel esprit, fut aussi le modèle des arrangements élégants, des
distributions ingénieuses, le type nouveau du bien-être chez soi-'. Le
moyen âge, toujours sur le (jui-vive et prêt à déménager, avait façonné
la vie intérieure à son image : une salle commune tenant lieu de chambre
à coucher, de salon et de salle à manger; peu de meubles, beaucoup de
coussins, de taj^is et de coffres ; un outillage simple, pratique, solide et
peu encombrant. La Renaissance hérita de ces principes, mais sous
bénéfice d'inventaire, se réservant de les interpréter librement, à sa
manière, avec ses grâces et sa belle humeur. Le .wii"-' siècle n'avait point
d'attaches dans le passé; il amenait une société neuve, avide de paix, de
bien-être et pressée de se consolider. M""" de Rambouillet le comprit à
merveille; interprète de son temps, elle mit à son service deux facultés
qui ne marchent pas souvent d'accord, l'instinct du confort et l'imagi-
nation de l'artiste. « Le goût fin et savant tout ensemble de cette
héroïne, dit Sauvai, a découvert des agréments, des commodités et des
perfections ignorées môme des anciens, et que depuis on a répandues
dans tous les logis propres et superbes. )^ C'est à elle que nous devons
les chambres de dimension moyenne, multipliées suivant leur destination,
les dégagements commodes, les tentures de soie pour remplacer les
tapisseries réservées aux salons d'apparat, les cheminées proportionnées
aux chambres et faites ]5our la causerie du coin du feu, les fenêtres sans
ajipui. ouvrant dans toute la hauteur, pour répandre l'air, le jour et la
gaieté, des meubles plus variés, plus maniables". Sans cesse préoccupée
de rendre son hôtel plus commode, son salon plus attrayant, elle combine
des ])lans, des embellissements nouveaux : « Un soir, après y avoir bien
rêvé, elle se mit à crier : \'itc, du ])apier; j'ai trouvé le moyen de faire
1. F-'ilIc ilu niariiuis Pisani et d'une Savclli.
2. De l.aborde, Palais Ma^ariii.
3. De I.abordc, ibid. o C'est la pi-emicre, dit Tallemant (II, 4S7), qui s'est avisée de faire peindre
une cliambrc d'autre couleur que de rouj^e ou de tanne; et c'est ce qui a donne à sa grande chambre
le nom de la chambre bleue, n
LK SURINTENDANT FOUCQUET 3
ce que je voulois. Sur Ihcure clic en fit le dessein, car naturellement
elle sayt desseigncr et, des qu'elle a veu une maison, elle en tire le
plan fort aisément '. ■) N'oiture lui C'crivait à sa fai^on hyperbolique :
« En vous jouant, vous avez fait des dessins que Michel -Antje ne
dcsavoucroit pas. » C'est une Parisienne de sang italien ; elle aime les
tableaux-, les objets d'art, les curiosités, toutes les belles choses qui sont
le charme des yeux, l'àmc du logis, l'esprit de la maison. Elle sait les
arranger, les faire valoir, les combiner avec la décoration; elle fait, qu'on
me passe le mot, de la curiosité appliquée. « Tout est magnifique chez
elle et môme particulier, les lampes y sont différentes des autres licu.x.
Les cabinets sont pleins de mille raretés qui font voir le jugement de
celle qui les a choisies; l'air est toujours parfumé dans son palais, diverses
corbeilles magnifiques, pleines de fleurs, font un printemps continuel
dans sa chambre, et le lieu où on la voit d'ordinaire est si agréable et
si bien imaginé, cju'on croit être dans un enchantement lorsqu'on y est
auprès d'elle''. »
M""- de Kambouilict fit école; chacun voulut imiter plus ou moins
les belles inventions de \' incomparable Arthcnice, ses arrangements nou-
veaux, ses distributions commodes, sa façon originale et pittoresque de
comprendre le chez soi. Des lors la curiosité pénètre dans la vie privée,
elle élargit son domaine et sa clientèle. Aux médailles, aux livres, aux
antiques, aux monuments sévères de la science et de l'histoire, viennent
s'ajouter les meubles, les porcelaines de la l^hine, l'orfèvrerie, les estampes
et les peintures contemporaines. L'art moderne prend sa place à côté
de l'art ancien. I.c cabinet de tableaux et la bibliothèque deviennent un
luxe nécessaire, l'accessoire obligé de toute installation élégante. On
les entoure de ceintures (étagères), on ménage ilans la boiserie des
ouvertures garnies de rayons, des relais pour mettre les rareté^ '. Les
I. Tnllcmmu, i*i./.
i. Scuilcry, iliin» son (UiUloniir, l'iiris, Courb«, t(>4(>, cilo pluiicun peinture*, |HI|(c> N7, tfo, o5
u( 1 11,1, i|ui ilcvnicnt se trouver chc< M-* Je Rnnibouillot. I.e in«r«)ui» uvaii rapparie Je Kome un tableau
J'Annibiil Cnrrnchc, /c M,trlyre >/c .utiiit /ititmtc, >|ui fut enkuite Jonne au Roi par le Juc Je Montau*
nier. (Au l.iuivrc, n* i.p.i
*. M"* lie SiUilcry. .l»Minrilr i>ii le /,'i-,tii./ (\riii. l'iiti». ;hi.-; ,\<K ts;. \'ll. .
.). Mcni ilti l'iirJiitit! Je Ricliclicii >iir lc« ir>u>i>i\ ii cxc^tiicr .1 -^ i. Ki-i'in- -
II. i:i>.
4 LKS AMATKURS DK L'ANCIENNE FRANCE
cbcnistcs de la cour, l'icirc (iolc, Doincnico (Àicci et Macc de Blois,
fabriquent ces maj^nifiques armoires en ébènc, à tiroirs et j,fradin inté-
rieurs, où les femmes installent en bel ordre les miniatures et les bijoux
« montes en or à ravir », les émaux et les ivoires, les coquilles et les
cristaux de roche, les laques et les porcelaines, toutes les raretés cjue
Ton trouve à la foire Sainl-(ierniain , à la foire Saint-Laurent, au grand
magasin île 1 Aiche de Noé'.
La réforme imaginée par la marquise exerça même son influence
sui- la peinture. Du moment que l'on remplaçait, dans l'intimité, les
anciennes tapisseries par des tentures de soie destinées à recevoir des
tableaux, l'artiste devait nécessairement augmenter le nombre et diminuer
le foi-niat de ses com|K)silions, ])our les mettre à l'échelle des nouveaux
appartements. Le Poussin lui-même fut oblige de sacrilier à la mode :
« On lui envoyoit de divers endroits, dit l'"elibien, et ])articulièrement
de Paris, des mesures pour avoir des tableaux de cabinet, d'une grandeur
médiocre; ce qui luy donna occasion de renfermer son pinceau dans des
bornes un peu étroites'-. » Ainsi le peintre jette dans la circulation un
plus grand nombre d'objets d'art mobiles, relativement moins dispendieux,
faciles à placer, à déménager, pouvant se vendre, s'échanger, passer de
main en main; il fait les affaires de la curiosité.
.\kizarin reprit à son tour, sous une forme nouvelle, l'œuvre de ses
deux devancières. Marie de Médicis avait fait de la curiosité officielle,
M"" de Rambouillet de la curiosité intime, le cardinal fit de la curiosité
politique. On connaît sa collection fameuse, un des recueils les plus
magnifiques et les plus intelligents que la France ait jamais possédés :
67G tableaux et 241 portraits des maîtres les plus renommés, 35o antiques,
411 tapisseries, 5o,ooo volumes et 400 manuscrits, 21 cabinets d'ébène,
I. Bien que les porcelaines de la Chine aient paru dans les cabinets d'amateurs dés le xvr siècle
(voir les Cullcctionnetirs de l'ancienne France), la mode de ces curiosités ne date réellement que du
xvii° siècle. Ch. Patin, dans son Introduction à l'histoire des médailles, parle des cimelia miirrhinonim
Sinensium ac Japuncnsium. L'Arche de Noé, dans l'ile du Palais, était le magasin principal « où l'on
vend toutes les curiosités naturelles ou artificielles des Indes ou de l'Europe. » (Evelyn, p. aSi.) Sur les
foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, voir Sauvai, I, ÔG4-65. La ville de Dieppe avait aussi la
spécialité de vendre n tout ce que les Indes orientales peuvent fournir de cabinets, de porcelaines et
d'autres choses rares et précieuses. » (Evelyn, p. 2b\.] Pierre Borel cite encore à Amsterdam « le
magasin des Indes ».
■1. F'elibicn (11, 324). Voir aussi le Journal du Dernin, Ga-;ctte des Beau.v-Arts, XXll, 2' pér., 95.
KI.USAUN kl UKVISK Ut MICOI.A.S tu-
l)»«iii Je l.c llruu. ir.ollcvlhin Je M. AU ■>•»
LE SURINTKNDAN T FOfCQUET 7
d'ivoire et de mosaïques, des miroirs d'argent, des lustres et des giran-
doles de cristal de roche, des coupes, des aiguières de matières précieuses,
une vaisselle et une orfèvrerie incomparables. « Ces propretés de cabinets
et de cristaux, disait un jour Chantelou au Bernin', se sont introduites
sous la Régence qui étoit un gouvernement de femmes, et M. le cardinal
Mazarin les a cultivées pour entretenir et divertir le Roi. >■ Laissons
dire Chantelou, il avait servi la Fronde et gardait rancune à .Mazarin.
Divertir le Roi! le cardinal n'y pensait guère : en prenant à l'Italie ses
chefs-d'œuvre, à Florence ses mosa'iques et ses matières précieuses, à
la Flandre et à l'Angleterre leurs tapisseries, à \'cnise ses miroirs et
ses dentelles, à l'Orient ses tapis et ses damasquinures, à la Chine ses
soieries, ses laques et ses porcelaines, Mazarin voulait faire de son
palais, suivant le mot de Laborde -, « une sorte d'e.vposition générale des
produits de l'industrie », fournir des modèles à nos artistes et populariser
le goût des collections. Malgré les critiques, les pamphlets et les chansons,
il eut la gloire de réussir.
Ainsi se consolidait de jour en jour la curiosité française. Encouragée
par le ministre, patronnée par la moilc, luxe nécessaire pour les uns,
étude attrayante pour les autres, elle faisait son chemin par le monde,
brillante, active et remuante. Déjà le curieux a un sobriquet, on l'appelle
un grippe; on le chansonne , on danse à la cour le ballet des fTtppc:;
à la mode'. Vn recueil iiiéilit tiu temps* met en scène tous les p-ippés
du jour et chacun délile, débitant des couplets de circonstance. \'oici les
quatrains liu i^rippi' des nicdiiillcs; à coup sûr Corneille n'a point passé
par là, mais les chansonniers n'y regardent pas de si près ;
Dedans mes niéJ.iillcs de cuivre
Je lys les belles iiciions
Des héros, et je l'iiis revivre
l.cs Césars et les Scipions.
l'ourles morts seuls j'ai ceste envie
De priser les antiquités;
Mais pour celles qui sont en vie,
J'tidore les jeunes beautés.
I Journal Jii lii-rmn, y. '}H(t.
■i. J'itlitis .t/.If.lllll.
!<• Calai. .Soleiimc, III, p. H.S, cilo p«r Ed. Fournicr dan» le tiVrr commoJr.
.). Itibl. nnt., inss, f. Ir., n* n.iiii, p. iliN.
8 m:s ama l'KiiKS ni-: i/ancirnnf. FRANcr:
Le ^l'ippc de la roquaillc. l'amateur de coquilles,
Fstimc un rucher ilc roquiiillcs
Beaucoup plus qu'un cœur de rocher.
Les cou]:)lcts du grippe de tableaux sont d'assez mauvais ton :
Une femme toujours caquette,
Ne vous Unissant jamais en paix;
Mais une peinture est muette
Et ne vous cstourdit jamais.
Une femme un temps ne peut phiire.
Voulés-vous sçavoir comme quoy
Je prends du phiisir à les faire,
Mais non à les prendre cheux moy.
Le prippé des miroirs ' trouve dans sa curiosité l'avantaci'C philoso-
phique dc^c se cognoistre soy-mcsmc ». Le grippé des verres et le grippé
des pierreries vantent leur prédilection , chacun à sa manière. 11 y a
encore le grippé des fleurs, le grippé du Peluii, le taLxic « qu'on appelle
l'herbe à la Reyne », le grippé des poules et des pigeons,
Kst-il une grippe pkis belle
Que d'avoir poules et pigeons
Qui soient ;'i la mode nouvelle?
Et la liste est loin d'être complète; notre chansonnier anonyme ne
parle ni des estampes, ni des pierres gravées, ni des armes, ni des
chinoiseries , etc.
En 1G4S, à la veille de la Fronde, quatre-vingt-dix villes en France
sont déjà pourvues d'un ou de plusieurs amateurs-; Paris compte cin-
quante cabinets curieux à une époque où Rome n'en possède que huit ^
1. Les glaces de miroirs venaient encore à cette époque de Murano ; c'était presque une rareté et
l'on en faisait de véritables collections. P. Borel cite un amateur de Nancy, " M. Rignol, bourgeois,
curieux des miroirs et des perspectives ». Le fournisseur à la mode était Poquelin, qui faisait un
grand commerce de points et de glaces de Venise. C'est lui, dit Savary {Dictionnaire^, « qui trouva le
moyen d'attirer des ouvriers vénitiens qui vinrent à Paris, où, après quelque temps, les ouvriers
français qui travaillèrent d'abord sous eux, se perfectionnèrent de telle manière que les glaces soufflées
de France devinrent intiniment plus belles que celles de Venise. " En iGô5, Poquelin obtint, avec
Nicolas du. Noyer, le privilège pour l'établissement de la première manufacture de glaces qui fut
installée à Tourlaville, près de Cherbourg.
2. J'ai réuni une liste de i,noo noms environ d'amateurs français au xvii"' siècle; cette liste sera
publiée prochainement.
3. Sans compter les galeries de tableaux et de sculptures.
LE SURINTENDANT FOL'CQL'ET «j
et Londres cinq '. La curiosité pénètre dans toutes les classes et dans
tous les mondes; c'est un terrain neutre où les ducs de Richelieu, de
la Vrillicre, de Créqui, de Liancourt, de Verneuil, de Grammont, font
concurrence au banquier Jabach, au médecin Delorme et au brodeur
Henry. Le curieux est homme de cour avec Bussy-Rabutin et Beringhem,
apothicaire avec Nodin et Catelan, homme d'église avec La Noue,
de Marolles, Claude Maugis, Séguin, Feydeau, l'abbé de Louvois. Il est
orfèvre, magistrat, horloger, avocat, diplomate, bourgeois, artiste, prince
du sang comme Gaston d'Orléans, poète comme Scudéry et pâtissier
comme Tribou, qui collectionne « les tableaux, les armes des Indes, les
couteaux de Turquie et de Perse - ».
La finance à son tour se jette dans le mouvement avec son cortège
de partisans , de gens d'affaires et de fermiers. Tous ces par\'cnus
faisaient alors grand tapage, renversant les vieux hôtels parisiens pour
bâtir leurs nouveaux palais, détruisant les villages et comblant les
vallées pour installer leurs châteaux, leurs parcs et leurs pièces d'eau "'.
Du jour où la curiosité devint un lu.xc, ce fut à c|ui aurait les tableaux
des plus grands maîtres, les cabinets les plus rares, les bibliothèques
les mieux p<iurvucs'', les galeries les mieux décorées. La Basinièrc,
Trésorier de l'épargne, ir/otègc Le Brun; d'Hervart. que l'amitié de La
Fontaine a rendu célèbre, patronne Mignard ; Guénégaud réunit à son
château (le Frcsncs une remarquable collection de tableaux; de Chambré,
Trésorier des guerres, grand amateur île musique et de peinture, fait
illustrer pai Le Sueur, .\braham Bosse et Nanteuil, les compositions
musicales de son ami Denis (iaultier. On cite les livres et les estampes
de (,)uerver, Receveur général îles finances, les tableaux de Mauroy,
les médailles de (Iharron et de Basin de Limeville. intéressé dans les
t. I.cx collections fntiicusc* ilc Charlc» I", Je lorU ArunJcl, du Juc Je Buckingham. le cabinet
lie John lliirgravc, cl celui ilcs frère» Triulcjcunl. Ce ilcrnicr fu« Icjsuc à Klic A»hinol ci
lui II l'l!iiiver»ite iri)xforil en iiiS.'. Voir à vc Niiici un cv^iltcnt ir.n.til .le M. Nctl'ill J«i-
tcrly Hfi'icw, oct. iHHo.
ï. J. Spon, Aiiliifuil^s Je la ville Jr /,i <i>i. i"; -. t.>i.nii 1.A111 .i.im »<•» .■.■«riM/ en i6>a : • Ici
ik Piirii)toul pemonnagc >le rnn);, qui ne bAlil une mai>on, te croit obligé, ()ueUcs t)ue loicnl d'ailleurs
se» prelcniion.t intclleclucllcii, d'avoir son cabinet et >« bibliothè>)ue. »
;<. Snuviil, Ml, .Si.
.). Vuirc niOiiie de* bibliuthc>)uc* pour la montre, ne conicnani i)uc de* doa da voluiuc*. Sauvai,
I, iH, et II, 333.
i
,0 LES AMATliliKS U\: L' A N CI K N N K rUANCI':
fermes. I.cs liiKiiu'icis de pioviiuc riv;iliscnl avec leurs confrères pari-
siens : à l-y"". 'i ■\''^' -' Mouen, à liordcaux, de l'ianclle, Sibon, Bigot,
de hois!4arnicr loiment des recueils célèbres de tableaux, de livres,
cranli(|ues, tie monnaies, de manuscrits.
L'heure elait venue pour l'"(iuci|uel d'entrer en scène.
11
Nicolas Foucquct, François Foucqucr, Saint-Mandé, la bibliothèque, les sarcophages.
Vaux-lc-Vicomtc, inventaire du château.
icoi.As Polcqlkt' est une des jurandes
fif^urcs de la curiosité parisienne. 11 aime
les lettres, les arts, les poètes, les fem-
mes, les lleurs, les tableaux, les tapisse-
ries, les livres, les antiques, tous les
luxes et toutes les élé<,'ances ; un de ses
juives rappelait omnium curiositatum cx-
ploralor -. C'est un délicat et un clair-
voyant, qui choisit tout dabord .Molière
et La Fontaine, Le Nôtre et le Poussin,
Pufret Le Brun et La Quintinie, avec .Mcnneville et du Fouilloux.
les deux plus jolies Hlles de la cour, au dire de Racine qui sy
connaissait. Amoureux de gloire et de ijrandeur, u le plus magnifique
et le plus curieux homme de s..n temps », séduisant, politique,
rompu aux alVaires, il a le c.up d<eil, la passion, la puissance et la
fortune, tous les di>ns i|ui font l'amateur de haute taille '.
.le n'ai pas à refaire ici le procès de Koucquet. L'histoire et la
chronique scandaleuse se sont partagé la besogne; on a louillé les
gazettes et les mémoires, iléchillVé les mystères de la fameuse cas.scttc;
on a raconté pai le menu ses aventures, ses faiblesses, ses dilapida-
I. Jiii conserve liincicnnc orlhoBraphc. celle de Nicola» Foucquct lui-même (»oir M aignalurc,
p. 37) et de presque lnu» «c» conlenipornin».
a. Oiuiiiir» soiniiuirc Jf cr ,}ui .1 H^ invi-nlarié à Sainl-ManJc, Bibl. Nal., mu. «uppl. fr., 109W:
— Bibl.dc \inucn, t'ttpifrs J'drmf (son, vol. VI.
». Voir non portniii par l.c l»run Nantcuil » lait un »h:«u portrait J« Foucquct. «i i»ii»i««i, i«i«'>i :
M. II. Ui.rdier croit reconnnltrc Foucquct dan» un email de Pclitot de la collection Go«forJ. en
An({lclcrrc. {".laudc Mclliin n uravc «on portrait en M/m et rnllc» Bou»»clcl <— '' ^' ••"••'
l'a peint ver» HWio.
12 LKS AMA I 1,1KS Dl'i I/ANClENNli KUANCi-:
lions, sfiii inltrminai)lc pinces, sa li)ii;;uc ca|)tivitL'. I-c financier,
riinmnic i)i>liiii[iic cl riiomine prive ne sont pas mon alFaire; c'est
rainatciii- i|ui ])osc.
Il iiai|tnt en i(m5. Son pèie, l''rancfiis I-Vjucquct, conseiller dlàat,
l'un (les liiiUHiics les |ilus intèi^rcs de son temps', avait formé un
cabinet rLnKii(|ual>lc ilc médailles et de livres. i*circsc en parle dans
Mil i\c ses manuscrits-; r)n sait (jue le savant amateur ne manijuait
jamais, en voyage, de visiter les cabinets célèbres et d'en noter les
particularités les ])lus intéressantes, j-'n \ù\() nu i6i6-', se trouvant à
PaiMs, il ne manqua pas d'aller voir la collection de François Foucquct
et décrit longuement ses médailles romaines en or et en argent ''.
Nicolas l''ouc(]uct hérita des i^oùts de son ])ère et débuta comme
lui; il acheta des monnaies, des médailles et des livres; c'était assez
pour un jK'tit maître îles requêtes. Mais Foucquet savait attendre, il
croyait à sa bonne étoile et ses amis l'avaient déjà surnomme l'Aveuir.
La Fronde décida de sa fortune. Resté fidèle à Mazarin pendant les
mauvais jours, il appi'it à son. école les grandes aflaires cl la grande
curiosité. V.n i()5o, il avait acheté la charge de Procureur Général
au Parlement de Paris; trois ans plus tard il était nommé Surintendant
des b'inanccs. La Fronde venait de dire son dernier mot, Mazarin
triomphant s'apprêtait à refaire ses collections dispersées et chacun se
hâtait de réparer le temps perdu. Foucquet se mit à l'œuvre à son tour.
Il possédait alors deux maisons principales, Saint-Mandé et \'aux-
le-\'icomte ■"'. Saint-Mandé, sa résidence habituelle, avait le double
1. \'oii- SOS titres dans son épitaphe citce par Hiirtaut, I\', S40. Il avait épousé Marie, fille de
Gilles de Maupeou, seigneur d'Al'>leiges, contrôleur général des finances. François Foucquet mourut
en 1(140.
2. Conservé dans la bibliothèque du musée Meermanno-Westreemanum de La Haye. M. le
D' C^ampbcll, directeur du musée, a bien voulu prendre la peine de faire pour moi un e.xtrait très
étendu de ce précieux manuscrit; je tiens à l'en remercier ici publiquement.
3. Une coupure en haut de la feuille du manuscrit ne permet pas de fixer la date plus exacte-
ment.
4. I.e Père du Molinet \Cabinct de Saintc-Gcncvicve, lOq-j), parle d'une « agathe antique
portant le nom d'Agrippine, qui avoit appartenu à Tristan de Saint-.\mant, lequel l'avoit eue de
M. Foucquet. »
5. Foucquet logeait à Paris rue Saint-Thomas-du-Louvrc. 11 acquit par son mariage une
maison, rue du Temple, appartenant à sa femme Magdeleine de Castille. En it)38, il acheta Belle-lsie
et vers la même époque l'hôtel d'Émery, à Paris, celui que Sauvai appelait le Commode. Cet hôtel
disparut dans les démolitions nécessitées par la construction de la place des \'ictoires. \ Fontaine-
IL
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIIIIIIIUIIIIIIIIIIIIllllllllllllllUllllllllllllllllIlIlllllllllllllllllllllllllllllllllMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIllllllllllllllllH^^
NICUI.AS FOUCIjUKT, l' A H LE HKUN.
LE SURINTENDANT FOLCQUET i5
avantage d'être aux portes de Paris et de Vinccnnes où .Mazarin
passait dordinaire la belle saison. Les jardins de Foucquet touchaient
au parc royal et le surintendant pouvait traverser directement de
chez lui chc/ le cardinal. Dans l'origine, le domaine se composait
de deu.\ propriétés vendues par M"" de Beauvais '. Peu à peu Fouc-
quet acheta de nouveaux terrains, augmenta les bâtiments, ajouta des
appartements, des cours (il y en avait sixi, une galerie, une biblio-
thèque; si bien que la construction revenait, au dire du maître maçon-,
« pi)ur le moins à onze cent mille livres dont le plus beau, qui est
commence, rcstoit à parachever" )>. L'abbc de Marollcs parle « des
belles choses que Foucquet faisoit peindre à Saint-.Mandé, et des
inscriptions latines, confiées aux soins de Nicolas Gervaise, méde-
cin''. » Un document, conservé aux Archives', donne u l'estimation et
kl prisée des statues, bustes, scabellons, colonnes, tables et autres
ouvrages de marbre et de pierre étant à Saint-.Mandé », dans la
galerie, le salon, la bibliothèque, l'orangerie, les jardins et les maga-
sins. Un grand nombre de ces pièces sont antiques; les autres, pour
la plupart, sont ilc la main de .Michel .Anguier. le sculpteur favori de
Foucquet, (]ui passa trois années à Saint-.Mandé, de i<i33 à i('>58. On
citait parmi ses meilleurs ouvrages un Hercule de six pieds de
haut '• et " une (.'Invite serrant en ses bras un entant enilormi et
qui en a un autre à ses pieds, et ileux i|ui en sont tnut proches,
piiui représenter .M""-' l''oucquet et ses entants, et marquer la ten-
dresse et l'union ipii régnoient dans cette famille *. " Ce groupe
bicnu, l-'uucquct iiviiii un lugciiiciit l'i ^ll(^tcl ilcs surintcniUnts ilcs linniu-cs t>Uli par l.ouit Xtll. Ilur-
taut, III, -1.
I. (^iithcriiic-llcnricttc livllicr, prciiiicrc l'cmnic Je chambre J'Annc J Autriche. Cherud,
Mcmuirci de la vie ,ic l-'oiic>)iiel , II, iSi.
i. Il s a|<pcliiil l'iiMcl.
i. Discours smninaire, etc., Jcj.t cilc.
.(. Mcmoircs, III, jjK, iH'y. I.ch sUk> ctaiciii l'icuvrc Jc| l'icti'i S.i>>i. uit artiiti: italien, ^^ui lu),
jucmi», uppvlc en l''riini;e par Maiarin cl iravailla pour lui. ;,/oiiriM/ Jii /Ifrnin, (J.lf. Jet Oe^HX-.irtt,
.\XI\', :<iij.) Un lie» pluloiuU était peint par l.c lirun. ,Mim. Jet AcaJ., I, 31.)
S. Appendice, page iii. I.'eatiiiiatinn cat laite par Jacques liouicau, «culptcur >le l'AcaJcinic
Koynie, et Jeun l.e Uruc, maître iculpicur, le ;ii> février \(M\. Il y a vingt-tix nlaluc* cl quarànls^buit
bustes.
'I. Mémoire Jcs iXCilJtmiciens, I, ||i
7. liiiillct ile Saint-OeorgM, Vie Je .UicHel Ait/ciiier. lîun. Gre»)', Ckàle>tu Je \'jux-lc' Vie omie,
Melun, i8'ii.
iG M. S Ai\l.\ I 1. l.K.^ i)i: I. ANCIKNN [•: l-UANCli
lii;Lii,iit ilaiis If cabinet, de l'( )iani^rcrie. (rcst encore Michel Anj^uier
(|ui composa, poiif la i^aleiic tle SaiiU-Mandé, treize statues de grandeur
naluielle, « représentant les divinités de l'Olympe et copiées sur les
meilleurs modèles de ranti(|ui'é' >■. (les belles ligures, alternant avec
lienle-trois bustes de bronze et de marl)re, placés sur des meubles
et des scabcllons, formaient autour île la galerie une décoration impo-
sante et magnili(|ue.
1 ,a bibliothè(pie du suiintendant est célèbre : « c'est là, dit le
gi-aïul Cloineille -, (pi'on attend ces précieux moments qu'il dérobe aux
occupations qui l'accablent, pour en gratifier ceux qui ont (|uelque
talent il'écrire avec succès. » Composée de plusieurs pièces, elle renfer-
mait environ 27,()()() \olumes tlont 7,()(){) in-tolio, 8,000 in-8" et plus
de I •_',()()() in-4", imprimés ou manuscrits. Dans une des salles se
trou\aient « les alcorans, les talmuds, les rabbins et quelques vieux
interprètes de la biiblc « ; dans une autre, les historiens de tous les
pays, les traités de médecine, de droit, d'histoire naturelle, de mathé-
matiques, les orateurs, les poètes, les théologiens, les philosophes, les
savants, les livres à ligures, etc. "' Partout des cabinets de médailles '',
I. G. Hi'icc, 171 ?, Il, (Jo.
■1. (Kdipe, 1659, Avis au lecteur. Chcrucl, Mémoires, 1, 43o. Foucquet avait une vraie passion
pour les livres; dans les Conseils de la Sa/^esse composes par lui dans sa prison, il écrit : « Vous
savez que je me consolois autrefois en livres, n II dota la bibliotlièque des Jésuites, au collège de
Louis-le-Grand, « de mille livres de rente pour son entretien et pour l'enrichir de ce qui pourroit y
manquer, et lit construire à ses dépens les logements où elle est établie ». {G. Brice, 169S, II, 116.)
Pour le dire en passant, cette question des livres de Foucquet est assez obscure. Suivant
Neimetz [Séjour à Paris, 261), les livres achetés par le Collège des Jésuites avec la dotation de
Foucquet 0 ci-devant ministre d'État de France, sont marqués au dos de deux phi grecs, qui
doivent signifier les lettres initiales de François Foucquet u. Or le surintendant s'appelait Nicolas.
M. de Montaiglon, dans ses annotations sur \'aux-le-A'icomte par Eug. Grésy, pense que le donateur
de la rente en question serait le père du surintendant qui, en effet, s'appelait François, mais comment
concilier cette opinion avec les textes de Germain Brice et de Neimetz lui-même? Enfin, si l'on
s'en rapporte à une note de l'abbé Goujet, en marge de l'exemplaire de Bibliothecis Parisiensibus
de Dan. Maichel, 1729, que possédait M. Ed. Fournier. le donateur de la Bibliothèque des Jésuites
ne serait pas le surintendant Foucquet, mais Fouquet, marquis de la Varenne. [Livre Commode,
I, i32.) Voir ci-après, page 48.
.1. Lettre du conseiller de la Fosse du 7 octobre 1661 ; voir aussi Vlm'entaire, prisée et estimation
des livres trouvés à Saint-Mandé, du 3o juillet i665. Bibl. nat., mss. f. fr. 9438. Le total de l'estima-
tion s'élève à 38,544 livres. Dans ce chifl're figure une somme de i,i3i livres pour livres appartenant
au R. P. de Champncuf, au collège de Clermont. C'était un des parents de Foucquet; le 26 oct. 1661,
il obtint de Le Tellier l'autorisation d'entrer dans la Bibliothèque de Saint-Mandé, une fois par
semaine. {Arch. Bastille, vol. 1.) L'inventaire est signé par Jacques ViUery, Louis Gontier, Pierre
Bicnfaict et Pierre Le Petit, libraires-jurés de Paris, et clos le 27 mars lôôô.
4. .-Vndré BouUc possédait « deux cens médaillons grecs, moules sur les antiques quavoit
•5'
13
: 2
>
o
I.E SLRINTt:NUANT FOUCQLET lo
des cartons pleins d'estampes ', des tableaux, des statues, des bustes,
des tables de porphyre et de mosaïques, des raretés de tous les âges
et de tous les pays ; Rcx Hispaniarum nihil taie hatebat, disaient avec
enthousiasme deux voyageurs espagnols, à la vue de ces mer\-eilles '.
Deux morceaux extraordinaires attiraient surtout l'attention des
curieux et des savants : c'étaient des sarcophages égyptiens de forme
humaine, l'un de marbre blanc, l'autre de basalte, les premiers, disait-
on, qui fussent venus à Paris. Leur histoire est piquante et vaut la
peine d'être racontée.
IJn iG'^2, des habitants de la province de Saïd découvrirent dans
une pyramide deux tombeaux contenant des momies. Amenés au Caire,
de là à Alexandrie, ils furent achetés par un marchand français et
embarqués pour Marseille. A Gênes, où le navire fut obligé de relâ-
cher, le prince Doria se rendit à bord et offrit un prix considérable
de la cargaison ; il faut croire que la proposition ne parut pas assez
tentante, car le navire reprit sa route et gagna Marseille le 4 sep-
tembre i(J32 '. Là, CCS monuments inconnus furent l'objet de l'admi-
ration universelle. Le Père Kircher, informé de l'événement par une
lettre tilt Pcrc Mrussct, se rendit à .Marseille pour les voir et publia
ses observations dans VŒdipus .L'isyptijciis '•. Quel fut l'heureux pro-
priétaire de ces reliques pendant vingt-^cinq ans? Je l'ignore; pcut-<itrc
faisaient-elles partie du cabinet du s' (Ihembon de .Marseille, possesseur,
dit une pièce anonyme tic i('>4S •, .. d'idoles d'Kgypte pour serrer les
momies ». Quoi qu'il en soit, vers l'année 1(09, les sarcophages furent
achetés poui le compte île l'oucquet et transportés à Saint-Mandé.
Les momies, retirées île leurs cercueils, furent mises à part dans
feu M. KiiuCv]ucl •>. Ces inciliiilloii!! l'urciil brùlc» Jant l'inccnilic t)iii
3o ni>ût 1730; .IrWi. Je l'jrl /ranfais, \\\ y.i)i. \'<iir .\p|H:nJti:c, |v i.'-
vcc» ik Saiiil-Mnnilc ».
I. D'nprcit M. Duchctnc (Cabinet des estumpet, VI), la
rcnrcrinc principnlcincnl Je* pièces topii^tnplii.pio cl des i.
chcsnc »c bnsc sur un ccrinin notiilirc >l'c!>l>impcs Je U I !c
l'tmq. iju'il prcsuiiic ilcvnir CTrc U- imiu Je KmKijucl. bien _ , _...ii
avec un c.
j. Pixcniirs toxiiM.ii'i ,it|.i >itc
.'<. Ci. Ilrice, I. lij.
.j. Œdipiit .1 le. Kl.Vj. m. 1 ' \ni»l.. 1676.
&. Publiée J.> 'iiieiiri Je l'j».
■^„ i.i;s A.NiA I i;iii;s di: i.'anci I'INNK fi«anci-:
(c un ;ipi)cntis fcniiû à clef », et les deux sarcophages, montes sur
un socle, prirent place dans la galerie du surintendant.
(lomme on peut le croire, l'aclmiration ne fut pas moindre à
Sainl-Mandc (pi'à Marseille '. I .es tonilieaux jirovenant d'une pyramide,
il lallait à tout prix leur trouver une origine illustre et l'on décida
qu'ils tievaient contenir les corps de C>héops et de son frère Chc-
pliren, grands fondateurs de pyramides, comme chacun sait ^. Or,
un jour que La Fontaine attendait, plus longtemps que de coutume,
le surintendant
V.n ce superbe appartement
Où l'on a fait d'cstrange terre,
Depuis peu, venir à grand'erre
|Non sans travail et quelques frais)
Des rois Cephrim et Kiopès
Le cercueil, la tombe ou la bierre,
il me fallut, dit le poète dans une c'pitre à Foucquct,
Il me fallut entretenir
Avec ces monuments antiques.
Pendant qu'aux affaires publiques
Vous donniez tout votre loisir.
Certes, j'y pris grand plaisir.
■Vous semblc-t-il pas que l'image
D'un assez galant personnage
Sert à ces tombeaux d'ornement f
Pour vous en parler franchement.
Je ne puis m'empêcher d'en rire,
n Messire Orus, me mis-je à dire,
Vous nous rendez tout ébahis.
Les enfants de votre pays
Ont, ce me semble, des bavettes
Que je trouve plaisamment faites. »
On m'eût expliqué tout cela;
Mais il fallut partir de là
Sans entendre l'allégorie.
Je quittai donc la galerie
Fort content, parmi mon chagrin,
De Kiopès et de Cephrim,
1. Lettre du conseiller de la Fosse, Bibl. nat., f. fr. 17398 : « Après cela, je vins dans un
appentis fermé à clef, tout rempli de statues, de tables Je marbre et de bronze, et entre autres de
deux grands corps égyptiens embaumés et en momie. »
2. Sauvai, II, 344; Thévenot, 1674, p. i?i; Gourville, p. 258, Paris, 17-24.
3. La prisée du 26 février iGôf) (Voir l'Appendice, page 61) les catalogue comme suit :
« Deux mosoUées antiques représentant un roy et une reyne d'Egypte, 800 livres. »
LE SURINTENDANT FOUCQUET ii
D'Orus et de tout son lignage,
Et de maint autre personnage.
Puissent ceux d'Egypte en ces lieux,
Fussent-ils rois, fussent-ils dieux.
Sans violence et sans contrainte,
Se reposer dessus leur plinthe
Jusqucs au bout du genre humain!
Ils ont fait assez de chemin
Pour des personnes de leur taille.
Foucquct ne jugea pas à propos d'exaucer les vœu.v du poète; il avait
forme le projet d'installer les deu.x sarcophages à Vau.x, c'est M"' de
Scudéry qui nous l'apprend ' : Mclcandrc, — l'homme noir, c'est-à-dire
Le Brun, — chargé de ce soin, « fîst bâtir, en un petit coin de
terre assez irrcgulier, deux pyramides à l'imitation de celles qui sont
auprès de Memphis »; attention délicate pour les deux exilés d'Egypte.
Hélas! ils n'étaient pas au bout de leurs aventures.
Mais retournons à Saint-Mandé.
J'ai dit que Foucquet avait la passion, ou, pour parler le langage
ù la mode, lu grippe des Heurs. c:'était une curiosité fort rép;induc au
xvii" siècle et La Bruyère n'a pas oublié dans sa galerie le fleuriste,
« cet homme raisonnable qui a une âme, qui a un culte et une reli-
gion, et (|ui revient chez soi, fatigué, alîamé, mais fort content de sa
joLiincc : il a vu des tulipes ». La curiosité florale était d'ordinaire
le complément d'autres collections : .Morin, qui avait réuni 10,000 es-
pèces de tulipes', recherchait aussi les estampes; Guillaume de Lamoi-
Lmon cl 1 ambonncau collectionnaient les plantes aussi bien que les
livres et les tableaux. Quand Olivier d'Ormesson fut voir le duc de
Verneuil ', un grand amateur de médailles, « l'entretien fut de nou-
velles, et puis des llcufs et des fruits. Il me fit voir un livre de tulipes
enluminées les plus belles du monde ' ». On citait les jardins curieu.x
des ducs de Vendôme et de (îrammont, des .Monnerot, de Pugc^
maître des reiiuètes, des Céleslins, des Petits Jacobins, des Kécol-
I. /,«> (MiV, I. X.
a. I\vclyn, y.-^Ji.
:i. tlctiriJc llourbon, liU d'Ilcnrieito d'Gn(ra)|;uc>
.(. Jouriml d'DIlv, 1 Orn. .•>»...< I •... — r.:.lilkl
IV.
ï2 i.i:s AMAii;i iv'S i>i: \..\\r.\\:\-\\: i-rancf.
Icts, etc. ' Tous les ans la foire aux oi^rnons fournissait un assortiment
« d'oit^mons de tulipes, d'ane'moncs, de tubéreuses et autres plantes
considcrces ]iiiur leur iKiuveauté et leurs odeurs-' ». On tirait les
graines et les piaules rares de Hollande ou d'Italie; \'aillanl, le
célèbre antiquaire voyageur, s'approvisionnait même en Orient. Fouc-
quet, qui passait pour être » mieux pourvu en anémones qu homme
de l'"rance ' », se Taisait adresser par ses correspondants « des greflFes
d'orangers et de citronniers les plus rares d'Italie, recouvrés dans les
plus célèbres jardins de iU)nie ' ». Le potager de \'aux avait été
organisé par La (^)uintinic, et le jardinier de Saint-Mandé était un
personnage ; « il y a dans les jardins, écrit le conseiller de la Fosse,
deux cens grands oi'angcrs ■' et force plantes de noms à moi inconnus
et barbares. Le jardinier t|ui est vêtu, logé et meublé comme un
honnête homme, et ijuc l'on appelle le Fleuriste, est celui de tous
les domestiques dudit lieu, duquel le sieur l-'oucquet faisoit le plus
d'estat, et auquel il prenoit le plus de confiance, nonobstant qu il tust
allemand luthérien '' ».
Fn novembre iGSj, Louis XI\', accompagné de Mazarin, alla
visiter
Cet agréable lieu
Qui Saint-Mandé, sans faute nulle.
Se qualifie et s'intitule.
C'est Loret qui parle ; et le surintendant
Reçut admirahlenient bien
Ce roi très sage et très chre-tien,
Qui très content témoigna d'être
Tant de ce logis que du maître.
Le château de Vaux lui réservait d'autres surprises.
La maison de Saint-Mandé construite, remaniée, augmentée d'an-
1. Sauvai, III, 45.
2. Sauvai, I, lî(Î2.
3. Lettres de Louis Foucquet, Archives de l\irt français, -i' série, II, 3o5.
4. Ibid.
5. Arch. nat., O' iqG^, Inventaire des orani^ers.
('1. Pap. de Séguicr; M. Chéruel qui fait la même citation [Mém. sur Foucquet, I, uS-; a lu
par erreur le Henristc au lieu de le Fleuriste.
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<J- s
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" E
5 o
< =
ll: surintendant foucquet 2?
née en année, avait grandi avec la fortune de Foucquet; Vaux-le-
Vicomtc, commencé en i656 ', achevé en quatre ans, création col-
lective de trois hommes de génie. Le Vau, Le Brun et Le Nôtre, est
une œuvre d'un seul jet, grandiose et définitive. Gest le salon du mi-
nistre, comme Saint-Mandé était son cabinet de travail, sa bibliothèque
et même, si la cassette dit vrai, son boudoir.
On connaît les splendeurs de Vaux; tous les contemporains en ont
parlé, La Fontaine les a chantées. M'"' de Scudéry a célébré le châ-
teau sous le nom de Valterre ', Silvestre, Perelle, .\larot, .Aveline
ont gravé la maison, le jardin et les fontaines sous toutes leurs faces.
De nos jours, MM. lùig. (]résy et de .M.mtaiglon ont publié des
notices excellentes sur les artistes employés à \"aux"; ainsi nous
savons que Le \ au, larchitectc, avait sous ses ordres Antoine Ber-
geron, juré des maçonneries du Uni. Pierre Gittard, charpentier', et
Jacques Prou, menuisier. Beaudrain, maître peintre à Paris, et Philippe
LallcinciU de Ucims, peintre de paysages, travaillaient avec Le Brun,
(^e ileinicr Inurnissaii aussi des cartons à la manufacture de tapisseries
lonilée à Maincy ', |)rès de \au\, par l'oucquet; l'atelier de tapis-
series, composé douvriers ilamands commandés par un Frant^ais,
Louis Blamard, exécuta, sur les dessins de Le Brun, les Chasses de
Afclcaf(ic et fini] pièces de Y Histoire de Coiistaulin^'.
Parmi les sculpteurs, on trouve .Michel .Anguier •, qui passa de
Saint-Mandé à Vaux en i()5S; Nicolas Legendrc *, chargé des stucs
de tous les plafonds; Thibaut Poissant, qui exécuta des modèles de
I. IVaprc» le i>liin inJiiiuc page ïti. Suivant une oianipc Je l'crclle. le chilcau «umll e«ê
coinincncc en iil.i:*. Vnituirc iiiixurc que le palni» et le» jarilini «vûieni coule |8 million» i !
lequel OUI «il « lnUi le ptiliii» deux fui» et nchcio iroi» village* enlicr», Jont le terrain !..•
iliinn ce» jnt'tlinK ininienses a.
•1. C.lvlic, X, 1(111 1.
;{. Arch. Jt l'an ftwiftiis, V et tirage \ part. Mclun, iJWii.
». II einil le frère Je Daniel Oillar>l, archiiectc que l-oucquci employa plu» lar.l ..
n II iichela la terre .le Helle i»le »lan» le itc»»cin Je faire fnriilier le vhiUcau; en ellet il >
sieur Oeliiril, très bon architecte, qui y lit travailler a»»e( lonutcnip». • GfMtrville, 178», li ■> t
5. Muincy, Seinc-ei-Murnc, ik ilcux kilomètre» et «Icnii ilc \'»\t\.
h. Voir page .pi,
7. Voir tl.in» le» Mémoires in^Jili sur Irt ouvrJt;rt dft membrtt Je lAcJJc '• le
ilelail lie» principaux iiuvrage» île Michel Anguier, A Vaux-lc-\ icomlc.
S. Ne A Kiiimpc», morl A cinquanic-ileux an», en l<l7t. ^Mim. AcaJ., I, 411.'
I
2C I.i:S AMAIIIIKS l)i; l.ANCir.NNI': I-KANCI-;
Termes el la Kenomiiice couchée dans un des frontons. Puj,'et, que
l^e Puutrc avait recommandé à Foucquet, fut charj^é en i6(3o d'aller à
Gènes acheter des marbres et réserva un de ses plus beaux blocs
pour en lirci- V Hercule <^aul<)is, destiné au surintendant '. Quant au
Poussin, (jui mmlcla des 'l'ermes en pierre pour le château, nous le
retrouverons tout à 1 heure.
f^nfm I,e Nckre avait pour chef fontainier (>laude Hohillart et, pour
janlinicr, Antuine 'IVumcl, peut-être un compatriote du jardinier de
Saint-Mandé.
Les Aichives nationales possèdent plusieurs pièces originales et
manuscrites, relatives aux deux maisons de Vaux et de Saint-.Mandé - :
l'une i\c ces pièces est « l'Flstimation et prisée des statues, bustes
antii|ucs el modernes, colonincs, tables, carreaux et autres ouvrages
de bronze et de pierre qui sont dans les appartements de la maison et
jardins de \'aux, ]xir Jacques Houzeau ■'', sculpteur ordinaire des basti-
mens du Roi, et Jean Le (irue, maistre sculpteur de cette ville de
Paris, le 17 juillet \()(^5 » ; ces deux artistes furent chargés l'année
suivante de l'estimation des statues de Saint-.Mandé. l'n autre dossier
renferme le « Mémoire des figures qui sont à ^'aux et du prix que
.M. (îirardon les estime » (2 mars 16871. \ l'appui de ce .Mémoire se
trouvent quinze feuillets sur lesquels une main habile, sans doute celle
de Girardon lui-même, a indiqué à la plume la silhouette des princi-
pales statues. Nous donnons deux fac-similés de ces croquis '\
Nous reproduisons également une vue du château. Cette vue fait
partie d'une série de trois dessins au lavis, appartenant à un de nos
amateurs parisiens les plus délicats : ils représentent le plan et les deux
façades du bâtiment. Ce sont les pièces originales annexées au marché
pour la construction de ^'aux; au dos de chaque feuille on lit la men-
1. Mariette le dit espresscmeiit. Abcc. au mot Piii^ct. Ga:;cttc des Beaux-Arts, W'III, .^17-iS.
2. Je dois la connaissance de ces documents curieux à M. A. de Montaiglon. L'estimation
des statues de \'aux et le Mémoire de Girardon ont ëté rêcemincnt publiés dans le Bulletin de
la Société de l'histoire de Paris; les autres pièces sont inédites.
3. Né à Bar-le-Duc, mort en iijyi, à soixante-sept ans.
4. A la tin de ce Mémoire on lit : Total des prix de M. de \"aux 25,400 livres, et de
M. Girardon 16,000 livres. M. de Vaux, Louis Nicolas, était le fils aîné de Foucquet; il proposa sans
doute au Roi de lui vendre les statues restant à \'aux et Girardon fut chargé de faire une évaluation
contradictoire.
3" S
- t
r
aS l.KS AMA ri;i!|<S l)H L'ANCIENNE FRANCE
lion suivante : Paraphe iic varictur p'iiii- cstrc c.xcciitc .suiraiil l'arrcslc
fait ce joitrd'hiiy deux aoiist iG5G. — KOUCQUET, Ll^: VAU. — et
au-dessous : Paraphe suivaiil le iiiarelié du dix aousl iGSG. — (j. \'ll,-
li:do '.
Ces dessins présentent un intérêt ]-)articulier : ils fixent la date
des premiers travaux, lui outre, ils indiciuent certains remaniements
cfTectués en cfturs d'exécution; ainsi la construction est fii^urée en
briques, tandis (]u"cn réalité le château fut exécuté en pierre de
taille •'.
Un dernier document complète heureusement les indications pré-
cédentes. La Kil)liothèi|ue Nationale conserve XInvenlaire inauuscrit '■
dressé à \'aux le K^i septembre i6(Ji, \ydv Jean d'I'^stempes de \ alencay
et Frant^-ois de Vertamont, conseillers d'iàat, Jacques Pat^et et Pierre
d'Albertas, maîtres des requêtes. Nous pouvons donc, pour la première
fois depuis deux siècles, visiter le château de lond en comble. Pro-
litons de l'occasion pour jeter un coup dceil aux appartements', ils
sont encore tels ijue le surintendant les avait laissés à la lin d'août 16G1,
quelques jours avant son arrestation.
Un orrand vestibule donne accès dans le château; il est orné de
quatre bustes avec draperies d'albâtre oriental et de deux statues
antiques, Auguste et Tibère, estimées chacune 2,000 livres '. Le vestibule
ouvre dans le grand salon, placé au centre du château; des caria-
tides portant les signes du Zodiaque (voir le dessin) soutiennent
l'immense coupole sur laquelle Le Brun devait représenter les quatre
Saisons; la rapide disgrâce de Foucquct l'cmpècha de mener à fin
son projet"'. L'appartement à main droite est celui de M"'" Fouc-
I. Ville^in clait Pcntreprciieur ; en i'Î74, il devint maître des œuvres de maçonnerie des bâti-
ments du Roi. Son fils fut conseiller du Roi et contrôleur général des bâtiments de S. M., ponts et
chaussées de France; voir Jal, Dictionnaire.
1. Les deux façades gravées par Marot présentent des dilYérences très notables avec le dessin
original que nous publions ici. L'estampe de Mamt a dû être faite d'après un dessin défectueux ou
d'après un premier projet non exécuté.
3. Appendice, page 77.
4. Dans le dessin que nous publions la figure de gauche porte par erreur le nom de Domitien.
\'<)ir les estimations de Girardon, Appendice, page 73.
5. Comme le fait remarquer M. Eug. Gresy, « Carie Audran n"a donc pu graver ses belles
planches des Saisons que d'après les cartons ou une esquisse du maître > .
4 '^^
V
3
<
3o I.HS AM\Ti;ri?S l)K l.'A N c: IK N N l-. IKANCK
quct ' ; If phifiiiKl (lu l'antii haiiihrc rcprcscntc \' Apothéose d'Hercule
par Le Brun : « Monte sur un cliai' iiUL-ntraîncnt de fougueux coursiers,
le demi-dieu entre dans l'Olympe, guidé par la Sagesse et couronné
par rimmnrtalité •' ». Aux deux extrémités, des anges soutiennent les
armes de la lainille tle (bastille'. Sur les murs, cpiatix- pièces de
tapisserie de {Histoire de Clyteiniiestre ; « plus trois douzaines et
(piatre chaises de moquette et une table de porphire de trois pieds
et demi de long, montée sur un |)ie(.i lort pri)|M"e ' ".
1 .a salle suivante, la Chambre des Muses', est encore décorée par
Le liiiui qui a peint au plalontl le Triomphe de la /•'idélité repré-
sentée par une iemme tenant un épagneul endormi sur ses genoux;
elle est escortée de la Prudence, de la Raison et de la Force; Apollon
la protège en décochant ses flèches contre ses ennemis ''. La tenture
se compose de » huict pièces de tapisserie de haulte lisse de trois
aulnes et dcmve de hauU ou environ, représentant VHistoire de l'ul-
caiu, avec des rideaux vcrdz tout à Tentour pour les couvrir ». Ces
tapisseries fameuses, rehaussées d'or, j^rovenaient de la fabrique de
Mortlake en Angleterre'; elles étaient estimées 11,789 livres. \'ingt
fauteuils de peluche de la Chine, des tables, des guéridons " vernis de
rouge », quatre lustres de cristal de roche, des miroirs dans une bor-
dure d'argent et, sur le sol, un tapis de Perse d'environ 8 aunes de
long (g'", 40) complètent cette magnifique décoration.
La troisième pièce, formant l'angle du château sur le jardin, est
entièrement dorée; au plafond, Aïorphée sous les traits d'une jeune
femme, peint par Le Brun.
Dans la même partie du château, mais sur la cour, une salle avec
plafond à poutrelles est garnie de six pièces de tapisserie, l'Histoire
d'Iphif^éuie ^, protégée par des rideaux verts; tapis de Perse d'environ
1. Maric-Magdeleine de Castille, lilli; de François de Castille et deuxième femme de Foucquet,
qui répousa en i()5i. Il était veuf de Louise Fourché, morte en 1641.
2. Eug. Grésy, p. 12.
3. D'azur au château sommé de trois tours d"or; devise : Surgit radicibtts altis.
4. Estimée 3oo livres.
5. Florent Le Comte, III, i5g.
6. Revue universelle, XII, 30?.
7. Voir page 47.
S. Voir page 47.
I.I-: SURINTENDANT FOLCQLET 3i
5 aunes 1/2 de long (6", 901, et meubles de velours rouge cramoisi
brode. Dans une autre chambre à coucher, la tenture de l'Histoire de
Rap/iacl \ et un mobilier de damas bleu à franges d"or -.
L'autre moitié du château, celle qui se trouve à gauche du vesti-
bule d'entrée, ne nous arrêtera pas longtemps; toutes les chambres,
qui formaient l'appartement du Roi, sont dégarnies et les meubles
déposés provisoirement dans le garde-meuble. La seule pièce encore
meublée est la « salle à manger » contenant « trente-une chaises de
moquette, de bois de noyer tourné, clouées ave; un galon de soyc »,
trois tables, dont une de marbre, et deux lustres de cristal de roche.
.Montons maintenant au premier étage. A gauche, on entre dans
une chambre tendue de six pièces de tapisseries rehaussées d"or, les
DoUyC mois de (' année \ et dune pièce de la tenture de Pvranie et
Thisbé ''. Le mobilier se compose d'un « tapis de pied rhodien, d'un
lit ;i |K'ntcs de ve!i)urs en broderye d'or cramoisy rouge, avec cres-
pines d'or et d'argent » et les sièges pareils. L'autre appartement, sur
le jardin, « tout doré, peint et lambrissé », renferme « un tableau sur
la cheminée et un sur la porte d'entrée, sept fauteuils de peluche de
la (Ihine, un buste de jaspe dont la tète est de marbre, sur un pié-
destal de jaspe ».
Près de là se trouve la chapelle, qui n'est pas achevée.
A main droite de l'escalier, l'antichambre contient une lapi.sserie
de huit pièces à personnages représentant V Histoire J'Israi'i'^\ dans la
pièce attenante, un lit et des sièges de satin cramoisi rouge, en
broderie d'or, et une tenture de haute lisse à Meiix persnnnaf^es^.
Le cabinet de Foucquet ouvre sur la même antichambre : tenture
de 11 petit taby à lleurs, et un petit lict île campagne ci>mplet en satin
à fleurs avec une frantre et ni<.let ni et argent >•; six fauteuils et
I. En i>c|<t piccc». S'ii|iil-il Je U icnlurc Ju Souveiiu Testament ou Je colle <le* Logri et
Raphaël ?
i. * Plu» un pciit iiibicau rvprcRcntant la MufiJcIcinc • [Inveni. Je V«u«) ; probablement U
cUiiiiilirc A coucher Je M-* Kouci^uet; voir piige<i<.
3. Voir pnne 47.
4. I.crotc «e trouve nu gnrJe-mcuble ; en tout huit piice» Je iroi* aune* Je haut
b. Priihiil^lcinct)! /7/i</iiirr Jf tieJeoH JonI il »ora parle p«Rc 17.
O. Scpi picvc».
3.J Li:s AMAii.i Ks i>i; i.'an(:ii:nni-; krance
(|u;itrc sièges en pareil, deux tables avec leurs tapis, et » une cscri-
tuirc fermant à clef ». A cote, la naide-n.he tendue d'une tapisserie
(\c Rouen.
I,e P)i-un occupe la clianihre \oi-;ine, sous l'ieil et sous la main
du surintendant. Depuis i().iS, nommé directeur tics peintures du
château de \'au.\, il avait installé à Maincy son logement personnel,
son atelier, l'atelier des tapissiers et celui des peintres décorateurs'.
L'appartement de \'au.\ n'est donc (|u'un pied-à-tcrre; il se compose
tle deux pièces, une cliamhi-e à alci')\e avec im " lit de tahy jaune,
garny complet, six chaises, un l'auteuil de serge bleue avec de la
bange de soye meslée », et une grande garde-robe. Les deux pièces
sont tendues tle tapisseries de lîergame.
L'inventaire ajoute à cette description sommaire quelques détails
qui laissent deviner une partie de la décoration intérieure : " Plus,
cinq bustes de fonte sur des picdz d'estail de bois, — une figure de
marbre blanc sui" un pied d'estail de bois -, — neuf tableaux du Bassan
de moyenne grandeur à bordures dorées, — quatre autres tableaux
dont deux grands et deux moyens aussy à bordures dorées ». Dans
la garde-robe, « deux tableaux de fruictz rouliez sur un baston, —
un tableau à bordure dorée représentant une bataille avec plusieurs
personnages, — un autre tableau qui n'est qu'esbauché, — un autre
tableau à bordure dorée représentant un homme et un chien (Méléagreri
une fioure entière de bronze ■'■, — une autre plus petite de marbre,
— trois testes ■'' et un buste de fonte, — deux autres petites figures et
un buste de marbre; — plus un modelle de cire d'un Hercule ».
Si je ne me trompe, cet intérieur a tout l'air d'un petit cabinet
d'artiste-amateur. Le Brun aimait la curiosité, « il étoit parfaitement
bien logé et bien meublé, dit Florent Le Comte"'; les tableaux et les
I. Les peintres Yvart, Courant et Lefcburc exécutèrent à Maincy les copies de l'Histoire de
Constantin.
1. Probablement le Bacchus jeune, estimé 700 livres.
i. Estimé 5oo livres.
4. Estimé 75 livres.
5. 111, i65. Plusieurs objets indiqués ici comme existant en 1601 ne figurent plus dans l'es-
timation faite en iC)65, ce qui permet de supposer qu'ils étaient la propriété personnelle de Le Brun
et furent enlevés par lui après le premier inventaire.
LK Sl'RINTENDANT FOUCQUET 33
curiositez dont il étoit la source ne lui manquoicnt pas ; il sçavoit
Tarrangement et la disposition des choses comme si cet art fut ne
avec luy ».
La chambre à la suite est « celle où sont les coffres-forts, argent
monnoyé et vaisselle darge-nt, et pierreries et autres meubles ». La
vaisselle d'argent comprend '< cinq cent douzaines d'assiettes, trente-six
douzaines de plats et un service d'or massif ><. Les bijoux sont
nombreux et d'une grande richesse, chaînes d'or, de pierres fines
et de perles, portraits entourés de diamants, heures « couvertes d'or
à jour csmaillé, et touttcs chargées de diamantz tout plain, au dos et
aux fermoirs aussy - », bagues, cachets, bracelets, pendants d'oreilles,
— un de ces bijoux est estimé 14,000 livres, — un service de table et
un service de chapelle de vermeil.
Le \ au loge à l'extrémité de l'escalier situé au bout du bâtiment;
dans la première pièce, une tapis.scrie de Uouen, un mobilier de
serge rouge; dans la seconde, une tapisserie de Rouen et « une table
de h(jis sur des tréteaux », la table de l'architecte.
Ne quittons pas cet étage sans visiter « une petite chambre estant
au bout dudict corridor, près un petit escallier, et en laquelle logcoit
ordinairement le sieur Naute » ; c'est ainsi que le rédacteur de l'inven-
taire a défiguré le grand nom de Le Nôtre', ilien de plus modeste
(luc cet intérieur : une tenture de Rouen, un tapis de pied de moquette,
le lit, sept chaises et un fauteuil en « fustaine à petits carreaux », une
table avec .son tapis vert et un guéridon, i Dans un coin, une armoire
dans le bas de laquelle il y a une paillasse, matelas, couverture et
traversin pour coucher un vallet, et au-dessus une armoire que ledit
a' Naute nous a ouvert, où il ne s'est trouvé que des papiers de
dessins de ses ouvrages de \'aux. »
Le ganle-meuble, situé au second étage, mériterait une longue
visite, mais nous n'avons que le temps de jeter un coup d'œil; c'est
I. M»«. f. fr. i7o.(<"i, Portffeuillf Je Wtll.int.
i. K»liinu .j.cMMi livre». Appcnilicc, page 7.^.
!<• Noion» ici celle iniriicuiuriic i|uo le 14 »cpl. iiWji, c'ctt4-diro U veille «lu iour où l'on
inventorie m chambre It Vaux, Le NAiro était ^ S«inl-Roch. atkitlani au bapKine >le m Aile Jeanne-
l-'riinv'oisc, où il ligure «ou» le litre Je • Cuntcillcr ilu Roi et ContrtMeur gênerai Je :--■ ' -■- •
jnnlins. u (Jal, 771.)
S
34 I.KS AiM A I I 1 KS l)i: I ANCIKNNI-: l-KANCE
là que sont déposes, en labscnce du surintendant, quelques-uns de
ses meubles les plus précieux, nntainmcnl ceux qui <,'arnissent l'appar-
tement (lu Uni. \()iti une collection de lits d une richesse sans é^alc,
en brocart lond d'argent à lleurs d or, en brocart d'or lin fond
incarnadin, en velours routée en bioderie d Or et d ar^^ent, en bro-
cart de soie à lond vert doublé de satin incarnat, en velours vert à
passementeries traroent, en velours vert i^arni de broderies d'or et
d'argent, pièce magnifique estimée 14,000 livres '. Tous ces lits sont
chamarres de passementerie d'or et d'argent lin et accompagnés de
leurs meubles assortis, « chaises, fauteuils, sièges pliants, pommes de
lictz et petites dépendances ».
La série des tapisseries n'est pas moins remarquable. Nous avons
déjà rencontré quelques tentures magnifiques dans les appartements,
voici les plus intéressantes parmi celles du garde-meuble : les Gro-
tesques (cinq pièces)'-, les Vertus (huit pièces)"', V Histoire d'Abraham
(dix pièces) '', à Personnages d'antiques (huit pièces), les Sauvages (une
pièce) ■'", Sainte Su:;anne (une pièce"), les Pèlerins d'Emmaiïs d'Angleterre
(une pièce) '', « trois pièces de celles c|ui ont été faites à Maincy >',
rehaussées d'or (c'est la célèbre tapisserie de Constantin) ', la Vie de
Notre-Seigneur (cinq pièces) ^, l'Histoire sainte (deux pièces), Saint
Luc (une pièce)'-', les Actes des Apôtres (six pièces)'", l'Histoire de
Priant (sept pièces)", Pyranie et Thisbc (sept pièces).
1. Voir page 45.
2. Trois aunes et demie sur vingt-cinq ; tigure à Tinventaire des tapisseries du Roi en i6ciî, sous
le nom de Grotesques de la Couronne. Ce sont probablement les Mois dits de Lucas, sur fond d'orne-
ments. Au Garde-meuble, en copie du xviii' siècle. (Note communiquée par M. Alfr. Darccl.)
3. Inventaire de \uivx.
4. Ibid.
5. « Une seule pièce de la tapisserie des sauvages, aussy de haulte lisse, le surplus de la
tenture estant à Paris. » Serait-ce la Tenture des Indes exécutée deux fois avant 1692 sur des tableaux
donnés au roi par un prince d'Orange; {Hist. de la Tapisserie, par Darcel; Galette des Beau.v-
Arts, XIV, 201.)
6. M. Eug. Mûntz pense qu'il s'agit peut-être ici dune autre suite des Actes des Apôtres conruxe
sous le nom de Araj::;! dclla scuola nova, dont les cartons attribués à Raphaël furent envoyés à
Bruxelles où Charles 1°' a pu faire l'acquisition de l'un ou de l'autre d'entre eux.
7. Voir pages 46 et 97, la série des tapisseries réservées par Louis XIV.
S. Id.
9. Id.
10. Id.
1 1 . Id.
LE SURINTENDANT FOLCQLET
33
Le reste se compose dune quantité de tapis de Turquie et de
Perse tissés dor, de tentures de damas, de cuir doré, de brocatelle
de Venise; il y a des tapisseries de Rouen, de Bergame, blanc et bleu
de Flandre, des tapis de table, des lustres de cristal de roche, des
miroirs garnis d'argent massif, des cabinets débcnc, des écrans, guéri-
dons, bois de lit, de fauteuils, de sièges, etc. ; c'est la plus riche collec-
tion de meubles que nous ayons rencontrée après celle de Mazarin.
L'inventaire se termine par une visite à la sommellerie, à la
panneteric, à la cuisine et dans les pavillons des cours où logent le
mailrc-inacun Ucrgeron et sun lils, le tapissier, quelques ouvriers
|)LiiUres et doreurs, le S' de la Rivière, médecin, (Claude Lcgras,
« apprenti du nommé Legendre (Nicolas), sculpteur », Courtois, capi-
taine du château, et les gardes.
Les agents de Foucquet en Italie, l'abbé Louis Foucquet; le Poussin, la Mmiic et les Termes.
Maucroix, Bcrtinciti.
N i655, Foucquet envoya son jeune frère
à Rome. L'abbé Louis Foucquet, conseil-
ler au Parlement', était charo;c de sur-
veiller notre ambassadeur de Lyonne et
devait profiter de l'occasion pour acheter
des objets d'art destinés à l'embellisse-
ment des maisons de Vaux et de Saint-
Mandé. La mission ne laissait pas que
d'être ditVicile : l'abbé n'était pas connais-
seur, il en t'ait l'aveu, il « ne sent pas
du tout en lui un cerUiiii i;énie qui |)(trle à ces connoissanccs * •;
mais, avec le temps, il espère faire des proj^rès. A peine installe
depuis trois mois dans la Ville éternelle, il commence à voir un peu
plus clair : <> Je n'ay pas, écrit-il à son frère, ni le goût ni les yeux
si yiossicrs jjour ces sortes de choses que j'avois en arrivant à Rome.
L'espouvantable quantité que j'en ay veus insensiblement m'ont rendu
moins barbare. »
Une autre question l'embarrassait peut-être davantaije. Le surin-
tendant exii^eait que ses acquisitions fussent tenues secrètes; il avait
SCS raisons pour dissimuler ses dépenses et ne cessait de recommander
à son frère la discrétion la plus absolue. .Mais le moyen de réussir?
« Il est absolument impossible, répond I abbé, que l'on achète ici
quelque chose ilc la nature de celles qui ne .sortent qu'avec licence \
I. Il ctiiit le cinquicnic enfant Je Kran<oii Foucquet et de Marie do Maupcou. L. Fouc<)U«l
devint évCque et cunite d'Afidc, et mourut en 170?. R, l.ochon • i-
t. I.ellrctt de Lcuii» Faucqucl it «<>n frcrc. Arihiwt Je l'jrtj'-.
?. Citu.ivritt sur l\irt cl la ciiriotil^, p. 9»). l'ari», Quuntin, 1878.
38 I.i:S A.MATKIIRS DK I.' A N Cl K N N K I-UANCE
comme marlirc cl une inlinitc d'atittcs, sans (|u'unu ]KirUc de Komc
ne le sache. Il en iaul pailer au Pape, mesme des moindres; il faut
avoir la déposili<jn du commissaire des visites pour les antiques; il
faut solliciter la permission de Sa Sainteté; il faut oitlenir le con<,fé du
cardinal camerlinj^ue ou vice-camerlingue; il iaut une patente de la
Chambre apostolique; il faut da^ visites des douanes, des composi-
tions avec la douane, d'autres menus droits de pnsle, des traités et
des emliarquements avec les capitaines. ,lu-e/, .Monsieur, si ce sont
choses (jui puissent être tenues secrètes ou cpii se puissent taire sous
le noni d'autruy? De sorte (]ue de nécessité il faut choisir, ou de ne
rien acheter, ou (]ue ce qu'on achète soit sçeu, hors tabicau.x et austrcs
menues hardes. »
Cependant l'abbé eut la main heureuse : il se mit dans les bonnes
o-râces du Poussin qui consentit à le guider dans ses acquisitions.
Foucquet, qui avait du « goût pour les choses exquises' », ne vou-
lait que des morceaux excellents et « de fort bons tableaux ». Aidé
des conseils du maître, l'abbé fit un premier envoi (ii janvier i656),
« statues, bustes, scabellons, tables de marbre en estât et autres
choses un lit de broderie non achevée, à qui neantmoins il ne
manque que deux pièces, qui a esté trouvé beau et à bon compte,
un tapis de Perse, un ballot de tableaux, un cabinet d'agathes. toutes
fines et orientales, et grandes chacune comme la paume de la main, et
de lapis-lazuli ; un service de chapelle d'ambre )'. Les objets les plus
pesants devaient aller par mer jusqu'à Saint-Malo, les autres jusqu'à
Marseille. Le ballot de tableaux comprenait une Décollation de saint
Jean, le Massacre d'Abcl, le Baptême de Notre-Seigneur, la Magde-
leine, Saint Jean l'Évangèliste, Saint François, Saint Sébastien, Saint
Joseph, « tous originaux fort beaux et fort bien faits et de grands
peintres tous morts... un Paysage de Gaspard (Guaspre), beau-frère de
M. Poussin, et deux copies d'originaux de M. Poussin; elles repré-
sentent une Exposition de Moyse et une Vierge avec un Jésus ». Les
deux premiers tableaux coûtaient » loo pistoles', les sept autres ori-
1. Tourncfoi-t, Galette des Beaux-Arts, X\ III, ^17.
2. Pistoles d"Espai;ne de 10 livres.
LE SURINTENDANT FOUCQUET 39
ginaux 80 pistolcs, ce qui a étc un marche admirable ». Un Saint
Michel dAlexandre Véronèse, une ébauche, fut même donne par-dessus
le marché « pour tenir les tableaux en estât dans le ballot ». Le
cabinet d'agates orientales coûtait 700 écus, le lit en broder.e .90.
les deux copies 23 pistoles, le paysage du Guaspre 12 ou .3, le tap.s
de Perse 26 pistolcs, la chapelle d'ambre .3o écus. « Vous trouverez
aussi, disait labbé en terminant sa lettre ij mars i656), des bassms
dar-ent cjui mont paru beaux et d'un travail incogneu en France;
ils Lt belle monstre sur un buffet. Ce nest pas que je ne sçeusse
bien qunn travaille admirablement en France en argent, mais en
choses massives et dune autre manière. Ccst argent de la Chambre
apostolique, qui est tout le meilleur. L'argent et sa façon coûtent
SH8 écus d'Italie. » H paraît que le surintendant tut satisfait de ce
premier envoi, sauf de la chapelle d'ambre, qu'il trouvait .. inutile et
dilTicile à conserver » Sur quoi l'abbé piqué réplique que le bon marche
ra décidé, que d'ailleurs, si la chapelle ne plaît pas, il « la retirera a
semblable prix, espérant bien le faire doubler par quelque autre a
Paris, par troc ou autrement ».
Le 3 avril de la même année, nouvel envoi de quatorze tableaux
sans désignation. Le .0, l'abbé informe qu'il fait restaurer « une
bcllissime" statue antique qu'il avoit achetée depuis longtemps ... Le 17,
il lail espérer « un marché de force bons tableaux •■ ; en même temps
il annonce -c une lahle magnifique de pièces rapportées, qui est enfin
achevée, et qui depuis quatre mois m'a fait suer sang et eau... deux
petits vases de porphire bien jolis et à fort bon compte... deux petites
,,.l,.n>ies de marines toutes dune pièce. Vous en ave/ maintenant
(lualre et ilans peu vous en aurez huit ».
l.a dernière lettre de l'.ibbé est du -.'.j avril iC.5C.; elle annonce
„ une statue restaurée passable et à bon marché, et de nouvelles co-
l„nncs fort belles, et autres choses », ainsi que des grelTcs d'arbustes
,ares - accommodés avec du miel et de la mousse... M" Senci, qui a
le plus beau jardin di'.urope en agrumes .cédrats et citrons^ est celui
.,„i en a donné la meilleure partie, et un Père Ferdinand le reste ..
Quelle était la valeur de ces peintures que l'abbé décrit d'une
40 LES AMATEURS DE L'ANCIENNE FRANCE
façon si sommaire? Sans doute ces « originaux fort beaux et fort bien
faits, de grands peintres tous morts », qui reviennent en moyenne à
200 livres la ])ièce', sont des morceaux honorables, car le Poussin
disait son mot sur le tout et " ne laissoit rien passer de médiocre »\
])(juitant on se fait une autre idée des magnillcences du surintendant,
et Ion aimerait à voir son frère moins préoccupé des prix et des bonnes
affaires. 11 faut bien le dire, la pénurie des beaux ouvrages était
extrême à Rome : « c'est l'œuvre d'un siècle, disait le Poussin, que
de trouver une bonne emplette à faire ». La concurrence des ama-
teurs avait fait table l'ase des anciens maîtres, « on avoit déjà trans-
porté ce qu'il y avoit de meilleur et le peu qui reste n'éloit plus dans
le commerce ».
Aussi l'abbé pressait- il vivement son frère de commander au
Poussin « une couple de belles pièces d'une égale grandeur, de quelque
sujet agréable et de son choix )>. Mais le surintendant avait d'autres
vues : le Poussin se faisait vieux, on parlait déjà de « sa main trem-
blante* «; Foucquet préféra sans doute choisir lui-même, sur place
et à coup sûr, une œuvre de son meilleur temps, (^hantelou possé-
dait alors les plus beaux Poussin et l'œuvre capitale du maître, la
Manne, composée en i63g. Comment la Manne devint-elle la pro-
priété de Foucquet? Je ne saurais le dire, mais le fait est hors de
doute. Dans le Journal du cavalier Bernin en France (i665), rédigé
par Chantelou lui-même ^ celui-ci raconte qu'il eut l'idée de proposer
à Colbert de faire faire « pour le Roi une tenture de tapisserie sur
divers tableaux de M. Poussin qui sont à Paris, de l'histoire de Mo'ise,
laquelle pourroit être appelée la tapisserie du Vieux Testament. Elle
seroit composée de Mo'ise exposé sur les eaux, qui est chez Stella, du
Moïse trouvé, qu a M. de Richelieu, de la Manne, qu'avoit M. Fouc-
quet >i ; et Chantelou énumère les autres originaux du Poussin appar-
tenant à des amateurs parisiens. Voilà qui est net : Chantelou devait
i.Les tableaux du Poussin, «dont la cherté est estonnante «, se payaient 200 pistoles,
2,000 livres. H est vrai qu'il s'agissait « des trois plus grandes pièces qu'il aye faites et des plus
achevées ». Lettres de L. Foucquet, id.
2. Lettres, id., p. 290.
3. Galette des Beaux-Arts, .XXIII, 2' pér., 271').
Of^
^ 1
4;
t-
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I.A I.IDKkaI.IT».
ituiK- >M pum-, ii\..,KK i-.ii u- i-..ii««iii p<iiir NtcolM F0UC4UCI, iJtrJiii* Jv- Wruilk», ^nlnraocv» Ja S
LE SURINTENDANT FOUCQLET 45
savoir mieux que personne où se trouvait lu Manne qu il avait pos-
sédée. 11 ne saj^it pas ici d'une réplique, puisque le Poussin n'en a
pas fait ; dailleurs, Chantelou n'eût pas parlé d'une réplique pour servir
de modèle à des tapissiers, s'il avait eu l'original entre les mains.
Ce petit détail n'était point connu, il a son intérêt pour fixer la
généalogie des tableaux de notre grand maître national '.
Au lieu des peintures que demandait l'abbé, Foucquet le chargea
de commander au Poussin, pour la maison de \'aux, quatorze Termes
sculptés. L'artiste se mit immédiatement à l'œuvre; on sait qu'il aimait
ù modeler lui-même et se servait de maquettes en cire pour préparer
la composition de ses tableaux -. « Il le fit bien voir, raconte Bcllori,
dans ses statues de Termes pour la maison de campagne que faisait
M. Fochet (sicj, car il fit de sa main les modèles de la grandeur d'exé-
cution de ces statues, qui furent exécutées par plusieurs sculpteurs
dans latelier desquels je lai vu bien des fois travailler la terre avec
l'ébauchoir et modeler avec une grande facilité. Avec ces figures, il
donna aussi le dessin de deux vases à l'antique qu'il fit travailler et
exécuter en marbre africain antique'. »
La correspondance de Louis Foucquet montre que les Termes
étaient en main, et que l'on y travaillait sous la direction du Poussin;
mais l'abbé ne parle jxis de l'expédition de ces ouvrages, qui eut
lieu probablement après sa rentrée en l'rance.
Quelques années plus tard, en i()()i, après la mort de Mazarin,
Foucquet envoya un nouvc;ui cliargé ilallaires à Home; c'était l-ranijois
de MaucroiN, l'ami île La l'ontaine. La missi(.n de .Maucroix, comme
celle de rabl>é l'oucquet, avait deux buts : il devait créer au sunn-
tciulanl des iiarlisans à Kome et acheter pour lui des antiques, des
peintures et des curiosités, en prenant les c«>nseils de l'abbé KIpidio
Uenedetli, agent de l'iance à Kome et l'ancien homme d'alVaires de
I. I.c projet .le i:iinnicl.m lut iiii» à cxcuti-ii ci Ton ctuiv.w aux Gohclin» Jeux «cnlurc» Je
Yllisloirc de Mow .HCC or en Jix et onjc piccc». I.c |H:.nlrc Itonnciucr fut ihar({C J'«sr«nJir U
Mjiine. (Note Je M. Diiricl, Chronique Jet arts, j.S n>«r« iHKi.)
■1. Voir une curicu»c notice Je M. Je .MontuiKl..» .'« ^e Miict. .l-vA. 4t tan /nii^Ms, s* »cric.
\.>l. II. j;--.
}. /./. ilclltirl. IV Jii roiifuii, cJ. Pi»c, III, 171 ■>••
44
(.i:S AMATKUkS l)K L'ANCIENNE FRANCE
Mazarin. Ses instriiclions lui prescrivaient d ailleurs la discrétion et
le mystère recommandés à son prédécesseur'.
Bertinctti, graveur en médailles, qui remplissait auprès de Foucquct
les fonctions de secrétaire, fut également l'un de ses agents à l'étranger.
M. lùig. (îrésy a raconté les aventures romanesques de ce personnage'';
on innore si lui ou Maucroi.K réussirent dans leur mission.
1. Chcrucl, Mcmoircx sur Foucquct , p. 1.14.
2. Pape iS.
IV
Procès de Foucquct. Ce que sont devenus Saint-Mandé, Vaux, les tapisseries, les statues,
les meubles, les livres, les sarcophages.
K 5 septembre 1661, Nicolas Foucquet
t\it arrête à Nantes. La Chambre de
justice se réunit dans les premiers jours
de décembre et le procès commença im-
médiatement ; il devait durer trois ans.
Foucquet fut condamné au bannissement,
peine commuée par le roi en un empri-
sonnement perpétuel dans la forteresse de
INi^-^nerol. C'est là qu'il mourut en 1680'.
Dès l'origine, tous ses biens avaient
été saisis par les créanciers. Aussitôt le procès terminé et les forma-
lités remplies, on soccupa de la vente publique, de l'invcutairc comme
on disait alois. .Mais auparavant, le roi fit mettre à part un certain
nombre de meubles cl tic ta])isserics d'une richesse exceptionnelle.
Nous en donnons la nomenclature et l'estimation d'après un document
manuscrit, conservé aux archives ilc l'Oise- :
l'n lii ' (le biocart l'nnd d'ar<i;cnt avec les sièjjes, estimé.
Vn lit CM velours vert en broilerie fort riche avec tous
les sièges
l'n autre lit de velours vert chamarré île grands passe-
ments d'or et il'argent
Quatorze lapis de Perse et île Chine, la plupart a lunds
d'iif.
.^,()(xi livres.
14,000 —
.J.400 —
I. Voir II. HrikC, \~\'\, II, 70; cl ClicrucI, .^f^mnires sur Foucquet, dcji cite»
j. On trouvera cette pièce i»i i*.v/r«*>. Appendice. p«(!c 1(7.
;t. Ce ht Cl les deux sulvnnt» liKuixnt A l/MivMMir,- Je Ijux; nou* le* •von» tignalc* plut haut.
4f) LES AMAlKI'kS l)K L'ANCIENNE FRANCE
'l'cntuics : Apollon et les qiialrc Saisons {cinq pièces)' . i,5oo livres.
Hisloirc d'Abraham ià'w p\cccii}^ .... 1,600 —
Les (lùtvrcs de luisérieorde (huit pièces). 5,000
Verdure et Chasses de linixelles 1 sc])t
pièces) ' 800 —
Sii:;aiii!e et les Vieillards (une pièce). . . 60 —
].' Histoire de Constantin (deux piècesV' . 2,000 —
La l'raction dit pain (iinc pièce). . . . 200 —
Verdure de Fouquièrcs (cinq pièces)'. . . 1.200 —
Le Festin de Simon le lépi'eux, X. S.
portant sa croix, X. S. devant Pilate,
Ecce Homo, Résurrection de X. S.
(cinq pièces)''' 1,000 —
U Histoire de saint Jean-Baptiste 1 quatre
pièces) 750 —
Xotre-Seigneur en croix (une pièces. . . 60 —
Saint Luc qui peint (une pièce) 1 5o —
Les Actes des Apôtres (six pièces)'. . . . i,5oo —
Histoire de Priant (sept pièces)** .... i,5oo —
Histoire d'Arthémise (huit pièces)'^ . 2,400 —
1. Au Garde-meuble. Cinq pièces de la luC-me suite, appartenant à M. le comte d'Vvon, tiiju-
raient au Musée rétrospectif en i865.
2. Inventaire des tapisseries du Roi en if)92.
3. Peut-être des imitations des chasses de Van-Orley, dont une réplique a paru à l'Exposition
de 187^.
4. L'Inventaire de Vaux mentionne (i trois pièces de tapisserie de celles qui ont été faites à
Maincy, rehaussées d'or u; nous n'en trouvons ici que deux. Il s'agit de ce qu'on appelait la
troisième tenture fabriquée à l'atelier de Foucquet, qui fut apportée et complétée aux Gobelins, où
l'on substitua des bordures nouvelles aux armes du Roi, en remplacement de celles portant le chiffre
de Foucquet. La tenture complète comprenait cinq pièces d'après Raphaël et Le Brun, peintes par
Yvart, Courant et Lefébure. (Note communiquée par M. Darcel.) — Au Garde-meuble.
5. L'inventaire de 1G92 dit : « Paysage et verdure à bestions, d'après les dessins de Fouquières ».
Jacques Fouquier, né en Flandre et mort à Paris en 1C60; il excellait dans le paysage. C'est lui que
Poussin appelait le baron de Fouquier.
6. Portés à VInvcntaire de Vaux sous le nom de Vie de S. S.
7. Ce n'est pas la célèbre tenture faite en Angleterre et actuellement au Garde-meuble, mais
une série de très petite dimension, une aune deux tiers de haut. Les Actes des apôtres de Mazarin
ont trois aunes et demie
8. Inventaire de 1692.
9. Une des nombreuses tentures qu'il ne faut pas confondre avec la première, exécutée à la
Trinité pour Catherine de Médicis. Cette suite porte le nom de Foucquet dans l'inventaire de 1692.
— Au Garde-meuble.
I.i: SURINTENDANT FOUCQUET 47
Tentures : Les Vertus ihuit pièces) ' 900 livres.
Les Duuic Mois iûx^'xhcci)' 3, 000 —
Histoire de Gédéuii (huit pièces)'". . . . 1,800 —
Histoire d'Iphigéuie idix pièces)* .... 4,000 —
Fable de Vulctiin ihuit pièces) "■ .... 11,789 —
Histoire de Salonion ihuit pièces)'"' . . . 8,000 —
Adoration des Rois mne pièceK
En se réservant presque toutes les tapisseries de Foucquct,
Louis XIV n'entendait pas les confisquer pour lui seul et sans profit
pour l'Etat. La magnificence du surintendant, son goût intelligent
des belles choses, ses façons quasi royales, l'éclat de ses fêtes et le
hi\c de sa maison avaient singulièrement frappé l'esprit du jeune roi.
La mcjrt de Mazarin le débarrassait d'une tutelle étroite et gênante;
libre désormais d'agir à sa guise, il résolut d imiter Foucquet comme
un grand prince pouvait le faire et, pour aller plus vite, il emprunta
son organisation qui était toute prête. Le ô juin 166-2, l'hôtel des
(jobelins fut acheté ; on y transporta le personnel et l'uutillage de
Maincy avec les tapisseries en cmirs d'exécutiun et, dès la fin de
l'année, la Manufacture des 'J'apisseries royales était en pleine activité,
(le n'est pas tout : Le Hrun fut nommé directeur du nouvel établis-
scincnl et |)icniicf peintre du Kni. Le \'au, premier architecte; le
Nôtic lut cliargé tle créer \'ersailles. On fit venir de \aux et de
Saint Mandé les |)lus belles statues, les plantes les plus rares, la col-
lectinii ilorangers, le jardinier Trummel pour les .«soigner" et La
(^)uintinic pi)iii- in^talkf le |)i'iager.
Ainsi Versailles et les (jobelins sont les héritiers directs de Vaux-
I . Invcntiiirc ilu Hhij.
3. Pciil-iiirc les Mois i;ii)tt-<^iii-s,'.' Its l><>ii;r .Umv .le llHvfnl.tirr Je .\l.t;jriM oni U mcmc
hnutctir, iiuijs le cour» n'v»! pus le iiiOiiie.
3. l'uui-eire lu inCiiic suite t|uc celle cnialoguec >\ l'/iiivitMirr Jf \'an.v sou» le liirc SHUtoirt
dhrat'l.
4. Invenliiirc >te Hiiu.
b. Kiibriijue île Mi>rlliike, — nu »i.ii.li.-MKiil-lc. le I ii/c.iiu .le I /iift->iMir<- J,- .\/j;jrim 4 ncul
pièces cl celtu-ci huit.
li, Alt tiiir>le-iiie(ilile, >liiiis la série île l'.4Nt'i<-H J'esUmenl.
7. Comf>li:i ./<•.» Kùimi-nix ,iii Ktii publies p.«r J. J. Ouillrcy, anitcc* Hi66 et hVkH Voir aux
Archives nnliuiiules, 0< li/>(, lu /'ri«V Jcs uruN^'rrj, et Duuicux, IVrMt//<«, I, 90.
48 LES AMATKUKS DK I. ANCIENNE FRANCE
Ic-Vicomtc et (le Maincy ; l'honneur de 1 inilialive apjjarUent à Foucquct,
c'est lui (|ui a il<^nné rexcmple et montré le chemin.
La vente puMique coninieiiça en i665 et continua jusqu en sep-
temi)re 1666; elle se fit à Saint-Mandé ' et à Paris, « dans la mai-
son du (latlelan, rue \ ivieiie ' ». Guy Patin écrit à la date du
25 lévrier i()65 : " On procètle ici à la vente de .M. l-"oucquct, on
commence i)ar les meubles. 11 y a une belle bibliothèque; on dit que
M. Colbert la veut avoir; s'il en a tant envie, je crois bien (|u'il l'aura,
car il est un des grands maîtres et a bien de quoi la j^aycr. » En
effet Colbert en avait envie, mais pour le roi; (>arcavi, yarde de la
P)ibliothè(|ue Royale, lut charité d'acheter pour cet établissement
i3,ooo volumes environ. Les comptes des Bâtiments du Roi^ men-
tionnent, en janvier 1667, un payement de 6,000 livres k au sieur
Mandat, directeur des créanciers de M. Foucquet, pour le pri.x; des
livres que le Roy a fait achepter de ceux de la bibliothèque de Saint-
Mandé )i, et un autre payement de 14,000 livres « au sieur Arnoul
pour les livres de l'histoire d'Italie que S. iM. a fait pareillement achep-
ter'' ». Les manuscrits passèrent entre les mains des libraires Denys
Thierry, Frédéric Léonard, Jean Dupuis et Claude Barbin''. J'ignore
si ce sont les mêmes que les 498 manuscrits provenant de Foucquet
et offerts au roi en 1700 par l'archevêque de Reims".
Le roi Fit aussi quelques acquisitions de meubles précieux; elles
sont en partie indiquées dans une pièce manuscrite, conservée aux
1. Le 3 sept. i6ij6, M. de Chenciië écrit à Colbert : « Je suis en peine de savoir si parmi les
bustes," termes, mausolées, figures et tables de marque de Saint-Mandé, il y en a quelques-unes à
marquer pour le Roi ; Ton en fera demain après midi la seconde exposition pour la vente à la hui-
taine. » {Arcli. Bastille, III, 35-3(3.)
2. Is'oiivclle estimation des pierreries de Vaux, Appendice, page 75. Fr. Catelan était conseiller
du Roi en ses conseils et secrétaire du Conseil d'Ktat et direction de ses finances; il fut compromis
dans les affaires de Foucquet et enfermé à la Bastille.
3. Déjà cités.
4. Probablement les mêmes que Foucquet avait acquis de Raphaël Trichet du Fresne, fils de
Pierre Trichet : « Il avoit fait entr'autres une collection de livres sur l'histoire d'Italie, que M' Fouquet
avoit achetée de luy quatorze mille francs. » [Pierre Trichet, par Dezeimeris, Bordeaux, 1S78.;
5. M. le baron Pichon possède un petit in-iu de Ô2 pages, intitulé : Mémoire des manuscripts
de la bibliothèque de M. Foucquet, qui se vendent à Paris chez Denis Thierry, Frédéric Léonard,
Jean Dupuis rue Saint-Jacques et Claude Barbin au Pallais M.D.C.LXVll. Dans une lettre du
i3 sept. i6(3.i, le libraire Cramoisy informe le chancelier Seguier qu'il a fourni à Foucquet des
livres pour une somme de 23,ooo livres dont il n'est pas payé. Bibl. nat., mss. fonds fr. 17398.
N. -Mb. de la Fizelière, la Rymaillc, p. 144.
. '-iy^l ■
A.'P
K*
3 9
< -i
LE SURINTENDANT KOLCQL'ET 3i
archives de lOise, intitulée VEstal de ce qui a esté vendu et adjuge au
Roy à l'inventaire fait des meubles de M. Foucquet ' . Ce sont des
étoffes de soie, des objets en cristal de roche, montés en or émaillé
et en vermeil, des tables de porphyre et de marbre; quelques-unes
de ces pièces doivent se trouver à la galerie d'Apollon.
La Manne du Poussin fut-elle achetée par le roi ou réserA'ée pour
lui avant la vente comme les tapisseries; Kn tout cas, ce chef-d'œuvre
faisait déjà partie du cabinet du Roi en 1G67 et fut l'objet d'une dis-
sertation savante de Le Bru devant les membres de l'Académie de
peinture'. En 1709, la Manne ornait le petit appartement du mi à
Versailles; elle est au Lnuvre.
Le Louvre possède un autre tableau venant de Foucque., la Ctr-
cuncision de Bagnacavallo^ ; Le Brun s'en rendit acquéreur à la vente.
La Circoncision passait alors pour un ouvrage de Jules Romain; en 1084
elle appartenait au peintre Bonnemer iiui la vendit au roi 6,700 livres,
par l'entremise de Charles Hérault.
Les quatorze Termes modelés ]iar le Poussin furent enlevés de
Vaux en 1(381^; ils sont à Versailles, dans les anciens bosquets de la
Girandole et du Dauphin (quinconce du nord et quinconce du midiK
L'exécution est assez faible en général, mais la composition a tous
les caractères du maître'. (\'oir le dessin d'une de ces ligures.» Quant
aux deux « vases à l'antique », que l'on croyait encore dans les maga-
sins de \ersailles\ latlministrateur actuel. M. le comte ('lément de
Ris, m'assure ijuil ne les a jamais vus.
\.' Hercule gaulois île Puget n'était pas encore terminé au mo-
ment de la disgrâce de l'ouci|uet ''; Colbert le lit venir en l-'rancc
|îour le i)lacer dans un des bosquets de Sceaux. Ce beau marbre a
passé de Sceaux au Luxembourg et de là au Louvre.
Le inar.|uis de Seignelay acheta de .Michel .Vnguier trois ligures de
I. t.ciiL- l'icic l'.ir.iii iiu'icMiltu. A||viuliie, pn({C loi.
•j. Kclibicti. Il, .("'>
H. N- ;<iMi. t.alKtlofiiu- VtUot
4. A. lie Mnmiii(!l'«n, .IrcA. Jf l'art fraHciixs, 11, i* wrie, iKi.
h. Id.. ibiJ.
(■). Miiiictlc, AbnrJarto, m nxn /'M^f*. l»<>U|;ercl iMure <\\w VHcfxulr fut «chclc J"«l>or\l p«r
Dus Niiycr». lil» ilii sccrcirtire .n%ui. V..tr /'icrrr /'«^T». yAX I. I.«nr»ngc 64frtfr. XVIII, 'i<».
52 i.KS a.m.\ii:i;ks dk i.ancik.nnk franci-:
pierre de Vernon, (|u'il avait exéciitées pour la maison de \aii\'. et
les installa clans le parc de Sceaux. Les treize statues d'après l'an-
tique, qui décoraient lu nralcric de Saint-Mandé, furent divisées; J)e
rislc, architecte, en acheta cinq qu il j^laca dans son jardin, rue de la
(^)uturc Sainte-datlieiine, à Paris; les huit autres furent envoyées à
Choisy-, chez la marquise de Louvois.
Une des plus belles statues de \'aux, \' Antinous antique de
bronze''', couiut d'autres aventures. Un vieux domestique, sachant le
piix t|ue l'on y attachait, voulut la conserver pour les enfants de
son maître et l'enterra dans une cave, ce qui ex|)lique comment elle
ne ligure sui' aucun de nos inventaires. Plus tard, le marcpiis de
Bellc-Isle, lils du surintendant, chercha les moyens de s'en défaire ; il
chargea Mariette, le père, de négocier la vente au prince lùigènc,
grand amateur d'objets d'art; l'afiaire ne fut conclue qu'en 1717. \^ An-
tinous entra dans la galerie du prince à Vienne; celui-ci le revendit au
prince de Lichtenstein qui l'olFrit au roi de Prusse; et le bronze fut
porté à Sans-Souci''.
Rcllc-Ilc, que Foucquet avait acquis en i658, demeura la pro-
priété de sa femme pour ses reprises ■% et fut érigé en marquisat en
faveur de son petit-lils.
Saint-Mandé fut acheté par Titon, directeur des manufactures
d'armes et secrétaire du Roi*', pour le compte des Hospitalières de
Gentilly. Elles occupaient encore la maison en lySS.
Quant au château de Vaux, voici ce que nous avons appris sur
son histoire. M'"" Foucquet, séparée de biens avant la condamnation
de son mari, avait ]ui conserver une partie considérable de sa fortune.
Le 19 mars lôyl-i, elle racheta aux créanciers, movennant le prix de
i,25o,ooo livres, la vicomte de Melun avec la terre de Vaux et d'autres
terres et seigneuries ''. Di\ ans après, elle en lit donation à son fils
I. Mcm. des Acad., I, 441'), imtc 2.
■2. G. Bricc, I, 321, et Hurtaut, Dictionnaire, au mot Choisy.
3. Quatre pieds de haut.
4. Mariette, Abecedariv, 11. 2?ii, au mut Fuiicquet.
5. Chcruel, II, 4rii'>.
6. Père de Titon du Tillel. Il habitait non loin de là, rue de Montreuil.
7. Voir une lettre de Koucqiiet à sa femme à ce propos. Chéruel, 11, 4.^7.
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34 LES AMA I i:i;US DK I.ANCIENNK FKANCIi
aine I -nuis-Nicolas Foucqiict, par ilivcrs actes cntrc-vifs des i3 février
i683, 3 août 1689 et 14 mars 1703. (^e lils étant mort en ijob sans
postérité, sa mère, « héritière pai- liénéfice (.l'inventaiie des meubles et
aciiuets et des choses pai- elle données au défunt seigneur conile de
Vaux, son fils », vemlit la teire le 29 août lyoD à k très haut et très
puissant seigneur M*" Louis-Hector, duc de \illars, chevalier des ordres
du Roi, maréchal de France », pour le ]iri\ princi|)al de 5(K),cj(K) livres
et différentes charges. La terie de \'aux constitua dès lors la duché-
pairie de Villars.
Le duc de Villars vendit à son tour, le 27 août 1764, à « très
haut et très puissant seigneur M*^'' Ccesar-Gahriel de (^iioiseul , duc
de Fraslin , ])air de I*'rance », moyennant 1,600,000 livres.
La terre est restée dans les mains de la famille de Choiscul-Praslin
jusqu'au (') juillet 1875, époque à laquelle M. Sommier s'en est rendu
acquéreur '.
L'œuvre de Le Vau a survécu, le bâtiment est en parfait état.
Quelques appartements, remaniés par les anciens propriétaires, aban-
donnés, repeints ou mal entretenus, avaient souffert. M. Sommier a
entrepris la tâche délicate de les restaurer dans les limites du possible.
La direction des travaux a été confiée au goût sûr et distingué de
M. Destailleurs, architecte ; on ne pouvait mieux choisir. Grâce à lui,
les anciennes distributions ont été rétablies, quelques réparations né-
cessaires ont été entreprises ; on a retrouvé, sous les anciens badi-
geons, un plafond et des peintures remarquables de Le Brun ou de
ses élèves. Le sfrand salon a conservé son ancienne décoration circu-
laire et les belles cariatides soutenant la coupole. Les trois plafonds
de Le Brun, l'Apothéose d'Hercule, le Triomphe de la Fidélité et le
Morphée existent encore, ainsi que les deux statues de Tibère et A' Au-
guste, les quatre bustes avec draperies d'albâtre oriental, un Trajan
et une Muse au pied de l'escalier, et trois statues dans les jardins'.
1. Je dois CCS renseignements à robligeance de M. Sommier.
2. Le Louvre conserve le dessin d'un fronton avec Técureuil de Foucquet (Dessins, suppl.
n" 1870). M. Alfr. Beurdeley a bien voulu me permettre de reproduire un dessin de sa collection, de
la main de Le Brun, représentant les armes et la dc\ise de Foucquet. Ce dessin a tiguré à l'E.xposi-
tion du Musée des Arts décoratifs, n° 228.
LE SIJKINTENDANT FOICQIET ?5
Tout le reste, mobilier, objets d art, tentures et tableaux, a dis-
paru'. M""' Foucquet avait gardé pour elle un petit nombre de meubles
dorés, souvenir des anciens jours; après la mort de son mari, elle se
retira au \'al-de-Gràce et fit transporter son mobilier dans un des
pavillons extérieurs où elle vécut, pieuse et solitaire, jusqu'en 1716-.
f)r, au mois de mars 1700, un édit royal ordonnant aux particuliers
de déclarer et de porter à la Monnaie tous les meubles dans lesquels
il entrait de Inr ou de l'argent, la veuve de Foucquet comparut à
son tour devant le commissaire de son quartier et fit la déclaration
suivante ' :
« Et ledit jour i2i avril 1700K est comparue Maric-Magdeleinc
de Castillc, veuve de messire Nicolas Foucquet, surintendant des
linanccs, demeurante dans l'un des pavillons du \'al-de-Gràcc, qui
nous a déclaré qu'elle a un lit de campagne découpé destoffc d'or et
d'argent avec les chaises pareilles, une tenture de tapisserie de damas
à demi lé/, de brocart d'or, vingt chaises et un bois de lit de bois
doré, un sopha à six places de munie, un lit de tapisserie et les
chaises garnies de frange d'or, six petites consoles, douze petits pieds
dorés, deux guéridons et deux tables et un bureau dorés en partie, un
petit lit tout garni dune dentelle or et argent". " \'oilà tout ce qui
restait alors des splendeurs de Vaux et de Saint-.Mandc.
r. Diiji^ en H'M, M** KoucqucI .se plaint au Roi Jet dcprcJalions cuinmitcx (Mr tct «ilcnU;
voir i\ ce sujcl la note pnge 8M, sur n le noiiiinc ilWngevilIc ». I.c* gardes Je Sainl-ManJc, ajoute
M"' roiii:t)Uet, se sont portes jusqu'à tel point Je linrJiesse iiu il» ont ouvert un cabinet Jans Icj u !
était un ^riiml nombre Je meubles Je fort );ranJ prix; il y avait Jcs linges tins |viur Je granU''
sommes, Jes bnnJes Je lit en broJeries J'or et J'argent, et un si granj nombre Je choses Joni elle
ne peut se souvenir, qu'il a fallu un long temps pour les prcnJre et les transponer. Néanmoins tout
a été vole et enlevé par les fenêtres ou autrement, les portes et fenOtrcs se trouvant très renfermées,
ce >|ui ne peut avoir été l'ait i|ue publii|uement par les garJes, ou à leur vu et su. Je leur |\inici|>a.
lion et Complicité (\-lte perte se monte à plus Je vingt mille livres, >)ui ne tournent |viinl au prulil
lie Votre Majesté, et i)ui vont A la ruine entière des créanciers, entre les>)uels il )r a un nombrv
incroyable Je pauvres familles Je toutes sortes J'artisans ■ ,.lrcA. llasùlU, II, 171 cl iH.<<, au
sujet J'un bris Je scelle et J'un vol coininis A Saint-ManJe.)
i. Saint-Simon, XIV, iii, éJ. Hachette, h'aprcs une note Je Jal, au mot FotK^itrt. M— Fouc-
quet s'était procure, je ne suis comment ni pourquoi, le corps Je saint l.ibcrat, n>*nyris« k
Oarthage, qu'elle tit porter proccssionnellemcnt à Saint-Jacques Ju llaul-l\is. le 17 août ttkfn.
.^. liulIclinJc la SocifW Je l'hisloire rfc r,vl /r,VH-ait, ï* anncv, juillc- ■<■-■ :■ =«* ....... 1,.
M J. J (luilTrey.
4. Il me semble reconnaître ici Jivcrs meubles Je VlHVfMlitirr Je t'dii.t. k lu Uc >,4ii>)\agni: Jc
Foucqiiel et queU|UCS parties Je l'ameublement Je la chambre Je M~* i-oiicqucl a Vau\.
56 i.KS AMAri;i:i<s m; i. .\N(;ii;nm-; i-I{ancl:
Ft les sarcophaijcs ? — Nous les avons laissés dans la j^^alcric de
Saint-Maiiilc, attcntlant le nouveau jnoemenl (|ue I.e iiiun leur jjrcpa-
rait dans les jardins de \'au.\. A la vente de l'oncquct, un sculpteur de
l'aris, dont le nom est inconnu, les acheta et les revendit à Le Nôtre'.
Le Nôtre était un L^rand curieux; il occupait aux Tuileries, près de
la «grande écurie, un j)etit pavillon encombré de tal)leau\ précieux,
d'antiques, de médailles, d'estampes, avec des « ])orcclaincs et vernis
(laques) de la (Ihinc fort rares- », Les deux monuments de pierre ne
purent trouver place dans la maison ; on fut obligé de les déposer
« dans le petit jardin des Tuileries, où ces rares pièces restèrent très
longtemps exposées aux injures de lair et loit néijli/T^écs'' «. De fjuerre
lasse, et ne sachant nù les caser, Le Nôtre en lit présent à son voisin
Bcrnin de \'alcntinay d'Ussé, contrôleur i^énéral de la maison du
Roi, ilnnt le jardin donnait sur les Tuileries. Celui-ci les lit dresser
« à l'extrémité d'une allée couverte ilun berceau où, dit (jcrmain
Urice, il ne paroit pas que l'on en fasse grand cas, ni que Ion en
connoisse le prix et la rareté ».
l]n lôqS, le docteur Lister, visitant les curiosités de Paris, voulut
étudier ces reliques fameuses, dont la réputation était européenne;
« par malheur, M. de Valentinay les avait envoyées à sa maison de
Tours peu de temps avant notre arrivée à Paris. On dit qu'un de ces
tombeaux est de pierre de touche noire, qu'il a été apjMuté de la
haute Egypte et qu'il est rempli d'hiéroglyphes ^ y
En effet, M. d'Ussé qui avait épouse en 1C91 Jeanne Françoise
Le Prostré de ^'auban, la fille du futur maréchal, avait amené à Ussé, en
Touraine% sa jeune femme, — clic avait douze ans et demi, — • et ses
vieux sarcophages. Le château d'Ussé réclamait de grosses réparations;
Vauban offrit à son gendre de se charger de la besogne, on l'accepta;
naturellement il trouva moyen de construire une terrasse, — l'ingé-
1. G. Brice, iGc)S, I, 1-14.
2. Spon, Antiquité^ de la ville de Lyon, niyl^p. 2i(). Voir .lussi Lister, Voyaf^c à Paris, en 1608,
p. 47, où il rend compte d'une \isite à la collection de Le Nôtre.
3. G. Hrice, id.
4. Lister, p. loS.
.T. Ail conlUient de Tlndre et île la Lnire, canton d'.\zav-Ie-Rideaii.
LE SURINTENDANT FOUCQUET 5^
nieur ne perd jamais ses droits; — la terrasse fut faite et, dans la
partie inférieure, on réserva une niche tout exprès pour loger les deux
Égyptiens.
C'est là que La Sauvagère les vit en 1750. H habitait aux envi-
rons, à deux lieues d'Ussé, et s'occupait beaucoup d'antiquités locales;
il se passionna pour les sarcophages et publia sur leur compte une
dissertation sous forme de lettre adressée à Court de Gébelin, avec
deux planches reproduisant un des monuments et la copie des hiéro-
glyphes'. Trente ans plus tard, en 17S0, La Sauvagère se trouvait
encore à L'ssé; le prince de Montbazon venait dacquérir le château et
notre antiquaire, lui indiquant un des sarcophages, ne put s'empêcher
de dire : >< .Mon prince, vous avez là un morceau qui vaut à lui seul
autant que votre terre! - .Monsieur, reprit celui-ci, si vous voulez, je
vous fais présent de onze cent mille francs : la terre m'en coûte douze
cents, et je vous lais.se la statue pour cent mille. — La Sauvagère
1 aurait pris au mot sil eut p(jssédé cette somme". «
A la Révolution, la terre d'I's.sé appartenait à Louis-\incent
Roger, marquis de Chalabrc, qui avait émigré. Son fils la vendit
en iS.,7 au duc de Duras^; mais, comme il attachait une valeur
particulière aux deux tombeaux, il refusa de les comprendre dans la
vente, leur lit faire une .seconde fois le voyage de Paris, et les installa
chez lui, ..{1 tout le monde lut admis à les voir'. Depuis cette
époque ils avaient disparu, .sans que personne ait appris ce qu'ils
étaient (!e\enns.
Or, en 1.S4X, un archéologue parisien bien connu. M Konnardot,
vi.sitant l'ancien cimetière de labbaye de Lon^champs, démolie à la
Révolution et convertie en ferme, déc.uivrit, sur les bords d'un chemin
traversé p;u les charrettes, deux pierres émergeant du sol et pré-
.. A-.V.,., /./.„„,.,„„,., Jan., Us Ca..,,.. p..r I.. .S.,uv„scrc l'an.. ,7;o. p. 3,9.377. U «poi,..
Je Court >lc (.cbcli.i CM imprimcc A U lin ,tti recueil. V il ^ «l'w.w
i. Dui'ciii-lhouiii», /»io/,'r. miiv., nrticlc Im Sauragèrc.
.luclcin. '^""'""■"'' ""' '■ ''"'"■"'"■■ ""' "•'''"""" ""i""^^'"""' ^ •^'- '* ""Nuin: Je U Roch.i.c-
.,. l)upc.i,.| h.,u.M >. .J - t:h«lM.cl. ,J.. III. ..., j..„„, ,.„, ,,^i„„ ji^^^„,^ ^
c c...„e« .le ho,. ,^..m rcfennec, .lan., le. .,rco,.h«Kv.. u.n.ba.en, .Ic.A en ru.n» M, Je CluVbn,
le. .^.. .. ..„e. ou M. Ue„.e„, Je Hl, en a .u une ,.r,ie en .p.embre .y.s ,;„ j,,,., ..„, J^Z
3s i.Ks am.\m;iks 1)1-: i.an(;ii:nnk i-kancl;
sciU;iiU la Idiiuc de tlcux tclcs loiliccs d'iiiic tacon hi/anc. lin Imiil-
lanl la tcirc avec sa canne, M. i'utnnardni icconnut deux tombeaux
é!;v|)liens à fac humaine, il signala sa découverte au propriétaire de
la leinie i|ui lialiitail l'aiis et i|ui n'élait autre <|ue M. de Chalabre,
le lils de celui dunl nous venons de |)arler. Ce dernier, ne sachant où
])lacer ces tleux |iièces encombrantes, les avait fait transporter à la
ferme de Loni^champs pour s'en débarrasser, et avait lini par les
oublier '.
il n élail t|ue temps de les sauver; on sempressa de les déterrer
poui" les ramener une troisième lois à Paris, et voilà nos deux voya-
geurs encoi^e sur les «grands chemins. Sur ces entrefaites, le ])ro-
priétaire nioui'ut laissant un héritiei" mineur. Il fallut liciter, faire des
annonces, une notice imprimée, une exposition publique; bref, la vente
eut lieu le K) décembre 1844, ]Kir le ministère de M^ Malard, coni-
missaiie-priseur. M. Roi;er de Chalabre, avocat, et ses deux sœurs
M'"" 'Irisant de Heaumont, déclarés adjudicataires, s'empressèrent
d'ollrir ces précieuses reliques à la Liste civile, et celle-ci les accepta
l'année suivante, en 1843 ■■'.
Les sarcophages reposent enlin dans les salles du Musée éci^yp-
tien, au Louvre, sous les numéros D 5 et D 7 " ; ils ont bien gagné
leurs invalides. La science moderne a déchilFré les noms des pro-
priétaires : ils s'appelaient, l'un Hor-Kheb, l'autre Ank-mer, deux
pcrsonnaocs inconnus, et vivaient sous la 26"^ dynastie; les rois Chéops
et t>hephren ne sont pour rien dans 1 aventure.
I. M. Himii u\li)[, auiiUL'l je dois ces détails, ma montre le plan des lieux dressé par lui-
même d'après tin plan de 17M7 ^uc M. de Chalabre lui avait confié. Conf. la version purement
inia;;inaire de M. Gresy, p. 8, note.
j. .Vrchives du Louvre, dossier de Chalabre.
li. .l'ai fait connaître cette longue histoire à M. P. Pierret, conservateur des antiquités égyp.
tiennes au Louvre, qui en a fait l'objet d'une notice insérée dans la Revue égyptotogique, ï' année,
n" I, iiSSi. ...
B^TOJfe^^ï;gg^i^s<g3®^
J
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¥.
•■^^1^ ♦-^
c:illKhKK DE NICOLAS FOUCQUET,
JU-dcssiiM dune Jcs fonclri.'> du chûloau de Vaux.
PRISEE DES BUSTES ETANT A SAINT-MANDE
2 0 F E V l< I K K I t» 0 ()
Archives nationales, O' i(fn.)
Nous soubzsignés Jacques Houzeau sculpteur ordinaire des hasiîmcnis du Roy et de
l'Académie Roialle et Jean Le (irue maisire sculpteur de celle ville de Paris, experts nommes
d'office par le procès verbal de Monsieur de Saincto Heleinc conseiller au Parlement de Rouen
commissaire de la (Chambre de Justice, des trois et six febvrier dernier, de nous cmploicr et
travailler en nos âmes et consiences comme experts h l'estimacion et prisée des statues, bustes,
antiques et modernes, scabellons, colonnes, tables, pavez, et autres ouvrages de marbre, de
bronze et de pierre qui sont dans les apartements de la maison, jardin de St-ManJc apparte-
nant Il Monsieur Foucquet cy devant surintendant, appres avoir preste serment en justice,
nous nous sommes transportés audit lieu de St-Mandé ou nous avons veu et visité tous
lesJits iiurraifes qui suni dans les appartements, jardins de ladite maison, a la prisée et
estimacion desquels nous avons proceddé comme il ensuilt :
I' K l: M U: K E M K N T l> A N S I. A U A t. K R I K
l.e niinilire de trente-trois bustes tant de bronze que de marbre de diverses i;ranJcurs CI
tant anciens que modernes, les uns avec leurs scabellons, les autres sans scabellons, lesquels
bustes nous avons mis et prisci, scnvoir dans lu galleric douic bustes de brome modernes
csj{iiux avec leurs scabellons a raison de cent livres pièce ijool. t.
Trois autres bustes inesK-""' ''*•■ bron/e nïoderne sans scabcllon a raison de quntre-vingl
livres cbacun j^O I. I.
02
i.i:s AMATi:i:us di: i/anciknni; ruANCh:
l.ii hiistL- tic femme :iiitici.|iic ilc iiKiilirL' avec scabcllon . .
Ij'ii Ixiste de femme anticquc de marbre
Un demi-liuste d'homme et escabellon
Un buste de femme et escabellon
lin buste de femme plus petilte, sc^ibellon
Un buste d'homme scabellon
Un buste d'homme demi-nature un peu f;asté au nez, scabeiion
Un buste grand comme nature nez rompu et escabellon. .
Un buste antlcque d'homme sans scabeiion
Un buste anticque d'homme sans scabeiion
Un buste de femme anticque nez racommodé plus grande que
Un buste d'homme grand comme nature avec escabellon .
Un buste moderne de Senecque et escabellon
Un buste moderne de Socratte et escabelUju
Un demi-buste anticque sans escabellon
Un demi-buste anticque sans escabellon
Un demi-buste de femme moderne sans escabellon . . .
Un buste de femme demi-nature anticque
Un buste de femme anticque
Demi-buste d'homme anticque
Un demi-buste de femme anticque
Un demi-buste d'homme anticque
Un buste demi-nature
.scabeiion
120 1. t.
I20 1. I.
100 1. t.
120 1. t.
70 1. t.
lOO 1. t.
-o 1. t.
70 1. 1.
120 1. t.
120 1. 1.
J 20 1. t.
120 1. t
120 1. t.
120 1. t
20 1. t
20 1. t
10 1. t
10 1. 1
10 1. t
10 1. t
10 1. t
lOl. t
10 1. t
l' I G U H K s E N T I K R K s
Deux Mosolles anticque représentant un Koy et une Reine d'Egipte ". . . . Soo 1. t.
Quatorze figures de pierre de Tonnerre representans les Dieux et Déesses grands
comme nature a cent livres pièce '400 '• t-
Une grouppe de 200 1. t.
DANS LE SAl. I.ON
Une ligure d'un Mercure antique restorée 3oo 1. t.
Une tigure d'Appolon anticque restorée 3oo 1. t.
Un buste anticque avec escabellon femme 120 1. t.
Un buste anticque avec escabellon jeune homme 120 1. t.
Un buste anticque femme avec escabellon 120 1. t.
Un buste anticque jeune homme avec escabellon 120 1. t.
AU DEHORS
Huict bustes de marbre moderne posés sur des consoles a l'entour de la gallerie et du
salon à soixante livres pièce 4<'0 '• ^■
Un autre demi-buste sur la porte de l'Orangerie 60 1. t.
1. Ce soin les Jeux sarcophages.
PIECES JUSTIFICATIVES -..
Il A N s LA B I B r. I O T E Q ir E
Deux bustes demi-nature de bronze estimés chacun quarante livres .... 80 I. t.
DANS I. E GRAND CABINET DE I. 'OHASGEKIE
Un Bascus ^Bacc/itt5; anticquc demy nature restorée iîo 1 t
DANS LE PAKTEKRE A GAUCHE DU COSTÉ DE LA GAI.LERIE
Un Terme unticque d'un adolescent avec une drapperie sur la teste ... 70 I. l.
DANS LK l'A K TERRE A l) R O I T E DU COSTÉ DE LA G ALLE RIE
Une figure d'adolescent vestue en sénateur 100 1. t.
DANS LE GRAND l' ART ERRE
Une figure de Flore de marbre moderne avec son pied d'cstal de pierre . . . lOo I. t.
Une autre d'une romaine coppie d'anticque 130 I. t.
Quatre quadrans au soleil de pierre avec leur pied composé de trois cntTans satire u
dcmy ruinés le tout i3o 1. t.
DANS LE PETIT JARDIN KERMÉ EN BERCEAU
Une figure d'.Vtelanie moderne avecq son pied d'estail . . ioo I. I.
DANS I.A DEMV-I.USE AU BOUT DU JARDIN
Une figure d'un empereur anticque avec son pied d'estail . . 5oo 1. t.
DANS LE PETIT JARDIN DE I.'aUTKB COST^ OK LA RUE
Une figure moderne coppiée d'après lu Venus de .Médici^ ■
DANS UNE SALLE A MANGER
Une fontaine de marbre blanc avec sa cocqtiille et un onllani au-dessus six cens
livres Thmi 1 i
DANS I.K M Al. A/ IN
Une Venus île Monsieur Sanuin non achevie. l'n Mi<oii<( t/î.nvAii.«» ndoicvccni entier
demi-nature anticque resioré 300 I. t.
Un autre adolescent de mesnK' grandeur qui porte un Mgne aoo I. I.
Douze scabellon> desmonte/ marbre i.i>pc et un peu ruines u trente livrv» pièce J«>o I. t.
64 LES AMAIi:i:i<S UK I.A N Cl i: N N H IKANCE
Deux demi colonne de mesnie ni:irbrc en forme d'escabellons dcsniontés à quarante
livres chacun Ko 1. t.
Deux t;ililes de marbre jaspée octogonncs avec le pied en forme de balustrc a soixunle-
di\ livres pièce 140 1. t
Deux tables de marbre noir et blanc a quarante livres pièce Ho 1. t
Une table de marbre rougeastre et blanc 40 1. t
Une table de masticq noir gravée blanc entière 3o 1. t
Une autre de masticq rompue 20 1. t
Deux bouUes de marbre rouge et blanc. Une pièce en forme de corps de vase de marbre
noir 20 1. t
U'ne grande table de marbre rouge et blanc avec son pied de vieux bois ... 40 1. t
Une autre table octogonne de divers marbre en compartimcns avec son pied de
bois • (jo 1. t
U'ne autre table de marbre vert dilférent d'une seule pièce 60 1. t
Une autre table de cuivre damasquinée 3o 1. t
Deux autres tables de bois de ceddre d'une pièce chacune 00 1. t
Signé : Jean lk Guut: et Housseau.
1,'an mil et soixante six le vendredi \ingt sixième jour de febvrier deux heures de relevée
par devant nous Jacques le Cornier de S''-' Heleine conseiller du Roy en sa cour de Parlement
de Rouen, commissaire en la Chambre de Justice et en cette partie en nostre hostcl scis rue
Montmartre.
Est comparu M'' Jacques Housseau sculteur ordinaire des bastimens du Roy et de la
cadémie roialle et M'' Jean Le Grue maistre sculpteur de cette ville de Paris lesquels, après
serment par nous pris d'iceux en la manière accoustumee, ont affirmé en leur consicnce
le raport et apreciacion par eux fait cstre véritable et ont signé, signé : Jean Le Crue
Housseau et Le Cornier de Saincte Hcleinc.
Ll Coumer de S"; Hllene. Housseau. Jean Le Grue.
ESTIMATION
MÉDAILLES TROUVÉES CHEZ M. FOUCQ.UET
DU 0 MAI 10 00
(Archives nationales, 0> 1964.)
L'an mil six cent soixante-six le sixiùme jour de May deux heures de relevée par devant
nous Jacques le Cornier, seigneur de Ste Hélène, conseiller du Roy en sa cour du Parlement
de Rouen, commissaire en la chamhre de justice et en cette partye en nostre hosicl sis Rue
des Fosscz Montmartre.
Est comparu M'- Joassin de IHourdey conseiller du Roy au siège prcsidial d'Angers ei
substitut du procureur général du Roy en ladite chambre lequel nous a dit et rcmonstré que
par arrcsté de ladite chambre du sixième avril dernier rendu en nostre rapport par lequel
entre autres choses il est ordonné que les médailles trouvées à St Mandé qui ont appartenu
à Nicolas Fouquet, cv-devant surintendant des finances, seront apporter en cette ville pour
estrc procédé à l'estimacion d'icelles par experts dont les parties conviendront par-devant
nous, autant qu'il en sera par nous prié et nommé d'office pour, ladite estimacion laite. C-trc
procédé i la vente d'icelles en présence des parties intéressées ou icelles seulement nppcleci.
En exécution duquel arrcst il aurait prié nostre ordonnance en vertu dclaquelle il aurait fmil
assigner à cedit lieu jour et heure par-devant nous les sieurs directeurs des créancier» duJit
Fouquet au domicile de M' Jean Rossais leur procureur. M' René Roy. lutteur des enfants
mineurs dudit Fouquet, Inocent Regnaud curateur aux biens confisqués au domicile de
M' Thomas Guerin. aux fins do procéder à la nomination d'experts enexécucion dudu arrest
pour l'estimacion desdites médailles pour estre ensuite procédé à la vente d'icelles. ainsy qu'il
nous est aparu par l'exploit de Leblanc huissier servant en ladite chambre, estant au bas de
notre susdite ordonnance du jour d'hui cinquième du présent moys et an. contre lesquels
non comparant ledit substitut Augnon nous a requis detîault et pour le proffit qu'il nous plai.e
présentement vouloir nommer d'olfice tels experts qu'il nous plaira pour procéder à hidite
prisée et estimacion desdites médailles.
II. L. ClICNELKTTK.
Et .\ l'instant est comparu M- Jean Rossais procureur des sieur» directeur» de» créancier»
dudit l-ouquet lequel nous a dit qu'il compare pour satisfaire * ladite ordonnance et a»»i-
gnacion a luy donnée au nom dicelle et déclare qu'il se rapporte à nous de nommer le»
•I
..'. LI-;S AiMA'li:U KS 1)1. I.ANCIliNNi: lUANCK
experts iju'il I1CHIS philiM pour pr.)i:c'Jc:r à hiditc prisée et cstimucion dcsdiics mcilaillcs en su
prcsence ou luy diiumcnt appelé.
Rossais.
INt iiussy Lompniu M' Klmio Koy procureur au l'arlemcnt et tutteur Jes enfants mineurs
iludit sieur Kouquet lequel nous a dit qu'il compare pour satisfaire à nostre dite ordonnance
et iissi;.^nacion donnée en vertu d'icelle et déclare qu'il est prest de convenir d'experts et de
sa part et des a présent qu'il convient de la personne de Louis de Pluvicz, marchand orfebvre
jouaillier en cette ville de Paris deniourant sur le quay des Orfebvres, proche le Palais, à
l'enseigne de la Thoison d'Or, pour procéder à ladite prisée et estiniacion des susdites
médailles en sa présence ou deument appelé
Roy.
Surquoy nous conseiller et commissaire susdit avons donné acte auxdites parties de leur
comparucion droit et réquisicion et deffault contre ledit Innocent Regnaud et Guerin son
procureur non comparants et pour le prolTit duquel, conformément audit arrest du sixième
d'avril dernier, nous avons nommé d'otlice pour taire la prisée et estimacion desdites médailles
dont est question la personne de Thomas Le Cointe ' antiquaire du Rov, demourant à Paris
rue des liourdonnays, lequel sera assigné à comparoir par-devant nous demain septième du
présent mois, deux heures de relevée, pour faire le serment en tel cas requis et accoustumé
et procéder à ladite prisée et estimacion en la présence des susdites parties laquelle fin
l'assignation continuée.
Le Corn IKK de .S ai ntk-I1 ki.knic .
Ht ledit jour septième du mov de may Hiciii deux heures de relevée, devant nous conseiller
commissaire soussigné est comparu le sieur de l'Hourdey substitut lequel nous a dit qu'en
vertu de notre susdite ordonnance il avoit fait assigner à cedit jour lieu et heure la personne
de M'' Thomas Le Cointe antiquaire du Roy expert par nous nommé d'office pour procéder
à la prisée et estimacion des médailles dont est question, à laquelle assignacion est comparu
ledit Le Cointe duquel ledit sieur de l'Hourdev nous a requis vouloir prendre le serment de
bien et fidèlement procéder à la prisée et estimacion en la présence des parties.
H. L. Chknelettk.
Est aussy comparu ledit Rossais procureur desdits sieurs directeurs des créanciers dudit
sieur Fouquet lequel nous a dit qu'il n'a aucun moven pour empêcher l'exécution des arrêts
de la Chambre et nostre ordonnance rendue, en conséquence et conformément à iceux que
le serment soit par nous pris dudit Le Cointe de procéder à la prisée et estimacion des
susdites médailles.
Rossais.
I. Tbomas Le Cointe tut garde du Cabinet des antiques de i66^ à 1684. 11 avait formé un cabinet important de
curiosités, Sauvai dit qu'il avait « des émaux du dessein de Raphaël pour plus de deux mille livres » ; il possédait aussi
des pierres gravées et les célèbres creux des Padouans. Le Cointe donna ces creux eu 1670 au Cabinet de Sainte-tjene-
viève; ses pierres gravées furent achetées après sa mort par le Cabinet du Roi. Spon le cite parmi les curieux parisiens :
1' M. Le Cointe, rue Saint-Honoré, médailles, tableaux, agathes et bronzes. ■
PIKCES JUSTIFICATIVES 07
Est aussy comparu le sieur Roy procureur susnommé lequel a fait pareille réquisicion
que ledit Rossais.
Rov.
Sur quoy nous conseiller commissaire susdit avons donné actes aux parties de leur
comparucion, droit et réquisicion et pris le serment dudit Thomas Le Cointe antiquaire du
Roy, lequel a juré de bien et fidèlement faire la prisée et cstimacion des médailles dont est
question.
Le Corsmkr t)K Saintk-Héi.ène. Le Coiste.
Ce faict, est comparu M' Hierosme Leblanc huissier en la cour ser>ant en ladite chambre
lequel nous a représenté le collrc dans lequel ont esté enfermez Icsdites médailles et sur
lequel nos scellez sont apposez et après avoir iccux scellez rccogneus seins et entiers, avons
iceux levez et lesdites médailles mis es mains dudit Le Cointe pour les voir et considérer
à son loisir, ce qu'ayant fiiit et après avoir compté et prisé les médailles d'or qui estoient
dans ledit cotl're s'est trouvé trente une médailles du hault Empire et vingt-six du Bas-
Empire y compris une pièce carrée aussi d'or de la Chine, tant petites que grandes, le tout
pesant un marc trois onces cinq gros et demy à raison de cinquante-troiz livres dix solz
l'once, et après avoir examiné les médailles d'argent, tant grosses que petites, s'en est trouve
dix marcs trois onces deux gros et demy estimé à vingt-trois livres dix solz le marc, cl les
médailles de billon tant grandes que petites s'en est trouvé quatre marcs qui ont esté prisez
à neuf livres le marc, et à l'csgard des médailles de bronze tant grandes que petites s'en est
trouvé vingt-une livres prisez à dix solz la livre, plus trente médailles de cuivre un peu plus
curieuses, lesquelles ont été mises à part, prisez ù vingt livres, plus un caillou d'ugathe prisé
neuf livres '.
Plus deux fourchettes et une cuillère de )aspe Turc et oriental garnyes d'or, où il y a de
petits rubis enchâssez et quelques turquoises ouvra;^e de Turquie prisez cent livres.
Plus une fourchette et une cuillère de cristal de roche garnys d'or, enchâssez de petits
rubys ouvrage de Turquye, prisez à quarante livres.
.Suivant ce que ledit Le Coinie nous a atlirmé avoir fait en sa consciance et a signe et
ont lesdites médailles et choses ci-dessus mentionnées ctc remises du consentement des
susdites parties entre les mains de l'huissier Le Blanc qui s'en est chargé pour cstre par luy
procédé .1 II v.iito d'icelles suiviim ••( «nnformément audii arrest du sixième avril dernier.
I.l. CoHNIKH ht. .SaI.N r»:- IllCI.KNK. Lc CoiNTK.
II. I,. (IllKNKI.KTTK. RoSS.\IS. Lk Bl-ASC.
Taxe audit Le Cointe pour sa vacacion dix livres.
I. KvUcniinonl, il nt ^^$\^ Ici <\ue d'une trvu pclilc purilnn Je» miiJdlk* de Kouoqucl.
ESTIMATION DES BUSTES DE VAUX
DU I 7 JUILLET |GÔ3
(Archives nationalc<i, O' k/i^. i
Du Vendredi dix-septiesme jour de Juillet mil six cens soixante cinq.
Nous soubzsignc's Jacques Houzcau sculpteur ordinaire des bastimcnts du Roy et de
l'academye Royallc et Jean Le Grue maistre sculpteur de cette ville de Paris, en conséquence
de l'ordre à nous donné par M"" ' procureur général de la Chambre de
Justice de nous employer et travailler en nos âmes et consciences comme experts à l'estima-
tion et prisée des statues, bustes antiques et modernes, colomncs, tables, carreaux et autres
ouvrages de bronze et de pierre qui sont dans les appartements de la maison et jardins do
Vaux appartenant ù Monsieur Fouquet cy-devant surintendant, après avoir preste serment en
justice, nous nous sommes transportés audit lieu de Vaux, ou avons veu et visite lesdiis
ouvrages qui sont dans les appartements et jardins de ladite maison et proceddé à la prisée
et estimation d'iceux ainsi qu'il ensuit :
P R K M I K R K M e N T
Dans le bois ù la main droicte du chasteau quatre termes de huict pieds de hault, leurs
gucsnes de gresseric'', les testes de pierre dure, prisez cent vingt livres chacun font quatre cens
quatre vingtz livres cy. . . . IlII' Mil" l. t.
Plus au fonds de la demye Lune une Iigiirc u une liaurc J-Uirc, Ue pierre de trossy* de
six pieds de hault, et son piédestal prisé cent cinquante livres cy CL I. t.
hem au grand auvalle du bois a la gauche du chasteau six termes de huict pieds de
hault, les guesncs de gresserie, les testes de pierre dure, prises cent vingt livres chacun font
ensemble VIW X\ I. t.
Plus a la descente dudit bois deux termes doubles de huict pieds de hault, les guesncs
de gresserie, les testes de pierre dure prisez deux cens livres chacun font quatre cens livres
cy Illl< l. t.
Plus au mcsme lieu un chien et une chienne de pierre dure de cinq pieds de long ou
environ '.
I. I.c nom c<l en bUnc dan< l'urlulnal; le premier procureur |t<n<ral Je U Clumtirs de Jatiice <UU IVaU T«loa:
le 3(i novembre |(1(■^, Il (ut renipUci! p«r Jeux nitlirc» Jet re<)uéic*, Holmin cl Cbtmlll«rt. k pire 4« cthil 4al llM d«^>
neeriitalre J'I im Je U nuerre.
1. Clcrrc Je i;r^».
3. Troc), Seine-et-Marne.
4. lui marge : H^iUim^t f,tr M. Angtterrt iMU'hcl Angular.i
. ,„ ,,„c;.F.NNK ^HANCK
moderne^' de quatre P^cds j^^.^,, ^y. • ■ ^^,,iv,us, de
ensemble ■ ■ ■ , mesme suiue e . . . •
„oJc,„c r...c. a «"■;"; -f», ,Wr.s cv, ■ ■ ■ ' „,„ „.„c, «c.voir d.». 0. ^-.
ae quair. P'^^^ . endroit un tronc d un. i ^ .... , ^^^ne deux
Plu-^ au mesme endio _ . u-uic moderne a chacun
,..d-unr-J '^^^'""- ■•••■■■■ uorzes bustes de marbre blanc
^^■'^"^ . • • ■ . ,i<,s pavillons quatorzes .•„ chacun cent
■■"::-r-:=="-""-""'-::::.i"-^
, ; -t Quaire a celle qui re„ ... ^^^^.^ron
"t^^::s":-^ontde..n.UUvr.cy ^^^^^^^ ^.^^ ^,,, ^^ i;:!.^ ^san. ensemble
^^";::UemaaUesd.mar^^;^;;^^^^3,,.cuneso _ ,,, XL 1. t.
encastrées auKdeuK faces du a. , . . .
^n. cens quarante UvresO- •
, Ea marge :M^'"'- ,,
.. En marge-. «<"«■ ^, ,,ok>gnc, voir Vi^S- ^- ' ^^ p^^^s,».
3. par AUSU-, ^^P^ ;; ,,, ,,..ams paraissent are
Ces iis termes et 1.^
PIKCtlS JUSTIFICATIVES 71
Plus dans le vestibuUe quatre bustes de marbre les testes de marbre blanc et les drappe-
ries d'albastrc orientalles moderne de deux pieds huict poulces de hault y compris leurs pieds
douches, prisez chacun deux cens livres, est huict cens livres cy VU!-- 1. t.
Item dans ledit vestibuUe deux figures d'hommes ' nues de marbre blanc antique, priscez
chacune six cens livres, est douze cens livres cy. ... XIU 1. t.
Plus dans le sallon une figure d'un jeune homme satire de marbre blanc moderne de
quatre pieds et demy de hault ayant le nez rompu, prise cinq cens livres cy. . . . \'' I. i.
Plus dans If mesme endroit une autre figure d'un jeune homme de marbre blanc antique
restorée et brisée par les jambes de cinq pieds et demy de hault, prisée six cens livres
cy VI": !. t.
Item dans ledit endroit deux tables auvalles de marbre rouge et blanc avec leurs bordures
de marbre noir et blanc appliquées sur un fonds de pierre, de six pieds de long sur trois
pieds et demy de large, dont l'une est entière et l'autre cassée par le millieu, prisée l'entière
cent cinquante livres et l'autre soixante livres, faisant le tout deux cens dix livres cy. II« X 1. 1.
Plus à l'antichambre de Madame un buste de marbre, la teste de marbre blanc et la drap-
perie d'albastrc orientalle d'environ deux pieds huict poulces y compris le pied douche, prisé
deux cens livres cy II« 1. t.
Item dans la chambre de Monsieur Lebrun- une figure de marbre blanc moderne assise
représentant un Faune, l'autre tenant un vaze et accompagnée d'un jeune enfant Satire et
d'un léoparl de deux pieds deux poulces de hault sur trois pieds trois poulces de long, prisez
ensemble sept cens livres cy VII< I. t.
Item a costé de la chambre, dans le cabinet dudit sieur LeDrun, une figure de bronze
iliiii iidolescent tendant les bras de quatre pieds de hault, prisée cinq cens livres cy. V< I. i.
Plus au mesme endroit un satire de bronze de deux pieds et demy de hault, prise
soixante et dix livres LXX I. t.
Plus au mesme lieu un buste de marbre blanc la teste antique regraticc, le buste moderne,
de deux pieds quatre poulces de haut y compris son pied douche, prisé soixante et quinze
livres cy LXXV l. t.
Item au mesme endroit trois testes de bronze d'environ quinze poulcc* de haut prisées
ensemble soixante et quinze livres cy. l.XXV 1. i.
Plus deux testes de marbre blanc en bas-rchct' d'environ un pied de haullcur, prisées
ensemble quinze livres XV I. t.
Item a la cave sous le sallon une ligure de marbre blanc brisée antique rcsiorëc de cinq
pieds et demy de hault ou environ, prisée deux cents livres cy Il< I. t.
Plus a la salle du cnmnumg un millier et demy ou environ de carreaux de marbre moiliif
blanc moitié noir'' de neuf poulces et demy a raison de douze sols chacun.
Item au fond du passage a gauche en entrant, six colomnes de marbre *, scavoir deux de
marbre noir et jnulne d'Italie de huict pieds de hault, deux autres de sept pieds et demy de
marbre de l'Alfrique et deux autres de sept pi.-ds de long 'K- ni.irtirc .l'it.ilu- M.in.- \csnc de
viollet cannelé, en trois prisées tnil livres cy . . . . M I. I.
Plus deux groupes de figures de pierre de Vernun aux deux coins de U icrratse qui
I. AiiRiiolc cl Til<^re, paitc 7I. 11" 1 cl }
]. Voir l'IiiTcnlalrc de Vaii«. p«||j ■)<>.
!l. Voir riiiYenulrc de Vniu, pane n^.
.|. Voir pig« 71, n* 1;
jx i.iis AMA ri:ijus 1H-: l'ancienne frange
regarde le jardin de sept pieds de long assises, sur cinq pieds et demy en haultcur, prisées
chacune mil livres font ensemble deux mil livres cy Il ' I. t.
Item quatre ligures de semblables pierre sur le devant du sallon au dehors, de luiict pieds
ou environ, prisées chacune cinq cens livres font deux mil livres cy Il» 1. t.
Plus a la descente de l'escallier du chasteau deux scfinxes de pareille pierre de quatre
pieds et demy de long ou environ, prisez deux cens livres chacun font quatre cens livres
cy IIII' 1. t.
Item ala salle d'Hercules une table de porphire' avec sa bordure de marqueterie gau-
dronnéc de trois pieds et demy de long ou environ sur deux pieds huict poulces, prisée trois
cens livres cy HI' 1- t.
Plus dans le cabinet de la chambre du Roy, une table de marbre de marqueterie de cinq
pieds huict poulces de long sur trois pieds neuf pouces, un peu escornée, prisée cinq cens
livres, cy V' 1. t.
Finallement au derrière de la grange dans un petit jardin un grouppe de figure de marbre
blanc modernes sçavoir d'un Neptune de six pieds de hault accompagné de trois chevaux
marins a demy corps avec la cocquille de quatre pieds et demy ou environ, prisées le tout
douze cens livres cy XII^ 1. t.
Jean Le Guue. IIouzeau.
L'an mil six cent soixante six le mardi unziesme jour de May deux heures de relevée par
devant Nous Jacques Le Cornier seigneur de Si'^ Hélène, conseiller du Roy en sa cour de
Parlement de Rouen, commissaire en la Chambre de justice et en cette partye en nostre
hostel, sciz rue des Fossez Montmartre, en exécution de l'arrest de ladite chambre du sixiesme
avril damier et de nostre ordonnance rendue sur icelluy du dix de ce mois, sont comparus
Jacques lîouzeau sculpteur ordinaire des bastimans du Roy et de la Cademye (sic) Royalle et
Jean Legrue Marchand sculpteur de cette ville de Paris lesquels, après serment par nous
pris d'eux en la manière accoustumée, ont juré et affirmé en leur consiance le rapport par
eux fait estre véritable et ont signé.
Le Cornier de S"; Hélène. Jean Le Grue. J. Houzeau.
I. Page 74, n" i6.
MEMOIRE DES FIGURES QUI SONT A VAUX
ET DU PRIX QUE M. GIRARDON LES ESTIME
l> U 2 M A H s I () 8 7
(Archives nationales, O' i<y>4.)
PREMIKRKMENT DANSLESALON
N" I. Auguste antique de ti pieds de haut 2,000 1. 1.
N" 1. Tibère antique... idem ;,oool. t.
N" 3. 4 bustes ' dont 2 d'hommes et deux de femmes, les draperies d'albâtre
orientale assez beaux 800I. I.
Il A N s I. E J A i< n I N
N° 4. Une tigurc représentant la géométrie^ de 4 pieds 3 pouces de haut,
assez belle y compris son pied d'estail de marbre blanc. . . . i,3ool. (.
IIANS l.E CHATEAU
N" b. 2 petits Faunes de marbre noir, de i pieds 2 pouces de haut h l'un
desquels il manque le bras droit jool.i.
N" ('). Une Vénus tenant sa main droite contre -"'ii ^. lu :i»viiii-itviiMi.".- .l'un
Cupidon de 3 pieds 10 pouces de haut cy. . . . 400I. t.
N" 7. Une autre Vénus de 5 pieds de haut apuiéc sur la queue d un Dauphin. 5ool. t.
N" S. Une figure tenant des pavots de la main gauche de i pieds 1 3 de haut. Sool.t.
N» I). Une Diane antique de .^ pieds 10 pouces de haut prenant de la main
droite une flèche, assez bonne. Sool. t.
N" 10. Une figure antique d'homme nud i) la réserve du manteau qui pend
au coté, de ? pieds de haut, représentant Trajan 1 .omi 1 i
A repurler 'l^u^i 1. 1.
I. l'ii maritc : .*>.tiri Jfutint, Qiiliuc dcMlnt i U plunio, prxitvMcmcni Je It nuln it timrJoa IdI-m^hk.
ULCiimpagiicnt ce niilmulrc.
1. Kii marge : Htlf til. Jti»fri$ Jf,tn Honlofnr. /.iWf f.ir M. Amftter. h'Ilf 4 If mr; ramfm. 9 Jatfli fjijrt i U
m,uH, iiN fifj * Jniflt t-iii>i-( fl le fnkff- .iiKii. Clcllc li||iirc i<'c<l p** m<nllonn«« pimil le* ouinfc* J°.\nf«i«r. <lâB>
le JI«oi>iir» Je l'iiilllcl Je Silni-Cietirise»
m
7^ I.KS AMATKl.US D K L'ANCIKNNK FRANCE
Report. . . >j,5oo\.t.
N" 11. Une autre figure antique d'un liomiiic nud, pour lii plus grande partie,
de 5 pieds 1/2 de haut i.ool.t.
N" 12. Une ligure antique' dune femme représentant une Musc, de 3 pieds
3 pouces de haut '.<"" '■ '■
N" i3. Un p'aunc d'après l'antique de 4 pieds i/2 de haut- 4!iol. t.
N" 14. Une figure de jeune homme représentant Paris, apuié sur un tronc
d'arbre, qui est assez beau, mais fort ruiné, et de 5 pieds 8 pouces de haut. . . 43o 1. t.
N" \'?. Une figure de jeune Haccus moderne curieusement travaillée et
entière de 2 pieds de haut 1,400!. t.
N" 11). U'ne table de porphire de 3 pieds 12 de long montée sur un pied fort
propre, et 2 petites navichelles de marbre de couleur 800 1. t.
N" 17. 4 colonnes antiques dont 2 de marbre noir vené de jaune, de 8 pieds
10 pouces de haut 000 1. 1.
N" 18. 5o testes de bélier antiques, de marbre noir Sool.t.
N" 11). Une grande talile de marbre où sont plusieurs ornemens de pierres
deraport ^""'-t-
Total itjjoool.t.
Kn mjrf;csc trouvent les - l'rix de M'' de Vaux ». iVoir à ce sujet page 2Ô.I
No , .... _ 3,3ool.
rsl„ .j ... . 3,3ool.
N^ 3 1,200 1.
N» ^^ • 2,000 1.
j^„ 3 3oo 1.
Depuis l'article tj jusqua cclui-cy 114) 10,000 1.
[y,,. |3 et ii'i 3,000 1.
N" 17
N" 18
N" uj
1 ,000 1.
5oo 1.
800 1.
Total des prix de M' de Vaux 25,400!.
1. En marsc : Il y a une petite rupture ju br^s Jriiit.
2. Ku marge : I.'nriginat est à Versaitles.
NOUVELLE ESTIMACION DES PIERRERIES DE VAUX
18 SEPTEMBRE 11)03
Archives nationales, O" i<i'J4.
Nous Antoine l.ucus et Louis Pluviez Marchand orphcvrc. et Jean CatiiUon marchand
lapiderc joualier de son Altesse Royale Mademoiselle, certifions que pour satisfaire à Tarrcst
de la chambre de justice et ordonnance de Monsieur de la Bommc (sic) conseiller du Roy en sa
cour du Parlement de Grenoble et commissaire en ladite Chambre, nous sommes cejourd'huy
transportez dans la maison du Cattelan rue Viviene où se fait Tinvantaire des meubles de
Monsieur Fouquet, ou estant ayant preste le serment par-dcvani Monsieur de Saint-Helenc
Conseiller du Roy en sa cour du Parlement de Rouen et commissaire en ladite Chambre,
de desclarer le prix et valeur de joyaux et pierreries qui nous seroient pr>.-sentés et nous
ayant fait l'ouverture d'une caissette cachette, nous avons veu et visité et apprcssic ce qui
suit :
Deux hrasselcts ou chuine de cornaline lapis grave et petite perle baroque j;.ir.iy u c-i uc
soixante et dix livre l- <o
Un brasselet de soixante petites perles ronde et de six bijoux de diamant de deux cent
quarante livre ^
Un brasselet de huit piùce de cornaline, je dis de turquoise de "..LiwIK- roche et huH
pièce de cinq diamans l'i chaque pièce de quatre cens livre .... -t.. 4<»
Un brasselet de huit csmeraude carrée nu cadran et de neuf pièces de cinq diamant»
î\ chaque pièce de seize cens livres '•• '"**
Un brasselet de dix pierres de ditlerenie couleurs et de dix pièce» de troi» diamnn»
chaqunc de onze cens livres. ... !.. • loo
Sept pièce de chaîne garnie de dinmnns de dillereuicN grandcurN de quatre cen» quarante
livres l.. +40
Un poinvon d'une grande emeraude A six pangs au cadran de cinq cens livre» L. 5oo
Une petite paire de neux et le» deux pendeloques de trente-huit diamans avec deux perle»
en poire au milieu de on/e cens livres '-■ ' '*"*
Une paire de peiul.ms de sept urands diamans & chaque pendant de quatonc mil
livres ';• '^«»
Une paire d'heure de veslin d e>cniure à la main gurny de plusieurs dumans de dirtcrcnic
grandeur de quatre mil livre» ■•"^*^
Un jonc de quatorze petits diamans rose de soixante livres '
Une paire de pendans forme de cloque de troi» e»mer«ude carrée cl »is diaman* et une
grande emeraude en poire i"i chaque pendant de »oi«e cen» livre» '
70 Li:S AMA I I.I.KS 1)1-; L'ANCIENNE FRANCE
l'iic p;iiic Je boucles d'oicillu de deux emeraudcs facette entoure de dix diumans facette
à chacune de huit cens cinquante livres I,. 83o
()uatre pendeloiiues scavoir deux d'aif^le niaiine en poire facetté et les deux autre en
forme de f^rape de raisin f^aniis de petis diamans de trois cens livres I,. 3oo
Une bafoue d'une petite turquoise de vieille roche et deux petis diamans a costé de
quinze livre !.. i5
Une bague de cornaline garny d'un diamant caré en pointe de cent vingt livres. !.. 120
Une table de brasselet d'une turquoise de nouvelle roche entouré de quinze petis
diamans de cent livres 1.. 100
Un petit cachet de girassolc de cinq livres L. 3
Un cachet d'une émeraude f;arny d'or et de petis diamans de trente-cinq livres. L. 33
Un bijou d'une petite miniature entouré de douze petis diamans de quinze livres. L. i5
Un cachet d'amatiste garny d'or de neuf livres L. ij
Une table de treize petis diamans jaune de trente deux livres L. 32
Deux petis neux de pendans de trente huit petis diamans de soixante et dix livres. L. 70
Un crochet et la chaîne d'or de la valleur de soixante livres ne sachant pas le poix. I,. (Jo
Nous sus nommez desclarons avoir veu et estimé lesdits joyaux et pierreries cy dessus
au longs spécifiez et estimez pour estrc du prix et valeur contenu au présent procès verbal.
En foi de quov nous avons signé à Paris ce dix-huit septembre mil six cens soixante et
cinq.
Luc.\s. Pi. uviEZ.
C.VTILLON.
Apporté et présenté le présent acte d'estimacion par les susdits experts suivant nostre
ordonnance et nostre procès-verbal du dix-sept du présent mois de septembre iC>û?^ et par
eux allirmé véritable.
Le Coknieiî dk S.mnte-H i';i. ène.
INVENTAIRE DE VAUX
(Bibliothèque Nationale, mss. fr. -jfiio, (' loO.)
L'an mil six centz soixante un, le mardy treiziesme jour de septembre, nous Jean
d'Estempes de Valencay et François de Vertamont, Conseillers ordinaires du Roy en ses
conseilz d'Estat et privé direction et finances, Jacques Paget et Pierre d'Albertas aussy con-
seillers du Roy en ses conseilz, maistres des requcstes ordinaires de son hostel. nous sommes
transportez au lieu de Vaux le Vicomte, en vertu de la commission à nous donnée par sa
Majesté en datte de ce jour... Pour estre proceddé par nous au recollement du scellé qui
auroit esté mis et apposé audict lieu de Vaux et faire l'Inventaire des Meubles qui s'y trcu-
veroicnt soubz ledict scellé, dont la teneur en suit :
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, a noz amez et féaux conseillers
ordinaires en noz conseilz d'Estat et privé et direction de noz finances, les sieurs d'Estampes
de Valencay et de Vcrtamond, Et à noz amez et féaux conseillers en noz conseilz et maistres
des requcstes ordinaires de nostre hostel, les s" Paget et d'Albertas, Salut. Ayant fuict arresicr
le s-- Fouquet, cy-devant sur-intendant de nos finances. Vous sieurs Paget et d'Albertas
auriez suivant nostre ordre verbal et commandement à vous donné, mis et apposé le scellé
dès le Vil" du présent moys sur tous et chacuns les lieux et chambres, coffres, meubles,
papiers et autres choses qui se sont trouvées dans la maison et chasicau de Vaux le Vicomte
prez Mclun. Kt dautant que nous desirons estre particulièrement informez et esclaircis de
touttcs et chacunes les choses qui se sont trouvées dans la maison et chastcau dudict Vaux,
meubles et elfects contenu soubz ledict celle. Nous vous avons commis et députiez, com-
mettons et deputtons par ces présentes, pour vous transporter en ladictc maison et chasicau
de Vaux pour recognoistre et lever les scellez qui y ont esté apposez avec les formaliiez
requises et nécessaires, faire la description et inventaire de tous et chacun les meubles, et
autres choses qui se trouveront soubz ledict scellé, a cet elTect recoller $y bcsoing est. la
description sommaire desja fuicte par vous nosdicts conseillers en nos conseil/ et maistres
des rcquestes ordinaires de nostre hostel, d'aucuns desdicts meubles vous faire représenter
les mémoires et inventaires de ceux qui seront ez mains des concierges et gardes meubles
dudict Chastcau ou autres qui s'en trouveront charge/, en faire nussy le recollement avec la
description et inventaire de ceux non compris en iceux. pour cet cffcct faire procéder par
bris et rupture des coffres, serreures armoires, chambres, cabinet/ et autres que bcsoing sera,
remettre tous les papiers que vous trouvères dan» des cassettes ou colTre» sans faire aucune
description du contenu esdicts papiers, compter et faire compter les denier* que vous trou-
verez, iceux ensemble les bagues et pierreries, s'y aucune y a, remettre pareillement dans de*
coffres ou cassettes sur tous lesquels coffres et cassettes, armoire» cabinet/, chambre* cl autre*
hcux vous remettre/ et restablirei un scelle sur lequel vous commettre/ le» gardicnscynlcvant
commis par vous nosdict/ maistres des rcquestes, ou autres que vous jugerez & propfts. i -\
7» i.i:s AMAii riv'S i)i: i.'ancii: nni-: fkanck
siilliiircs desquels sera par nous poiirveii. Ht généralement faire pour rcxécution de la
présente commission tout ce que vous jugerez estre à faire, Mandons à tous noz odiciers qu'à
vous ce faisant soit obéy nonobstant oppositions ou appositions quelconques et sans
préjudice d'icelles, desquelles sy aucunes interviennent nous réservons la cognoissance îi
nostrc personne, de ce faire vous donnons pouvoir. Car tel est nostre plaisir. Donné ù
l'ontaincbleau le XIIl'" jour de septembre l'an de grâce MVK soixante un et de nostre reignc
le dix noulicsmc; Par le Roy signé... et scellé du grand sceau de cire jaune
Et l.i; I.I:N1)1;MA1N QUATOK/JESME dudict mois de septembre MVIc soixante un,
six heures du matin, nous aurions esté en la Chambre où sont les codVes fortz, la vaisselle
d'argent et autres meubles plus précieux. Et après que les dicts sieurs Paget et d'Albertas ont
recogneu leurs sceaux sans aucune altération et qu'ilz les ont levez, nous commissaires sus-
dicts avons faict faire ouverture par un serrurier de la porte de ladicte chambre où il y avoit
lui crampon de fer et au-dessous deux pattes aussy de fer avec un cadenat.
Ht après que lesdicts sieurs Paget et d'Albertas ont veu que leurs sceaux qu'ils avoient
apposé au devant des serrures de tous lesdicts collrc t'ortz, d'une armoire, et d'une cassette
rouge qui sont en ladicte chambre et reconnu qu'ils estoient sans altération, il/ les auroient
levez à mesure que l'oLiverture en auroit esté faicte par ledict serrurier.
Et ayant premièrement faict ouvrir le cotl're fort du nommé Bergeron ' maistre maçon,
lequel avoit esté trouvé dans son cabinet et cy-devant apporté en cette chambre par l'ordre
desdicts sieurs Paget et d'Albertas suivant leur procès-verbal du sept du présent mois, et
autres jours suivantz, Il ne se seroit trouvé dans iceluy que des papiers de diverses natures
de despences faites par ledit Bergeron touchant les marchez et entreprises audict Vaux.
Dans le coffre fort qui estoit dans la cuisine dudict Bergeron, il ne sy est pareillement
trouvé que des papiers qui sont de nulle consequance.
Dans le coH're qui estoit dans la ruelle du lict de la chambre du s'' Courtois cap-
pitaine de ce chasteau -, il s'est trouvé un petit sacq de deux centz quarante trois pistolles
d'or.
Plus cinq sacqz de louis blanc ■' de mil livres chascun, et un sacq de cinq cens livres
aussy d'argent blanc. Et dans ledict coffre, il v avoit au dessus desdicts sacqs quelques
pièces de chaises de tapisserie que nous y avons laissez.
Dans le coffre de fer, nous y avons trouvé, ainsy qu'il est faict mention par le susdict
procès-verbal, deux cassettes noires, une médiocrement grande, et une petite, desquelles
n'ayant les clefs, nous les aurions faict ouvrir par ledict serrurier, et dans la plus grande nous
y aurions trouvé :
Un sacq de mil louis d'or.
Plus une bourse de cuir en laquelle il y a cinq centz quatre vingtz seize louis d'or.
Plus une chaisne de quarante quatre petittes tables d'agates gravées avec quarante cinq
petittes perles baroques, ladite chaisne estant d'or '.
Plus une autre de mesme qualité de cinquante pierres pareilles et cinquante perles.
Plus un petit portraict en mignature avec un tour de petits diamantz.
Plus une paire d'heures de veslin, in-seize escriptes à la main couvertes d'or à jour
1. Antoine Bergeron était « juré des massonneries du Roy ».
2. Voir plus bas, pages Sy et 96.
3. Louis d'argent de soixante sous.
4. Pour l'estimation de ces pierreries, voir ci-dessus, page 75.
PIECES JUSTIFICATIVES 79
esmaillé et touttes chargL-es de diamantz tout plain au dos et aux fermoirs aussy, dont les
deux du millieu sont assez gros, et huict de moindre grosseur de chasque costé '.
Plus un petit jong de diamantz.
Plus une petite bague de turquoise avec deux diamantz.
Plus un cachet de pierres fines façon d'e'meraude esmaillé d'or avec des petits diamantz
autour.
Plus un autre petit cachet de pierres tines esmaillé d'or.
Plus un autre petit cachet, non gravé, esmaillé d'or avec deux petits diamantz.
Plus une petite table de braceletz de diamantz un gros au milieu et unze autres petitz.
Plus sept tables à bracelctz de diamants dont il paroist qu'on a osté à chascune le
diamant du millieu.
Plus deux autres petites tables dont les diamantz ont esté aussy estez du millieu, et
quelques uns du tour qui est fort petit.
Et dans la plus petite desdictes deux cassettes, nous y avons trouvé :
Un bracelet de huict émeraudes garnyes entre deux de neuf petites rozes de cinq petits
diamantz chascun.
Plus un autre bracelet de dix pierres tines de diverses couleurs que nou> >.r.i\on> e>trc
du Temple, séparées de trois petits diamantz chascune en dix endroicts-.
Plus une paire de pendantz d'oreilles de sept gros diamantz, chacun taillez à facette.
dont les deux du millieu et les deux pendclocques sont fort gros, et les autres d'une grosseur
raisonnable •'.
Plus une autre paire de pendants d'oreilles assez beaux garnis de diamants avec des
perles baroques aux pendeloques entourées de diamants garnies au-dessus de dix diamanti
et de unze au-dessus tour des perles.
Plus une autre paire de pendantz d'oreilles d'émeraudes avec un pendeloque, chacune
garnye de petitz diamantz par en hault.
Plus un bracelet de petites perles rondes, avec six petites rozes de petits diamantz.
Plus dcu\ paires de pendeloques d'oreilles garnis d'or par en hault avec des petits
diamantz.
Plus un crochet de petitz diamants et de six perles baroques.
Plus un poinçon d'une grosse émeraude.
Plus un autre crochet d'or il neuf avec sa chaisne.
Plus une paire de boucles d'émeraude avec chacune dix diamants.
Plus trois bagues, l'une d'un petit diamant, l'autre d'émeraude et l'autre d'une «uirc
pierre fine.
Plus un bracelet de huict tablettes, façon de turquoise avec huici rozes de cinq diamantz
chascune '.
Plus une autre paire de boucles vi oreilles île rubis avec unze diamants autour Je
chascune.
I. K^liiiiii (.(iiK) li\rï».
1. Kathiii! i.iiMi llvrc«. • l.e TcmpU c>l «iicure Jcpiili rcnomnii) pér c« mcrvcillcut «rliMU l« «Kar d'An«c> 4at ■
trouve rinvoiitliiii Je coiilrcfiitrc le* Jiaitiiitt*. c«tncr«uJc«, lnp«ftc« cl rubi*. J«ii% Usuelle tl « «i Ncn • i pa«
Je Icnipii II « K"ll"<) ""■-' *' Hr'oJv* •oninu- Jai||ciil >)u il tient i*ru<>c, et • (ail tvtMir Jeuv co(p% île ' . Jkl
cnclii» : en I un II Jcmeiire et l'auire II le Inue. • l'oiicerv, JnnmM .fan rorJfr •> f^rii, tu l6>7-5.<'.
>. l'ullmi'* i.|,iH>u llvre«,
I KMIme |in>ll%re<.
8o i-Es .\j\iAii:uRS 1J1-: L'ANCIEN ni; I- range
Plus une table de braceletz d'une grande turquoise entourée de quatorze diamants.
l'ius une monstre a houette d'or avec un estuy de chagrin gamy de petits cloudz
d'or.
IMus une autre monstre à bouette d'or avec les mouvemens du soleil, de la lune, des
jours, et des semaines.
Plus un petit papier ilans lequel il y a du hezouer.
Plus un gros chapelet d'ambre.
Plus un autre de guy de chesne.
Dans une longue armoire de bois blanc il y avoit un sacq de neuf cens soixante et quinze
livres en argent.
Plus un autre sacq dans lequel il y a soixante et une pistoles et demye d'or, et unze
escus d'or avec trente six sols de monnoye.
Plus un autre sacq dans lequel il y a trente-cinq escus blancz ', deux escus d'or et dix
livres en solz marquez.
Plus une montre a boette d'argent avec un estuv de chagrin et deux fourchettes d'argent
à deux fourchons rompues.
Plus il y avoit dans ladicte armoire quelques papiers et mémoires concernants la
despence payée par ledict Courtois audict Vaux pendant l'année courante.
Plus aurions faict faire ouverture d'une petite cassette de bois qui avoit esté apportée en
ladicte chambre du logis dudict Bergeron et dans icellc trouvé deux grandz livres d'architec-
ture et des papiers et mémoires sans ordre ny dattes, concernant la despence faicte audict
chasteau de 'Vaux et dcspendance par ledict P)ergeron.
Et dans la susdicte cassette rouge nous avons treuvé un petit bassin en ovalle, six petitz
platz, une douzaine d'assiettes, une soubscoupe, une esguiere couverte, une autre petite
esguière aussy couverte, un sucrier, un vinaigrier, deux petitz flacons, une petite sallière, six
petitz flambeaux et des moucbettes avec une petite chaisnc, le tout d'argent vermeil doré.
Plus nous aurions treuvé dans un grand estuy noir, une chappclle - concistant en une
croix, un calice, la platine, deux chandelliers, un petit vase, deux burettes, un bassin pour l'eau
béniste, une petite clochette, la paix et un bassin à mettre les burettes, le tout de vermeil doré.
Lesquelz calice, platine et deux burettes selement nous avons mis entre les mains de l'au-
mosnier demeurant en l'une des basses cours de ce chasteau •' qui a promis, et ladicte concierge
de rapporter lesdicts calice, platine et burettes touttes fois et quantes. Et ladicte Margotière '
a signé.
Et faisant le rccolement de la vaisselle d'argent, nous avons treuvé dans un grand coffre
dans des mannes et des estuys touttes les pièces mentionnées dans le susdict procés-verbal
du sept du présent mois et Inventaire particulier qui en a esté faict par lesdicts sieurs Paget
et Dalbertas le huictiesme dudict mois. Et avons trouvé deux réchaulx dargent qui sont
compris dans ledict procès verbal et dont il n'est point faict de mention dans ledict
Inventaire.
De plus nous avons trouvé un Cousteau a manche d'argent et une esguière aussi d'argent
1. On appelait ccu blanc ou petit ccii le louis d'argent de soixante sous.
2. C'est-à-dire l'ensemble des ustensiles nécessaires au service de la chapelle.
3. Voir page gS.
■1. Françoise des Margotiers, sœur ou flile de Charles des M.irgotiers. concierge du château, et femme d'Antuine
Trumcl, jardinier.
IMECLIS J LSI IlICATIVES Si
qui ont este apportez ausdicts sieurs Paget et Dalbertas par ladictc concierge depuis que leur
ilict procès verbal a esté clos
Et avant que de sortir de ladicte chambre et y faire mettre le cadenas et scelle, avons
faict l'inventaire des meubles qui y cstoient, concistantz en ce qui suit :
Sçavoir, un grand lict de damas rouge cramoisy de cinq piedz ou environ avecq une
frange et molet ' d'or et d'argent. Les rideaux, la courte-poincte, deux soubzbassemens, le
tapit de table deux fauteuilz et cinq chaises. Ledict lict garny d'un matelat, lict de plumes et
paillasse de crain, avecq une couverture de Marseille et garny d'un tour de serge d'Aumale
rouge.
Plus deux tables de bois garnyes chascunc d'un tapit ver.
Plus un grand miroir de vingt quatre poulces enquarré ou environ, garny de bois de
Sabine- avec des placques de cuivre dore et un cordon qui le pend.
Plus une vieille tapisseryc de haute lisse a petits personnages concistant en neuf pièces
tant grandes que petites.
Plus une chaise de bois tourné garnye de paille.
Plus a esté trouvé dans ladicte chambre vingt six bandes de tapisserye pour faire un tour
de lict.
Plus une grille de fer dans la cheminée.
Et dans la gardcrobbe joignant ladicte chambre est un lict de serge rouge dcnviron
quatre piedz garny d'un matelas, lict de plumes, traversin couverture et paillasse commune.
Plus deux chaises cacquetoires ■> de serge rouge. Une autre garnye d'une petite cslofTc de
la porte de Paris ' et une autre qui n'est point garnye.
Plus trois morceaux de tapisserye de Rouen, une table, un tapit ver et un petit
miroir
Nous commissaire susdict avons l'aict porter Icsdictes cassette et manne dans le garde
meubles où nous sommes entrez après que Icsdictz sieurs P.inct et n.ilbcrias ont levez leurs
sceaux quilz ont recogneu entiers et non altérez.
Et auparavant que de procedder ii l'inventaire des meubles contenus en iccluy, nous
aurions fiiict venir ladicte Margoiière, concierge, pour nous les faire veoir, cl commanccani
par l'armoire qui est auprès de la porte de ladicte chambre, en entrant h main droicie, nous
y aurions trouvé un lict de brocards fondz dargent à Heurs dor*, nuances de diverses coul-
Iciirs garny de moletz crespine et boutons dor et dargent fin, sçavoir le >' » de
dedans, fourcaux de pilliers, doubleures de rideaux, quamimiiieres. bnn:.. .rtc
poincte de satin incarnadin bordée dor et dargent.
Plus trois pentes, quatre rideaux dos quantonniércs, deux bonnes grâces et trois soubx-
bussemens, dudict brocars fond dargent.
Plus trois pièces de tapisscryes diceluy, brocard fondz durgcnt a passement dor semé de
(leurs nuancé de diverses couleurs ayant une bordure oussy de brocard or et argent faisant
ensemble sept aulnes ci demye de cours ou environ sur trois aulnes de hault ou environ.
Plus un dessus de fcnestrc de brocard de mesme façon, ayant quatre aulno Je cours
ou environ sur une aulne de hault ou environ.
I. l'ctitc fmiiiic xtit hoio.
T. Iloln de itciiCvrlcr.
:'. Voir »iir l(irl|îiiic de «;« mot VlurfHLurr Jf Cétktrint Je M^idt, p, q6,
.|. l'Iolta de laplticrio ,'ammun» >iitl •« vcndtll nie Satnl-Dcnlu.
J. l'iUmi! .^,»kio livre» et riiservi! pour le Roi, page o;.
82 I.KS AM.\II;i:KS DI-; l.'ANCIF.NNli: FRANCE
Plus un autre lict de brocard d'or lin fondz incarnadin, sçavoir le dossier, pente du dedans,
fourcaux do pillicrs, courte poincte, doublcures de rideaux, quantonnieres et bonne grâces de
brocquart tout or à palmes.
Les pentes du dehors quatre rideaux, quantonnieres et bonnes grâces, pentes de soubz-
basscmens, le tout t;arny de crespincs et moUetz tout or lin.
Plus quatre pièces de tapisserie dudict brocard dor fondz incarnadin, avccq une bordure
allentour aussy de brocard or et argent, garnyes de crcspine et molet dor, faisant les dictes
quatre pièces quatorze aulnes de cours ou environ, sur deux aulnes de hault ou environ.
Dans la mesmc armoire est un lict de repos de brocard d'or et dargent, matelas soubs-
bassemcnts et traversin.
Et ayant faict ouvrir par ladicte concierge l'armoire suivante, nous y aurions trouvé :
Un lict de \elour rouge en broderyc dor et dargent garny de son fondz, dossier, pentes
du dedans, fourcaux de pilliers, doublures de rideaux, quantonnieres, bonne grâces et courte
poincte de brocard à fleurs.
Plus une ouaite de thoille dargent a fondz rouge.
Plus un autre lict de brocard de soye à fondz ver doublé de satin incarnat, la courtc-
poincte piquée. Le dossier et le fondz du lict aussy de brocard ver de diverses coulleurs.
Plus trois pièces de tapisserye de taffetas rayé incarnadin et blanc.
Plus six souhzbassemens de tapisserve de basse lisse dcnviron deux piedz et demy de
hault.
Plus un pacquet de plusieurs morceaux destofl'e en hroderye propre à faire un meuble.
Et dans la troisième armoire, que nous avons pareillement faict ouvrir par ladicte
concierge, sont les meubles qui ensuivent. Scavoir :
Un lict de velours ver' garny de broderye d'or et dargent où il y a trois pentes, trois
souhzbassemens, quatre quantonnieres et quatre rideaux, le tout garny de crespines et
moletz aussv dor et dargent. Le fondz, dossier pentes du dedans, foureaux de pilliers et
courte poincte de brocard or et argent incarnad et ver.
Plus un autre lict de velours ver- chamaré de passement dor et dargent garny de molletz,
crespines et glandz. Scavoir le fondz, dossier, pentes de dedans, foureaux de pilliers, dou-
blcures de rideaux, quantonnieres, bonnes grâces et courte poincte de brocard dor et dargent.
Les trois pentes du dehors, quatre rideaux, deux quantonnieres, deux bonne grâces et trois
soubzbassements dudict velours ver chamaré de passement dor et dar.^ent.
Plus trois pièces de tapisserye de velours ver chamaré servant pour Talcove.
Et dans le coing qui est entre la susdicte première armoire et la suivante avons trouvé
plusieurs pacquets dans lesquelz sont tous les dessus des chaises, fauteuilz et sièges pliantz,
pommes de lictz et petites despcndances de tous les meubles qui sont dans les susdictes trois
armoires, a la réserve des sièges et fauteuils du lict de velours rouge cramoisy, lesquels sont
dans l'une des chambres de l'appartement d'en bas-'.
Plus une housse garnve et traversin d'un lict de repos de velours nuancé a fondz dor sis
fauteuilz, six chaises, six sièges pliants et un tapit de table. Le tout avecq crespine et molet
dor fin et soye.
1. Eslimc 14,000 livres et réserve pour lo Roi.
2. Estimé 4,400 livres et réservé pour le Roi.
3. Ainsi les garnitures des sièges et des fauteuils do luxe sont encore mobiles, indépendantes, suivant les anciennes
traditions. La garniture ad/icrente. cousue au meuble et fixée à demeure, n'était pas encore admise partout, bien qu'elle
date du temps de Louis XIU. Le mobilier du cliâteau d'Llliat, an musée de Cluuy, est à garniture adhcrcntc.
PIECES JUSTIFICATIVES 83
DU JEUDY QUINZIESME dudict mois de septembre mil six cents soixante un six
heures du matin.
Nous avons faict appeller la dicte Margotière concierge, pour continuer nostre com-
mission et à cet cffect nous sommes montez dans le coridor où est ledict gardemeubles où
estant, nous aurions faict ouvrir par ladicte concierge une armoire qui est au-dessus de la
porte, en laquelle nous avons trouvé :
Huict parasolz' de tabis de diverses couleurs avec une petite dent de soye.
Plus quatre parasols de moire dargent avec une petite frange argent et soye.
Plus un autre parasol de peau de senteur avec une grande dentelle or et argent chamaré
de mesmc.
Plus un déshabillé de senteur contenant un sachet et deux orilliers.
Plus quatre petits lustres de crisiail -, deux de six branches et deux de cinq.
Dans une petite armoire à main gauche en entrant, sont les meubles qui ensuivent
sçavoir :
Une tenture de tapisserye a crotesque, ayant trois aulnes et demye de hault ou environ
sur vingt cinq aulnes de cours ou environ en cinq pièces.
Plus une tapisserie de haute lisse des Vertus, de trois aulnes et demye de hault ou environ
sur vingt cinq aulnes de cours ou environ concistant en huict pièces.
Plus une autre tapisserye aussy de haute lisse représentant l'Histoire d'.Abraham et
concistant en dix pièces.
Plus un tour de lict de taby a Heurs ver et blanc avecq frange et molet de soye meslêe et
quatre fauteuils.
Plus un tour de lict de damas de Flandres ver et blanc, molet et frange de soye mcslco,
six fauteuilz et six chaises avec la courte poincte et les pommes.
Plus un autre tour de lict de lezine blanc ver et aurore. La tapisserie pour une garJc-
robbe de mesme estolle, quatre pommes et courte poincte.
Plus un tour de lict de tall'etas rayé blanc et incarnadm dont la tapisserv-e d'alcôve est
dans la seconde armoire cy dessus, couric-poincie, tapit de table et quatre sièges plians dont
la frange en soye et argent.
Plus un lict de velours rouge de broderye en piramidc et chiffres avecq crcspincs
et franges dor, dont il ny a que les pentes, quantonnières, soubzbnssemcns de velours
et les rideaux de brocard dor, quatre fauteuils de velours et la couverture d'ouattc
picquée.
Plus un tapis de pied de moquette denviron trois aulnes de long et de deux
de large.
Plus une tenture de tapisserye de brocaiellc commune a fondx ver, contenant sept pièces.
Dans une gronde armoire attenant ladicte petite, se sont Ireuvcx les meubles cy
après spécilliez sçavoir :
Une riche tenture de tapisserye de cuir doré de Flandres contenant huici pièces.
Plus une tenture de tapisserye de liaulte lisse a personnages contenant huici pièces
d'antique.
Plus une autre tenture de tapisserie verdure de hnulte lisse, contenant six pièces.
Plus une pièce de tapisserye dcsortye de haute lisse ù personnages doublée de bleu.
I. Pour U prumonaJc Jin» Ict UrJliit.
I. ()rl>l«l Je riKlic.
S4 LF.S AMATEURS DF, L'ANCIENNE l'RANCE
Plus une seule pièce de tapisserie des Sauvages aussy de haultc lisse, le surplus de la
ti-nlure estant à Paris, suivant ce que nous a dict ladicte concierge.
Plus une autre pièce de tapisserye de haulte lisse dont le reste de la tenture est dans
plusieurs chambres de ce chasteau.
Plus une autre pièce de tapisserye de haulte lisse, aussy désortie, de Saincte Suzanne.
Plus une autre pièce de tapisserye de haulte lisse d'Angleterre où sont représentez les
pèlerins dEmahus.
Plus trois pièces de tapisserie de celles qui ont été faictes a Mincy, rehaussée dor'.
Plus deux beaux tapitz de perse rehaussé dor.
Plus un cscran dozier avec son pied de fer.
Plus quatre guéridons de bois de noyer.
IMus un traversin de fustaine.
Plus quatre boucquez de plumes- dans quatre estuys de carton.
Dans l'armoire suivante se sont trouvés vingt grandz rideaux de serge verte pour couvrir
des tapisseries, a\ec leurs cordons et anneaux.
Plus un tapit de drapt verd.
Plus deux chaises persées de velours ver avccq une frange dor et dargent.
Plus une tenture de tapisserie blanc et bleu de Flandre, contenant neuf morceaux.
Plus un tour de licl de garde robbc de lezine aurore blanc et verd, avec la tapisserie,
courte poincte et pommes.
Plus un autre tour de lict de damas de Flandres blanc et bleu avec la courte poincte, six
chaises, six fauteuils et quatre pommes de lict.
Plus un tapy de pied de mocquette.
Plus un petit tour de lict de damas aurore et bleu avec la courte poincte, quatre fauteuils
et les pommes de lict, le tout garny de frange de soye aurore et argent.
Plus un lict a pente de camelot de Ilolande, brune couleur de musc, avec des bandes de
tapisserye a basions rompus-' et une petitte broderie dargent au tour, doublé de satin gris de
perles à fleurs. La courte poincte de mesme satin, quatre fauteuils et les pommes de lict. Le
tout avec un molet de frange do soye et argent.
Plus un entour de lict de petite camelotine.
Plus une tenture de tapisserye de taffetas blanc imprimé de plusieurs figures, contenant
six pièces doublées de thoille.
Plus une grande ouatte de la Chine à fleurs.
Plus un entour de serge rouge d'un lict tout complet.
Plus un lict de velours rouge cramoisy avec une crespine or et argent. La courte poincte
aussy de velours, six fauteuils, six chaises et trois sièges plyans, le tout garny d'une petite
broderye et d'une dentelle or et argent.
Plus, trois couvertures d'ouatte, une de satin rayé de taffetas blanc, l'autre couleur de
chair, et l'autre doublée de taffetas couleur de citron.
Plus quatre pièces de tappisserie de damas incarnadin et jaulnc.
Plus deux rideaux de mesme damas pour les fenestres.
Plus un pacquet de couvertures de chaises.
1. Pour toutes CCS tapisseries, voir pages .p et 07. '
2. Servant à la décoraliou du lit.
3. Point de Hongrie.
PIÈCES JUSTIFICATIVES 85
Plus cinq pièces de tapisserye de verdure de haulte lisse fine.
Plus quatre quareaux feuilles morte, deux rouges de moire dargent, un de damas cramoisy
et un de deux couleurs.
Plus quatre bouquetz de plumes.
Plus une tenture de tapisserye de brocatelle de Venize, aurore et ver, consistant en neuf
pièces.
Plus un petit tapy de Turquie de deux aulnes de long.
Plus un autre tapy de Turquye de deux aulnes et dcmyc de long ou environ, doublé
de verd.
Plus une tenture de tapisserie de haute lisse représentant la vie de Nostre Seigneur '
concistant en cinq pièces doublées de ver, denviron une aulne et demyc de hault servant à la
chappellc.
Plus quatre autre petites pièces de tapisseries de haulte lisse servant à la chappelle.
Plus un tapy de table de deux aulnes en quarré ou environ.
Plus dix soubzbassements de haulte lisse dont deux rehaussez dor, se^^•antz aussy à la
chappellc.
Plus deux pièces de tapisseryes de haulte lisse d'environ deux aulnes de hault, représentant
l'Histoire Saincte.
Plus une autre pièce de tapisserye de haulte lisse dont la bordure est de satin bleu.
Plus une autre petite pièce de tapisserye de haulte lisse rehaussée dor, représentant
Sainct Luc.
Plus une autre pièce de tapisserie au point représentant les quatre Evangclistcs.
Plus six pièces de tapisserie de haulte lisse rehaussées dor, ayant deux aulnes demy tiers
de cours chascunc, sur une aulne et demy quart de hault ou environ, représentant les Actes
des Apostres.
Plus huict soubzbassemens doublez de toille verte.
Plus trois tapitz pcrsiens rehaussez dor denviron deux aulnes de long.
Plus un tapy de perse de soyc doublé de thoille noire, d'environ deux aulnes de long.
Plus un grand tapy de perse tout de soye doublé de tatfetas bleu, denviron cinq aulnes
de long.
Plus un grand tapy verd de perse rehaussé dor, denviron trois aulnes de long.
Dans une grande armoire estant en forme de table entre les deux fcnesires, .i\on\
trouvé :
Vingt neuf carreaux' de diverses fafons et couleurs de velours et brocart avec lot gland<
or et argent.
Plus six rideaux de dessus de porte de tulfetus verd.
Plus huict rideaux de talfetas blanc pour les fcncstrcs avec cordons.
Plus s'est trouvé le tapy du lict verd en brodcrye qui est dans la iruuicmc armoire en
entrant h main droite.
Plus quatre rideaux de moire aurore.
Plus un morceau de brocart à fond* dargent, de cinq lays cl demy d'environ une haulnc
trois quart/: de hault.
I. Cette Itpittcrie cl le» >ulv«iil<ii dltlcnl dctiinic* It U dioortllon ii« l« chapelle <)al n°<l«ii f* cbom* Khrrt*.
Voir paiie» 4) cl 97.
]. Cuiitiihiii.
86 i.i:,s A.MA I i;i' i>s i)i; i.anci i;.\.\k fu an ce
l'kis qiKiiiL' nieschantcs housses de sièges plyans de damas bleu avec un molei
dor faux.
IMus sept pièces de vieille tapisseryc de satin de fîurgc '.
Plus deux pctitz morceaux destoll'e de pluche de la (Jhine.
I Plus dans ledict f^ardcmeubles au pied de la grande table du costé de la porte sur le
plancher avons trouvé :
Une tenture de tapisseryc de haulte lisse représentant l'histoire de Priam, contenant sept
pièces d'environ deux aulnes et dcmye de hault.
Plus une tenture de tapisseryc aussy de haute lisse, représentant l'histoire des Mathisbée-,
contenant aussy sept pièces denviron trois aulnes de hault
Douze tables de bois, dont six brisées et six pliantes-', et un bois de fauteuil garny
de crain.
Plus au plancher dudict gardemeublcs est suspendu un petit lustre de cristal envelopé de
boucassin rouf^c
Plus dans ledict j^ardcmeublcs, le long des armoiries, il y a unzc tant fauteuilz, chaises
que sièges plvaiis '■ de bois tourné garny scuUement d'une toille rouge
Et ensuite ladicte Margotière nous a mené dans une autre chambre qui a veue sur le
jardin, servant aussy de gardemeubics, dans laquelle estant entrez après avoir recogneu le
scellé sans aucune fraction ny altération, nous avons trouvé en entrant à main droite les
meubles qui ensuivent, sçavoir :
Six bois de lict completz.
Plus environ quatre vingt deux bois, tant de fauteuils que de chaises couvertes, les unes
de tluiiUc, et les autres de Ic/.ine.
Plus deux douzaines de bois de sièges plyans.
Plus audcvant desdicts bois de chaises, sièges et fauteuils sont sept tapis de Turquie,
tant grandz que petitz sur des tresteaux.
Plus deux chaises percées de moquette.
Plus douze bois de lict de sangle, sur lesquelz il y a un matelas de laine et de crain,
entouré d'un morceau de tapisseryc de Rouen
Plus dix neuf pièces de tapisserie de Bergame.
Plus huict vieux morceaux de tapisseryc de Rouen.
Plus deux garnitures de lict complette comme dessus, et un lict de plume et de plus.
Plus vingt couvertures blanches tant de grandz lictz que de commune.
Plus au dessoubz des tréteaux sur lesquels sont les susdictes pièces de tapisseryc en un
rouUeau de bandes de jong servant à faire des tapis de pied
Plus la garniture de douze lictz pliantz concistant en un matelas, traversin et couverture
pour chacun
Plus un lict de repos garny de son bois, matelas et traversin avec la housse, le tout de
satin à fleurs
Plus six fauteuilz et six sièges plyans de damas rouge avecq la frange or et argent et
les dessus de serge
1. Bruges.
2. C'est-à-dire l'histoire de Pyrame et Tliishé, voir page 8S.
3. Six à rallonges et six se repliant comme les tables de jeu.
.|. Sièges à X.
PIKCES JUSTIFICATIVES 87
Plus six vieux sièges plyans garnis de brocatelle de Venise à fleurs à fondz blanc...
Et dans un autre grenier joignant dont nous avons aussy faict ouvrir la porte par ledict
serrurier, nous avons trouve ce qui ensuit, sçavoir :
Quarante et un mousquetz tant sur les ratelliers que sur une table '.
Plus vingt-trois j^randz fuzilz.
Plus quatorze mousquetons, treize à fuzilz et un à rouet.
Plus quatre paires de pistoletz d'arçon.
Plus douze bandollières -.
Plus sept gros tonneaux et un petit dans lesquels il y a des munitions pour lesdictes
armes, et sur le plancher quantité de mesche.
Plus dans un des coings dudict grenier sont plusieurs grenades.
Plus un esteau attaché à une grande table
Ensuite ayant reconnu le scellé apposé à la porte de la chambre appelléc la lingerie,
entier et non altéré, nous y sommes entrez et y avons trcuvé :
(Suit le détail de Li lingerie.)
Plus huict rideaux de serge rouge servant aux calèches' du jardin.
Plus cinq petitz miroucrs garnis de leurs placques et chandeliers.
Plus trois chasubles compicttcs dont deux de broquart dor en brodcrye et lautrc de
satin.
Plus deux orilliers dautel.
Plus deux déshabillez faicts en lassctte, l'un de poinct dEspagne et lautre de cuir
brodé.
Plus un autre déshabillé jaulnc piqué dargcnt, avecq un autre petit a mettre les
moucheoirs.
Plus deux housses de serge de soyc à llcur^ rehaussées dor. pareilles à un lict qui est
dans une des chambres de ce chastcau.
Plus un deshabillé de broderie de rapport sur du blanc et de lauirc costé incarnadin.
Plus un grand morceau de velours violet brodé.
Plus un tableau de bois en sculpture représentant une Nativité.
Plus deux autres petits tableaux h bordure de bois doré, représentant une Vierge avec un
petit Jésus...
Plus un atlas in-folio avec les cartes, couvert de maroquin rcmec-.
Plus deux chandeliers de fer poly à meure contre le mi;
Plus deux grandz lustres de cristal et un petit, envclopcz de leurs fourcaux, suspendus
au plancher...
Plus trois beaux mirouers, dont un des plus grundx et deux moyens, les deux plus grandit
garnis dargent massif et l'autre avec des feuillages dorez.
I. A Sainl-ManJO, il y «vili comme A Vtuv, un mj/tMi» d'armei et J< muntllont. it^ire liu Coat«ill«r Je la
l'oMi: Jii 7 ocliibre i6(it.l l.c w.ift>iiiit Je Vaut <u)l uni» la Jlrecllon Je CounoU, i|ttl avait anc eharf* <i« Ca«>
mlMnirc Je» Ruerrea. cl tenait le clUleiu «tir une aorte de pleJ militaire. (Voir Dut. d< Jal aa mol WéHft-i
1. Ilauje» Je cuir uù iStaient attaclu'et Je* cliariic< Je niuu>.)nel toute* préparée*.
:<. • Ou appelle auani nue tlalechc, nue «pece Je pclil oarrooc Irv» Ueci. et a<ev Je» ratn tria haun. Joat oa
ae «cri pour la promeuaJc Jan« le» parc» et iarJiu> :
naircineni JouMCi» Je rlvlie» et belle» eii>il<», ate^ .,
Jo l'air cl Je la vu4, nu acuicmeni fcrmOc» Je Iokwk iiiaiiieki». ... Il ) • Je .
rang», où l'un c>l a»»l» .. . ton» Je Iront, kha>)n.- rauii Je •uneatanl nu Joxiet i-
f.'owmerir.l
ss L i: s A A! A r i; u k S i j i ; la n c i rc iN n !■: 1 1< a n c i-:
Plus un petit cabinet J'csbcnne dans lequel y n'y a rien
(Suit l'inventaire de plusieurs chambres secondaires, situées au même étage '.)
Dans une petite chambre estant au bout dudict coridor prés un petit cscailier et en
laquelle lo.neoit ordinairement le sieur Naule- :
Une tapisserie de Kouen.
Plus un lict garny comme dessus avecq un tour de fustaine à pctitz carreaux.
Plus un tapy de pied de moquette.
Plus sept chaises et un fauteuil pareils au lict.
Plus une table, un tapy vcrd et un guéridon.
Plus dans un coin de ladicte chambre, il y a une armoire dans le bas de laquelle il y a
une paillasse, matelas, couverture et traversin, pour coucher un vallet, et au dessus une
armoire que ledicte sieur Naute nous a ouvert, où il ne s'est trouvé que des papiers de
desseins de ses ouvrages de Vaux, de laquelle armoire ensemble de sa dicte chambre, nous
luv avons remis les clcfz en main après avoir veu l'ordre du Roy du treize de ce mois par
lequel il est enjoint au sieur d'Angeville ■', exempt, de luy laisser l'entrée libre de ce
chasteau a l'efi'ect contenu audict ordre.
Plus dans ladicte chambre est encore un niirouer et dans la cheminée deux chevrettes,
des pincettes et une pelle
DU VRNDREDY SEIZIKMF. jour du mois de septembre...
Dans la grande antichambre qui a veue sur la cour en montant du grand escallier à main
gauche :
Une douzaine de chaises de mocquette avecq un gallon de soye.
Plus une douzaine de perrocquetz aussy de moquette avecq du gallon dargent faux.
Plus une chaise percée de moquette.
Plus un lict estant par terre, consistant en paillasse matelas, couverture et traversin.
l'ius une table de bois sans tapy.
Plus une grille de fer, deux pelles et des tenailles.
Dans une chamlire joignant et un cabinet il ne s'est trouvé autre chose que une table de
bois.
Dans une chambre qui est à costé de la cheminée de ladicte antichambre et qui a une
porte dans le corridor :
Sept pièces de tapisserie de haute lisse, dont il y en a six rehaussées dor qui repré-
sentent les Douze Mois de l'année, et l'autre est une pièce dépareillée d'une tenture de Piram
et Thisbée qui est dans le garde meubles '.
1. Une de ces chambres était celle do la demoiselle de lîcaujeii, fille d'un lieutenant général tné en 1634 au
siège d'.Vrras, et demoiselle suivante de mademoiselle Foncquet. (.Irc/i. .fc la Btistillc. I, 'M''';.}
2. L'appartement de Le Nôtre.
'}. » Noble gentilhomme Mathieu d'.\iigevillc, exempt des gardes du corps du roy, puis escuicr, Seigneur de l'ressy
Nostre-Dame, escnier du roy dans sa grande escurie, capitaine exempt des gardes, servant près la reyne-mèrc, com-
mandant pour Sa Maiesté au château de Vaux-le-Vicomte. » Kug. Grésy, p. 21. Dans une lettre datée de décembre i663
et adressée au Roi, M""' Foucquet se plaint des déprédations commises par les agents, chargés de garder les pro-
priétés de son mari : « le nommé d'Angeville a pris dans la maison de Vaux tout ce qu'il a voulu, et continue
encore tous les jours. 11 s'est approprié de plusieurs bestiaux, de provisions, de linge de prix, d'étoffes et choses
semblables. 11 a fait transporter des ballots en son pays, et on a reconnu en Champagne, dans la maison dudit
d'Angeville, de la vaisselle d'argent marquée aux armes dudit sieur Foucquet. » (Arcli. eir la Baslillc, U. 169.1
■1. N'oir ci-dessns, page Sô.
PILCES JLSTIKICAI IVES S.»
Plus un tapy de pied Rhodien.
Plus un lict tendu complet avec des pentes de velours en broderye dor cramoisy rouge.
Les foureaux des pilliers, fondz et dossier de mesme, avec crespine dor et dargent, rideaux
de damas, et courte pointe avec des nattes dor.
Plus quatre bouquetz de plumes avec des aigrettes.
Plus quatre fauteuils et sept chaises aussy de damas avec de la frange dor et argent.
Plus une table de bois avec un tapy persien.
Plus un miroucr et un petit lustre pendant au plancher.
Plus une grille de fer, tenailles, pincettes et pelle.
Dans un autre département vis-à-vis et qui a vcue sur le jardin, nous n'avons trouve dans
lantichambre qui est toute dorée, peinte et lambrissée, qu'un tableau sur la cheminée et un
sur la porte d'entrée.
Plus sept fauteuils de pluche de la Chine.
Plus une table de bois, une grille de fer, une pelle et des tenailles.
Plus un buste de jaspe dont la teste est de marbre sur un pied destail de jaspe.
Dans la chambre joignant qui est toute dorée peinte et lambrissée, garnye de glaces de
mirouer et ornée d'une alcovc avec des balustres dorez :
Un bois de lict avecq sa garniture sçavoir sommier, lict de plumes, matelas, traversin et
couverture.
Plus six chaises, six fauteuils et six plians garnis de thoille rouge.
Plus un escran dozier avec sa verge de fer.
Plus deux tables de bois sans tapy.
Plus dans la cheminée une grille de fer.
Dans un cabinet, aussy doré, peinct, lambrissé et orné de glaces de miroucr :
Un lict de repos taillé doré.
Plus une petitte tapisserye de brocard de soye, de trois piedz de h.i"t'.'"- 'ii J.sius du
lambris prés le plat fondz.
Plus six fauteuilz de bois tourné avec des housses vertes garnycs de fran.?c cl moict.
Au bout duquel cabinet est un petit lieu où il y u une chaise percée de moquelle.
lit dans le mesme coing sont trois petites .irnioires dans le mur ou nous n'avons trouve
aucunes choses.
Avons passé dans ledict corridor par un lieu destiné pour la chappellc, qui n'est pas
achevée et où il ne s'est trouvé aucune chose.
Dans l'uniichambre d'un appartement joignant l'escalier a montant A main droite :
Vingt quatre chaises de moquette avec un galon dargent faux.
Plus une tapisserie de haultc lisse de huict pièces à personnages représentant l'histoire
d'Israël.
Plus une table de bois et un t.ipy de Turquie dessus.
Plus dans la cheminée, une grille, une pelle, des pincettes et des tenaille» de fer poly.
Dans la chambre joignant qui est d'alcove, un lict complet dont la couverture est de
coton. Les pentes soubzbassemen» et cantonnières sont de satin cramoisy rouge, en broderie
di)r. Les rideaux fondz dossier doubles pentes et courte poincic de damas cramoisy roujtc
avec frange et mulet dor et dargent.
Plus quatre bouquetz sur les pommes du lict.
Plus cinq fauteuils en broderye comme les pentes.
(lO
i,i;s AM \ 1 I I !■ - im; i.'an<;ii;nn k kkance
Plus lin hiutcuil de damas.
Plus unccliiiisu de velours vc-rd avccq une fraiif^c dor et dargent clouée.
Plus trois parasols de taby.
Plus quatre carreaux de difTérentcs coulleurs.
Plus quatre chaises de paille tournées.
Plus une tapisscryede haulte lisse à Vieux Personnages concistant en sept pièces.
Plus un niirouer d'environ doux picdz en carré avccq une bordure de poirier et son
cordon.
Plus en la ru.lle du lict un petit t.ibleau d'une Vierge.
Plus une table avec un tapy de Turquie.
Plus une autre petite table avec un tapy vcrd.
Plus deux guéridons de bois de noyer.
Plus un escran dozier avec son pied de fer poly.
Plus deux meschants chenets, une grille, une pelle, des pincettes, des tenailles.
Dans la garde robbc de hidictc chambre :
Trois pièces de tapisserie de Rouen.
Plus un lict garny d'un tour de fustaine blanche, paillasse, lict do plumes, matelas,
couverture et traversin.
Plus deux meschantes chaises a bras de vieille tapisserye.
Plus une table sans tapy.
Plus un petit mirouer commun avec un bord noir.
Plus une chaise percée.
Dans un petit cabinet ' qui estoit cy devant celuy dudict sieur Foucquet dans lequel on
entre de la première antichambre :
L'ne tapisserie de petit taby à Heurs.
Plus un petit lict de campagne complet dont la couverture est douatte, la courte pointe
de satin à fleurs avec une frange et molet or et argent les rideaux de serge de soye avecq
dos fleurs rehaussez d'or, doublez de satin verd, l'entour de taffetas verd.
Plus quatre bouquetz sur les pommes du lict.
Plus doux fauteuils et un siège pliant de pareille estofle que celle du lict.
Plus quatre fauteuils et trois chaises pareilles à la tapisserie.
Plus deux petites tables et deux tapis verds.
Plus une escritoire fermant à clef.
Plus une grille, des tenailles et une pelle.
Dans la garderobbe auprès :
Une tapisserie de Rouen.
Plus un tour de lict rouge complet dont la paillasse est commune.
Plus quatre chaises pareilles au lict.
Plus deux tables et un tapy verd.
Plus un petit mirouer.
Plus une grille de fer, des tenailles des pincettes et une pelle.
Dans la chambre où logeoit le sieur Le Brun peintre-, dans ledict coridor près l'escallier,
laquelle nous avons faict ouvrir par ledict serrurier pour n'en avoir la clef :
1. Cabinet do FouciTiiot, au premier étage.
2. .\ppartenaent do Le Brun.
PIÈCES JUSTIFICATIVES •.»•
Un lict de taby jaune garny complet dont la paillasse est commune avec la courte pointe
de taby.
Plus quatre fauteuils de mesme estoffe.
Plus six chaises et un fauteuil de serge bleu avec de la frange de soie meslêe.
Plus une tapisserye de Bcrgame en la chambre et alcôve.
Plus cinq bustes de fonte sur des piedz destail de bois.
Plus une figure de marbre blanc sur un pied destail de bois.
Plus neuf tableaux du Bassan de moyenne grandeur à bordures dorées.
Plus quatre autres tableaux dont deux grandz et deux moyens aussy à bordures
dorées.
Plus une table, une grille de fer et une pelle.
Dans la garde robbe de ladicte chambre :
Une tapisserye de Bergame.
Plus deux tableaux de fruictz rouliez sur un baston.
l>lus un tableau à bordure dorée représentant une bataille avec plusieurs personnages.
Plus un autre tableau qui n'est qu'esbauché.
Plus un autre tableau à bordure dorée représentant un homme et un chien.
Plus une grande figure entière de bronze.
Plus une autre plus petittc de marbre.
Plus trois testes et un buste de fonte.
l'ius deux autres petites ligures et un buste de marbre.
Plus un modelle de cire d'un hercule '.
Dans un petit bouge a costé :
Un lict avecq un tour de serge et un lict Je plumes.
Plus un quadre doré de tableau.
Plus dans un coing il y a un tas de testes de mouton, taillées sur des picres en rond de
couleur de iironze-.
La chanilire estant ensuittc est celle où sont les collrcs forts argent monnoyc cl vaisselle
dargent et piereries et autres meubles dont est cy-dcssus faici particulière mention *.
Dans une chambre estant au bout dudict coridor près un petit cscallicr, du costc du soleil
couchant et en laquelle loge le sieur DAngeville. exempt :
Une tapisserye de brocatcllc de Venise.
Plus un lict complet A pentes de mesme estolle doublé de tallctas de lu Chine a crcspmc
de soye et des moletz, rideaux et courte poincte.
Plus un orillier et une paire de dr.ips.
Plus six chaises, un fauteuil, six cscabeoux pliuns et deux carreaux de mcsmc
estolle.
Plus un matelas, un traversin et une couverture.
Plus une table et un tapy vcrd sur icellc, de la mesme cstode du lict.
Plus un petit mirouer.
Plus une chiiise percée lU- ummhh.iic.
I J «i parlO v|.Jc...i.. r«Kc J». <«« «» JlTcr. objet, quk (wurrilcnt Ncn iitoir (ormi U <oll«c<ton pértMilkw i*
l.c llriiii.
I. I'ciil-<lr«dcii biicrinc*/
II. Voir p»utf ;N.
,,• 1.1. .s .\ \i \ I I I i.^ m: i.WNf.i i:n NI", kkanct:
Plus une grille de fer, une pelle et des pincettes
Rt après que lesdicts sieurs Pagct et dAIbertas ont rcapposé leurs scellez aux portes de
touttes les autres chambres dudict coridor, nous sommes descendus en bas. et passant parle
vestibule', nous y avons treuvé deux figures de pierre et quatre bustes-. Kt dans la première
salle ou antichambre de l'appartement qui est en entrant à main droite joignant le salion où
le scellé estoit entier et sans aucune altcralion, les meubles qui ensuivent :
Une tenture de tapisserie de haute- lisse de Clytemnestre •'• concistant en quatre
pièces.
Plus trois douzaines et quatre chaises de moquette.
Plus une table de marbre sur un pied de bois.
Plus dcLix petits bras de fer dore attachez au lambris.
Plus une table commune.
Plus deux lustres de cristal avec leurs cordons et fourreaux de l'ustaine.
Plus une grille de fer dans la chemincc, des tenailles et une pelle.
Plus un grand quadrc de tableau qui est hors de place.
Dans la chambre d'auprès appellée la chambre des Muses, en alcôve :
Iluict pièces de tapisserie de haulte lisse de trois aulnes et deniye de hault ou
environ représentant Ihistoire de Vulcain avec des rideaux verdz tout à lentour pour les
couvrir.
Plus un _t;rand tapv de pied persien deaviron huict aulnes de long.
Plus vingt fauteuilz de pluche de la Cabine '.
Plus une grande table avec un tapis de tapisseryc à l'esguille.
Plus une autre table avecq un tapis verd.
Plus deux guéridons vernis de rouge.
Plus un cscran dozicr avec son pied de fer.
Plus dans la cheminée une grille de fer.
Plus un grand mirouer avec une bordure dargent massif.
Plus quatre lustres de cristal avecq leurs cordons et fourreaux de tafTetas.
Plus deux mirouers en ovalle avec une bordure dargent.
Plus deux baux (hautsi guéridons de bois de noyers.
Dans le cabinet attenant de ladicte chambre qui est tout doré, il n'y a aucun
meuble.
Dans la chambre à main droicte de ladicte première grande salle regardant sur
la cour :
Une tenture de tapisserie en six pièces représentant l'histoire diphigenye couverte de
rideaux de serge verte.
Plus untapy de pied de perse d'environ dix aulnes et demye de long"'.
Plus deux fauteuils et douze chaises de velours rouge cramoisy en broderye et le tapy de
mesmc avec leurs housses de serge rouge.
Plus six carreaux de diverses couleurs.
Plus deux tables et deux tapis verdz.
1. W'stihulc d'ciilrce du i^raiid salon au rcz-do-cliaussiie.
2. Staun;» d^; Tibcre et d'AiiS'isl^ ^^ quatic biisics d'albâtiv uiiciitai cvistanl cncoio aiiiuurJ luii.
3. Pour cette tapisserie et les suivantes, voir page 73.
.|. I.a fabrication des peluclies frauçaisjs ne c >mmença qii: vers iiiijo. (Savary, Ilicl. du Commerce.)
5. L'aune de Parais valait i m. iS c.
PIECES JUSTIFICATIVES .,3
Plus deux guéridons de bois de noyer.
Plus un grand mirouer garny de placques de cuivre doré.
Plus un lustre de cristal avec son estuit de taffetas.
Plus une grille, une pelle, des pincettes et des tenailles.
Dans une garderobbe voûtée de pierres attenant ladicte chambre :
Une tapisserie de Bergamc.
Plus un lict complet à pentes de damas Isabelle et la courte pointe avec des franges
de soye.
Plus six chaises et six fauteuils de tapisserie de bastons rompus '.
Plus une table, un tapy verd et une chaise percée.
Dans le passage allant dans une autre chambre est une tapisserie de Rouen.
Et dans ladicte chambre- :
Une tapisserie de haute lisse représentant l'histoire de Raphaël, concisiatit en sept
pièces.
Plus un lict complet de damas bleu, avecq des bandes de tapisser)' brodé à doubles
pentes et courte poincte avec frange et crespine dor.
Plus six chaises et trois fauteuils et le tapy de table de damas bleu avec une simple
frange dor.
Plus six carreaux de plusieurs couleurs.
Plus un deshabillé sur le lict, d'un sachet et deux orilliers.
Plus un tapy de pied de moquette.
Plus deux lustres avec leurs estuys de tatVetas et leurs cordons.
Plus un grand mirouer garny de feuillage de cuivre doré.
Plus deux tables et deux tapis verdz.
Plus deux guéridons de bois de noyer.
Plus deux chaiseï de paille tournées.
Plus un feux garny.
Plus dans la ruelle du lict trois placques à mirouers avec deux branches chascun Je
cuivre doré.
Plus un petit tableau brodé représentant la Magdeluine •^.
Dans la garderobbe :
Un tour de lict rouge garny, complet dont la paillasse est commune.
Plus cinq pièces de tapisserie de verdure.
Plus quatre chaises et un fauteuil de la meMiK- .>>.ii;e ki':^ i.^n>. ^m lict.
Plus une table et un tapy verd.
Plus une chaise percée de moquette.
Au passage qui va dans une autre chambre auprès :
Une tapisserie de Rouen.
Et dans ladicte chambre :
Cinq pièces de tapisscryc de verdure et danimaux.
Plus un lict complet de serge jaulne dont lu paillasse est commune.
Plus si\ chaises et un fauteuil pareils nu lict.
I. .\ piiinl Je lliiiiitric.
1. e'.ouc ..liiimhrr r<rjU a»olr v'Iil U vh«mhr< k ouchcr Je M-* K<»Ui.*mi.>l, iIKiMnl à «on «iiptrumciil .
y. l*ri!nom Je M~' l'i>uc.)iict >)ul •!t<lt MnJcIcInc Je Coullv-.
(,4 i-HS .\\i\ii;i;ns di; i.'anci i:n nI': frange
l'ius Jlux tables, deux tapis vcrdz et un petit miroucr.
Plus une eiiaise persée de moquette.
{'lus lieux chaises de paille tournées.
Plus une grille de fer, une pelle et des pincettes.
Dans une autre chambre auprès :
Une tapisserie de Rouen.
Plus un lict complet comme dessus de serpe rouge.
Plus six chaises et un fauteuil pareils au lict.
Plus une table et un tapis verd.
Plus une grille de fer avec des pincettes.
Au dessus desdictes deux dernières chambres:
Il y a des entresolles dans lesquelles nous sommes entrez après avoir reconnu le scellé
entier et non altéré. {Suit l'inventaire de ces chambres qui ne présente aucun intérêt.)
Dans l'autre appartement qui est du costé du vestibulle à main gauche, où nous serions
entrez après avoir recogncu le scellé sans aucune altération et aussy après avoir apposé le
scellé à la dernière chambre d'où nous sommes sortis.
Dans la première salle, il n'y a aucuns meubles, sinon une chaise à porter, et dans la
cheminée une grille de fer, une pelle et des tenailles.
Dans la salle à manger qui est tout joignant :
Trente une chaises de moquette, de bois, de noyer tourné, clouées avec un galon
de soye.
Plus une grande table de marbre sur un pied de bois.
Plus une table de bois.
Plus une autre table sur un cliasis.
Plus deux parasols de talletas, l'un blanc et l'autre jaulne.
Plus deux lustres de cristal avec leurs fourreaux et cordons.
Plus dans la cheminée une grille à chenetz une pelle et des tenailles.
Dans toutes les autres cbamiires dudict appartements, il n'y aucuns meubles '.
Ausquelz deux appartemens d'en bas nous aurions différé d'apposer le scellé à nostrc
départ, attendu que dans le premier, l'un de nous y est logé et que l'autre nous sert pour
prendre nos repas.
Dans le cabinet du maistre d'hostel - estant en bas, au bout du bastiment en entrant à
main gauche, y avons trouvé une table de bois seulement avec une armoire que nous aurions
faict ouvrir par le serrurier, en laquelle il n'y avoit aucune chose.
Près ledict cabinet allant dans le jardin, il y a quatre chaises sur roues, garnyes de serge
rouge et six colonnes de marbre, quatre jaspées et deux de blanc.
Dans l'entresolle audessus des salles à manger il y a quatre couchettes garnyes pour les
lacquais.
Dans une autre entresolle auprès, sont trois lictz complets aussi pour des lacquais.
Dans une chambre au haut de lescallier estant au bout du bastiment en entrant à
main gauche, en laquelle logeoit le sieur Le 'Veau •'', avons trouvé après avoir recogneu le
scellé entier.
1. Cet appartameut au rcz-Jc-chaiissco formait l\iyfjrlL'mctit du Roi. En rabsoiicc du surintendant tous les meubles
étaient CDUservés daus le garde-meuble.
2. C'est le célèbre François Watt^-1. dit Vatel, qui mourut à Chantilly d'une façon si tragique en 1(171
3. AppartJmeitt de I.c V'au.
PIECES JUSTIFICATIVES y5
Une tapisserie de Rouen et une table avec son tapy de mesme.
Plus un lict complet d'une cerge rouge avec une paillasse commune.
Plus un fauteuil et quatre chaises de serge rouge.
Plus des chevrettes, une pelle et des tenailles.
Dans le cabinet auprès, que nous avons faict ouvrir par le serrurier pour n'en avoir
la clef :
Une petite tapisserye de Rouen.
Plus un morceau de la mesme tapisserie, avec une table de bois sur des trcteaux.
Plus une chaise couverte de thoille.
Plus une petite cassette de bois de noyer dans laquelle il n'y a aucune chose.
Plus un petit miroucr à bord noir.
Dans lu gardcrobbe auprès ladicte chambre :
II n'y a qu'une couchette garnye complète
Ce faict, et après avoir apposé le scellé à la porte de ladicte chambre, nous sommes
descendus dans les sommellcryc, paneterie et cuisines ou nous aurions reconnu le scellé entier
et sans aucune altération (Suit l'inventaire de cette partie du château.)
Dans la salle du commun à costé, il n'y a que des tables de bois et une grande
placque de fonte hors d'œuvrc, et dans un coing quantité de carreaux de marbre et pierres
noires '
DU SA.MEDY DIX SEPTIÈME dudict mois de septembre 1661.
(Continuation de l'inventaire de la grande cuisine.)
Et estant sortis dudict chastcau pour aller dans lesdictes basses cours nous serions entrez
dans un gros pavillon double qui est le premier à ht main droittc en entrant et y aurions
trouvé sçavoir :
Dans la cuisine quelques meubles et ustancilles fort peu considérables.
Lesquelles ustancilles de cuisine on nous a dict appartenir ii un cabareticr qu'on appelle
le Traictcur pour les avoir faict venir du cabaret où il demeuroit auparavant au lieu ilc
Guignes-.
Dans la chambre du chappelain qui est joignante un meschunt lict rouce. uariiv comoki.
une table et cinq meschantz sièges...
Dans la chambre ou couchoit Icdict Hergcron maistre masson...
Tous lesquels meubles nous avons laissé en la garde i" '^'-i dudivi Hl.kv.u.i jvnir
l'absence de son père.
(.1 la suite vient l'inventaire des weubles d'un • autre pavillon de la mcsmc hassc-cour,
tirant du costé du fossé « oh se trouve » la chambre du tapissier • «•/ f Inventaire du . premier
pavillon en entrant dans l'avant-cours i'i main g.iuche « oii /..i.v«f . quelques peintres ci lo*
doreurs ".l
De tous lesquels meubles Claude l.egras aprcntif du nomme Legendrc* sculpteur » est
chargé et a promis pour l'absence de son muistrc de les représenter touttcs fois et quanics.
Dans le pavillon plus e.sloigné de l'aisle qui csl du costc du fossé et qui a vcuc sur Je»
jardins du chasteau, nous avons trouvé les meubles qui ensuivent.
I . Achctt>ii pour Itf Roi Ion de U «ciil« <le Koiicjun
■1. ('iiiIhiio nu liulHiio-Riihulhi, •mm 1 »•
'. Niiu» avdiK Ji'ii* parlo Jo Nlcola» I ,
<)<'
LES A.\i.\ 1 i;t Ks \y\-: i.'.\n'(;ii;nn1': i-uance
En une cliambrc où loge le sieLir de la Rivière médecin :
Une tapisserie de Bcrgamc.
l'kis un lict de serge jaulnc garny complet avec une paillasse commune.
Plus six sièges et un fauteuil de mesme esioffc.
Plus une couchette garnyc complettc.
Plus une table et un tapy verd et un petit miroucr.
A costé est une petite chambre servant d'appoticairerie en laquelle il n'y a que des
drogues et ustancilles servans à la médecine. Lesquelles ledict sieur de la Rivière nous a dit
luy appartenir.
Tous lesquels meubles et linge nous avons laissé en la garde dudict sieur de la Rivière
qui s'en est chargé, a promis de les représenter, et déclare ne pouvoir signer à cause de sa
maladie.
Dans le pavillon qui est dans hidicte basse cour, sur le fossé, où logcoit ledict Courtois *
capitaine, et où sa femme demeure encore à présent, nous avons trouvé les meubles qui
ensuivent...
Dans une autie chambre joignant où logent les gardes...
Dans un grenier ayant veue sur ladicte basse cour :
Nous avons trouvé plusieurs thoilles de machines, du fer blanc, des cordages, du papier
à faire fuzées et autres choses servant ausdictes machines -.
Les meuliles desquelles trois chambres nous avons laissé en la garde de ladicte Courtois
qui s'en est volontairement chargée, a promis de les représenter toutes fois et quantes
Ht parce que pendant le temps que nous avons esté audict lieu de Vaux pour vacquer à
l'exécution de noslre dicte commission, mesme depuis nostrc retour à la suitte du conseil de
sadicte iVIajesté, plusieurs particuliers créanciers dudict sieur Fouquet nous ont faict signilfier
diverses oppositions à la levée dudict scelle et confection de l'inventaire des effects trouvés
soubz iceluy, auz fins destre conservées et payez de leurs deul>z, mesmes que plusieurs domes-
tiques, ouvriers et marchandz qui ont travaillé et fourny des mathériaux et autres choses audict
lieux de Vaux ont présenté diverses requestes et placetz à sa dicte Majesté et à nous, pour estre
payez de marchandises et denrées par eulx fournycs pour la construction et entretien des
bastimens et dépendances dudict lieu de Vaux, et pour leurs gages et sallaires. Nous avons
icelles oppositions requestes et placetz faict rédiger en deux estatz séparez, le premier conte-
nant lesdictes oppositions, et l'autre Icsdictes requestes et placets. Lesquelz estatz nous
n'avons jugé à propos d'incérer en nostre susdict procès-verbal auquels néantmoins ils
demeurent joinctz et nous y rapportons.
Je.\n d'Estempes. De Verth.\mont.
De Vallancav. Paget.
Albertas.
Par mesdits sieurs
Guis AIN.
i.Rcnigne Courtois, dont on a dcji parlé page .S;, avait quitte la maison du Roi, où il était maître d'hôtel
ordinaire, pour entrer chez le Surintendant. Sa femme se nommait .Marie Coûtant.
2. Ces pièces avaient prohahlement servi au feu d'artifice qui termina le ballet des Fàcliciix do iMolière, lors de la
fameuse fête de Vaux le 17 août irtôi ; La Fontaine en parle dans une lettre à Maucroix (22 août i66i|.
ETAT DES MEUBLES
DK l'inventaire DE M. FOUCQUET QLI ONT ÉTÉ MIS A PART PAR LE ROV
(Archives de l'Oise.)
.N'uméms
ii>.' rJDteDliire.
1 i
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s 5
s 'S.
•sa
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s
M. . -^
Un lit de brocart fond d'argent avec les
1 et 12
5,(>oo
siètîcs . . . .
."*-fS*--'
Un lit de velours vert en broderie fort
1 0 et 1 3
14,000
riche avec tous les sièges.
Un autre lit de velours vert ch.imarc de
1 1 et i6
4,400
grandes passement, d'or et d'argent. . .
23
i,5oo
Tenture d'Appollon ci 4 s jisoiis\aine etsoic.
3
24
78
3 1 2
24
i,Goo
Tenture L'Hisloirc d' Abraham soie. .
33
1/3
2 1 1 li
33
5,000
Tenture Les Œuvres de miséricorde %o\^.
Tenture Verdure et Chasses de Bruxelles
"2'*
! ■?
* •■ :
34
800
soie ...
38
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Tenture Sujamif ci ics vieiiurjs -.nu-
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^ - ,N
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2,000
Tenture \.' Histoire de f'ntistaïUin or
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3 1 i
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i5o
Une portière or
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4î
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Tenture La Fracitoit du pain so;c
2
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43
200
Un grand tapis or . .
3
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1 ? 12
■44
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Tapis or
' 4
L-?
1,200
Tenture Verdures de Fouquieres soie.
Le festin de Simon le lépreux or. . . .
.\otre Sei<;iieur portant sa croix or. .
13
11
a
73
1,000
.\otre Seigneur devant Pilate or. . . .
«4
Un f'cce homo or
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1 S
3 1 .•
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La Résurrection de S. i'., or
70 et 77
750
Tenture Lhistoire de Si Jeàn-liaptiste or.
4
10
7 H
t)0
Tenture Sotre Seii;neur en croix soie. . .
1 4
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Tenture S' Luc qui peint, or. . .
1,3
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i,3oo
Tenture Les Actes des Apâires or
Un tapis or
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3oo ' Tnpis or. .
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( Tiipis or.
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30 Un tnpis de velours vert de la Chine. . .
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Tupi» demi double, tnfctax bien
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LKS AMA I IllKS I)K L'ANCIENNE FRANCE
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(II' l'iuïi'rilaiie.
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337
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1,800
m', et 4:; +
4,000
424
11,789
425
800
447
8,000
Tenture IJHisioirc de Priant soie .
L'histoire t-VArthémisa soie
Tenture Les Vertus soie
Un tapis de Perse
Tapis de Perse
Tapis de Perse
Tapis de Turquie
Tapis de Perse
Les Doitje mois or
Tapis de Perse
Tenture l^'Histoire de Gèdéaii soie
Tenture L'Histoire d'Iphigcnie. . .
Tenture La Fable de Viilcan or. .
Tapis de Perse
Tenture L'Histoire de Saloninii. . .
L' Adoration des Kois
Deux petits soubassements
Six soubassements de même. . . .
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3 1/6
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2 5 8
2 34
2 I 4
2 7,8
3 1/2
3 2/3
3 3,8
3
1 3/4
o 1,2
G 2/3
AUTRES MEUBLES
lin chandelier de cristal.
Un vase de vermeil doré avec figures d'ivoire.
Une petite table ronde de porphire sur 4 piliers de bois.
Quatre petites tables octogone de marbre jaspé sans pied.
Deux tables octogones de marbre des Pvrennées sur un pied en balustre de même
marbre.
Deux tables longues de marbre blanc et noir sans pied.
Une table de marbre de rapport octogone en de sordre sur un pied de hois doré tout
gasté.
Une table de marbre vert.
Une table carrée longue de marbre de Languedoc rouge et blanc sur un méchant pied
de bois.
Une table de marbre jaspé de 3 pieds 7 pouces de long sur 2 pieds 7 pouces de large.
Une table d'étain et cuivre sans pied.
PIÈCES JUSTIFICATIVES ,„j
Deux tables rondes et pans de bois de cèdres sur leurs pieds.
Cinquante six aunes de brocar bleu à fleurs d'or.
Trente huit aunes brocat fond de lames d'argent à fleurs d'or et de soie de diverses
couleurs à 41.
Deux petits bassins de cristal.
Un vase de cristal avec son pied d'or émaillc.
Treize cent trente six carreaux de marbre blanc et noir'.
I. Voir riiivi:ntairc Je Vaux, page 95.
ESTAT DE CE QUI A ESTE VENDU ET ADJUGE AU ROY
A l'inventairf fait des meubles de m. foucquet
(Archives de l'Oise. Pièce probablement incomplète )
Premièrement cinquante six aulnes et demie de brocard à grand fleurs
fond bleu, à 21 1. l'aune iiSo 1. lo d.
Trente huit aulnes trois quart de brocard nuance, ù quarante une livres
l'aune 1428 1. i5 d.
Deux plats de cristal de roche garnis d'argent doré avec les estuis ... 43 1 I.
Une couppe de cristal avec son pied dor esmaillé ou il y a 4 petits rubis,
le couvercle d'or esmaillé avec son estuy 93 1 1.
Une table de porfire en rond avec son châssis 1098 l.
Quatre dessus de table de marbre de Languedoc jaspé en octogonne . . 400 I.
Un grand lustre de cristal i353 I.
Huit cens de carreaux de marbre blanc et noir' 960 1.
(Pièce non signée et avec des ratures.)
I. Voir riiivcntiiire de Vaux, page 95.
TABLE
CHAPITRE 1
La Curiosité française au xvn- siècle, les précurseurs de Nicolas Foucquet. M- Je Rn:.-
bouillet, le Cardinal Mazarin, les grippes, les financiers
CHAPITRE II
Nicolas Foucque., Krançois Foucquet. Sain-Mande, la bibliothèque, les sarcophages. Vaux-
Ic-Vicomtc, inventaire du château
CHAPITRE 111
Les agents de Foucquet en Italie, l'abbc Louis Foucquet; le Poussin, la Ma.,.,, et les T^mcs.
Maucroix, Bertinetti .
CHAI'IIRE IV
Procès de Foucquet. Ce que «ont devenus Sainl-Mande, V..ux. les tarisserics. les statues. le,
meubles, les livres, les sarcophages
PIECES jrSTllICA 1 1\ L>
Prisée des bustes de Snint-.Mandc
Estimation des médailles
Estimation de» bustes de Vaux
Mémoire de Girnrdon
Estimation de» pierreries. • •
Inventaire du chAtcnu de Vaux
Etat des meuble» mis à part pour le Roi.
Kiut de ce qui a ete vendu au R"'i
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Les anateurs de l'ancienne
France
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